Al Jazeera, 2 mars 2026.- Le secrétaire d'État américain a déclaré espérer que le peuple iranien renverse le régime, alors que l'armée américaine a annoncé la mort de six militaires.
Le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio, a laissé entendre qu'une attaque israélienne planifiée contre l'Iran a déterminé le calendrier de l'assaut lancé par Washington contre le gouvernement à Téhéran.

Le chef de la diplomatie américaine a déclaré lundi aux journalistes que Washington savait qu'Israël allait attaquer l'Iran et que Téhéran riposterait contre les intérêts américains dans la région. Les forces américaines auraient donc frappé de manière préventive.
"Nous savions qu'il y allait y avoir une action israélienne", a affirmé Rubio à l'issue d'un briefing avec des responsables du Congrès.
"Nous savions que cela déclencherait une attaque contre les forces américaines, et que si nous ne frappions pas de manière préventive avant qu'ils ne lancent ces attaques, nous subirions des pertes plus importantes."
Ces déclarations sont intervenues quelques minutes avant que l'armée américaine ne confirme que le bilan de ses pertes s'est alourdi à six morts, après la récupération de deux corps supplémentaires dans une installation régionale frappée par l'Iran.
Téhéran a riposté aux attaques conjointes américano-israéliennes, qui ont tué son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, plusieurs hauts responsables et des centaines de civils, en lançant des drones et des missiles à travers la région, notamment contre des bases et des installations américaines dans le Golfe.
Lundi, Rubio a soutenu que bien que les États-Unis et Israël aient frappé les premiers, Washington agissait pour contrer une menace immédiate, puisqu'Israël allait de toute façon attaquer l'Iran.
Israël est un allié proche des États-Unis et a reçu au moins 21 milliards de dollars d'aide militaire de Washington depuis 2023.
"Il y avait absolument une menace imminente", a déclaré Rubio. "Et cette menace imminente était que nous savions que si l'Iran était attaqué - et nous pensions qu'il le serait - il s'en prendrait immédiatement à nous."
Cette affirmation met en lumière le rôle d'Israël dans le déclenchement de la guerre avec l'Iran, un conflit que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu cherche depuis des années.
Dimanche, Netanyahu a déclaré que les attaques contre l'Iran se déroulaient avec l'assistance de son "ami", le président américain Donald Trump.
"Cette coalition de forces nous permet de faire ce que je désire accomplir depuis 40 ans", a affirmé le Premier ministre israélien dans un message vidéo.
Rubio a également indiqué qu'une attaque contre l'Iran était nécessaire parce que Téhéran accumulait des missiles et des drones qu'il aurait utilisés pour protéger son programme nucléaire et acquérir une bombe nucléaire.
Israël et les États-Unis ont lancé la guerre moins de 48 heures après une série de discussions entre responsables américains et iraniens au sujet du programme nucléaire iranien.
Rubio a précisé que l'objectif de la guerre est de détruire les programmes iraniens de missiles et de drones, tout en soulignant que les États-Unis verraient d'un bon œil la fin du système politique en place à Téhéran.
"Nous ne serions pas attristés, et nous espérons que le peuple iranien pourra renverser ce gouvernement et établir un nouvel avenir pour ce pays. Nous aimerions que cela soit possible", a-t-il déclaré.
Plus tard lundi, Washington a exhorté les citoyens américains présents dans plus d'une douzaine de pays du Moyen-Orient - notamment dans les États du Conseil de coopération du Golfe, au Liban, en Syrie, en Égypte, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés - à "quitter immédiatement" ces pays.
Cet avis reflète la montée des tensions et des menaces dans la région.
Le département d'État "exhorte les Américains à QUITTER IMMÉDIATEMENT les pays mentionnés ci-dessous en utilisant les moyens de transport commerciaux disponibles, en raison de risques graves pour la sécurité", a indiqué la responsable américaine Mora Namdar sur X.
Article original en anglais sur Al Jazeera / Traduction MR