03/03/2026 ismfrance.org  3min #306483

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

Guerre au Moyen-Orient : l'Espagne interdit aux États-Unis d'utiliser deux de ses bases dans l'offensive en Iran et prend ses distances avec la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni

Vital Ligan, 2 mars 2026.- L'Espagne prend ses distances avec les États-Unis sur la guerre en Iran.

Selon Reuters cité par 3cat, le gouvernement espagnol a refusé d'autoriser les États-Unis à utiliser ses bases militaires de Rota et de Morón de la Frontera, situées en Andalousie, dans leur offensive contre l'Iran. Quinze avions ravitailleurs américains ont ensuite quitté ces deux bases selon la même source.

Des images aériennes montrent des rangées de tombes en cours de préparation pour les victimes du massacre de l'école primaire de Minab, où 165 élèves ont été tués et des dizaines blessés après une frappe israélo-américaine qui a ciblé l'école le premier jour de l'agression.

"Les bases sous souveraineté espagnole ne seront utilisées pour aucune tâche qui ne relève pas de l'accord avec les États-Unis et qui ne soit pas conforme à la Charte des Nations Unies", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, dans une interview accordée à RTVE.

Lors d'un événement à Armilla, à Grenade, la ministre espagnole de la Défense a abondé dans le même sens, disant qu'aucune aide n'avait été fournie par les deux bases dans l'attaque américaine contre l'Iran.

Margarita Robles a ajouté qu'il existe un accord avec les États-Unis pour l'utilisation de ces bases, mais que cet accord autorise les opérations dans le cadre du droit international, et non lorsqu'une armée agit unilatéralement.

Le site catalan d'informations indique qu'à en croire le suivi des vols sur FlightRadar24, sept des quinze appareils ont atterri sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne.

"L'Espagne a une position très claire"

Le gouvernement espagnol a par ailleurs pris ses distances avec ses partenaires de l'Union européenne - l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, et maintient qu'il ne participera ni ne soutiendra aucune intervention militaire en Iran.

Le Royaume-Uni avait initialement refusé d'autoriser l'utilisation de ses bases pour une attaque contre l'Iran, mais dimanche, le Premier ministre britannique Keir Starmer autorisait leur utilisation pour "l'autodéfense collective".

 Dans une déclaration conjointe publiée le 1er mars, Paris, Berlin et Londres ont indiqué coordonner leurs actions avec Washington, et se sont dits prêts à prendre des "mesures défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l'Iran à tirer des missiles et des drones à leur source", afin de défendre leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région.

"Chaque pays prend ses propres décisions et l'Espagne a une position très claire, que j'ai communiquée au Conseil des affaires étrangères ce dimanche. En ces temps difficiles, la voix de l'Europe doit être une voix d'équilibre et de modération, et œuvrer pour la désescalade et le retour au dialogue et à la table des négociations", a déclaré le chef de la diplomatie espagnole.

Une évacuation massive des 30 000 Espagnols se trouvant dans les pays de la région n'est pas envisagée, a-t-il dit, recommandant aux ressortissants concernés de rester attentifs aux instructions des ambassades.

Il a par ailleurs exprimé son soutien et sa solidarité aux pays de la région attaqués par l'Iran, notamment Israël. "Nous avons convoqué l'ambassadeur d'Iran en Espagne pour lui faire part de notre rejet et de notre condamnation de ces actions injustifiées menées par l'Iran contre les pays du Moyen-Orient", a-t-il précisé.

Source :  L'Indépendant

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