Fidel Castro Ruz
Le 5 Mars, dans l'après-midi, le meilleur ami que le peuple cubain n'ait jamais eu tout au long de son histoire, est mort. Un appel par satellite nous a rapporté cette nouvelle amère. Le sens de l'expression utilisée était sans équivoque. Même si nous savions son état de santé critique, la nouvelle nous a durement frappés. Je me souviens du moment où, plaisantant avec moi, il m'avait dit que lorsque nous aurions tous les deux fini notre tâche révolutionnaire, il m'inviterait à nous promener sur la rivière Arauca au Venezuela qui lui évoquait le repos qu'il n'a jamais eu.

"Pas même lui ne soupçonnait à quel point il était grand", écrit Fidel. Ici le Président Hugo Chávez en conférence de presse au palais de Miraflores, le 14 mai 2004. Photo AP
Nous avons l'honneur d'avoir partagé avec le leader bolivarien les mêmes idéaux de justice sociale et de soutien aux exploités. Les pauvres restent les pauvres partout dans le monde.
"Donnez-moi le Venezuela pour le servir : Il a en moi un fils !" a proclamé notre héros national et apôtre de notre indépendance, José Martí, un voyageur qui avant d'essuyer la poussière de la route, a demandé où se trouvait la statue de Bolivar.
Martí connaissait le géant parce qu'il vivait dans ses entrailles. Est-il possible d'ignorer ses paroles profondes écrites dans une lettre inachevée à son ami Manuel Mercado la veille de sa mort au combat :
"...et chaque jour je risque ma vie pour mon pays, et mon devoir, tel que je le conçois et que j'assume, est d'empêcher à temps, avec l'indépendance de Cuba, que les États-Unis s'étendent à travers les Antilles et qu'ils accablent avec cette force supplémentaire nos terres d'Amérique. Tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, et ce que je ferai, c'est pour cela. Mais ce devra être fait en silence et indirectement, parce qu'il y a des choses qui doivent restées cachées pour être obtenues...".
66 ans se sont écoulés après que le Libérateur Simon Bolivar eut écrit :
"...les États-Unis semblent destinés par la Providence à répandre en Amérique la misère au nom de la liberté."
Le 23 Janvier 1959, 22 jours après la victoire de la Révolution à Cuba, j'ai visité le Venezuela pour remercier son peuple et le gouvernement au pouvoir après la dictature de Pérez Jiménez, qui nous avait envoyé 150 fusils à la fin de 1958. J'ai dit alors:
...Le Venezuela est la patrie du Libérateur où a été conçue l'idée de l'union des peuples d'Amérique. Donc le Venezuela doit être à la tête de l'union des peuples d'Amérique, les Cubains soutiendront nos frères du Venezuela.J'ai parlé de ces idées non par ambition personnelle, ni même pour la gloire, parce que finalement, l'ambition de la gloire n'est que vanité, et que Marti a dit : " Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs.
Par conséquent, en prenant la parole devant le peuple du Venezuela, je l'ai fait en pensant honnêtement et profondément, que si nous voulons sauver l'Amérique, si nous voulons aider à sauver la liberté de chacune de nos sociétés qui, finalement, font partie d'une grande société qui est la société latino-américaine ; si nous voulons sauver la révolution de Cuba, la révolution du Venezuela et la révolution de tous les pays de notre continent, nous devons nous rapprocher et nous soutenir mutuellement solidement, car seuls et divisés nous échouons.
Je l'ai dit ce jour-là. Aujourd'hui, 54 ans plus tard, je confirme !
Je dois seulement inclure dans cette liste les autres peuples du monde qui depuis plus d'un demi-siècle sont victimes de l'exploitation et du pillage. C'était le combat d'Hugo Chavez.
Pas même lui ne soupçonnait à quel point il était grand.
Jusqu'à la victoire toujours, ami inoubliable !

11 mars 2013
00 h 35

"Nous avons l'honneur d'avoir partagé avec le leader bolivarien les mêmes idéaux de justice sociale et de soutien aux exploités. Les pauvres restent les pauvres partout dans le monde" (Fidel Castro)