Orinoco Tribune
Caracas (OrinocoTribune.com) - Le ministère des Affaires étrangères du Venezuela a publié samedi une déclaration condamnant et regrettant profondément qu'une "voie militaire" ait été choisie à travers des attaques contre l'Iran, déclenchant une escalade dangereuse et imprévisible. Cependant, le communiqué a étonnamment remis en question le droit de l'Iran à l'autodéfense, s'attirant de vives critiques de la base chaviste du pays.
Les autorités vénézuéliennes ont qualifié la réponse militaire de l'Iran contre des cibles dans divers pays d' "injustifié et condamnable", remettant en cause le droit à la légitime défense, malgré le fait que la réponse iranienne visait des moyens militaires américains dans toute l'Asie occidentale, et non des installations civiles.
Orinoco Tribune a tenté de trouver la déclaration sur les comptes Instagram, Telegram et Foreign du ministre des Affaires étrangères Yván Gil, mais n'a pas réussi à le faire car les publications précédemment mises en ligne semblent avoir été supprimées. Une capture d'écran numérique du document a toutefois été postée par le compte X de Telesur English.
La déclaration ambivalente a suscité de vives critiques de la part de la base chaviste, ainsi que d'experts et de militants solidaires à l'échelle internationale. L'absence de critiques à l'égard des États-Unis et de l'entité sioniste qui ont tous deux lancé l'agression en menant des frappes militaires non provoquées contre l'Iran au milieu des négociations diplomatiques, et qui remettent en question le droit de l'Iran à se défendre, a suscité l'indignation des chavistes.
"Les rapports et les images d'attaques contre des installations civiles sur le territoire iranien, entraînant la mort de jeunes filles dans une école primaire, ont provoqué une profonde consternation", peut-on lire dans le communiqué. C'est en référence à la frappe conjointe de missiles israélo-américains sur une école pour filles à Minab, en Iran, tuant 165 élèves.
Le document conclut en réitérant "un engagement indéfectible en faveur de la paix, du règlement pacifique des différends et du respect de la souveraineté et du droit international", tout en exhortant la communauté internationale à reprendre les négociations.
Selon les analystes, le ton de la déclaration contredit la relation stratégique construite entre le Venezuela et l'Iran depuis la fondation de la révolution bolivarienne. Certains suggèrent que cela pourrait indiquer une influence sioniste au sein du gouvernement vénézuélien après le bombardement militaire américain du Venezuela le 3 janvier et l'enlèvement du président Nicolás Maduro. De nombreux Vénézuéliens ont cependant fait la distinction entre le chavisme et le gouvernement actuel, arguant que le chavisme représente un mouvement plus grand que la direction actuelle.
La traduction non officielle de la déclaration vénézuélienne maintenant supprimée est publiée ci-dessous :
La République bolivarienne du Venezuela condamne et regrette profondément que, dans le contexte des efforts diplomatiques et des négociations en cours, la voie militaire ait été choisie par le biais d'attaques contre la République islamique d'Iran, déclenchant ces dernières heures une escalade dangereuse et imprévisible des événements, y compris des représailles militaires injustifiées et condamnables de la part de l'Iran contre des cibles dans divers pays de la région. Cette situation, résultant du mépris des principes de la diplomatie, du règlement pacifique des différends et de la Charte des Nations Unies, place la région et le monde entier dans un état d'énorme instabilité.Les informations et les images faisant état d'attaques contre des installations civiles sur le territoire iranien, qui ont fait des victimes civiles innocentes, notamment des filles et d'autres élèves mineurs d'une école primaire de ce pays, sont profondément bouleversantes.
La République bolivarienne du Venezuela réitère son attachement indéfectible à la paix, au règlement pacifique des différends, au respect de la souveraineté et du droit international, et lance un appel pressant à la communauté internationale et aux États concernés pour qu'ils reprennent le chemin de la négociation et évitent une nouvelle escalade de la confrontation.
Caracas, le 28 février 2026.
La Force Patriotique Alexis Vive condamne l'agression américaine contre l'Iran
La Force Patriotique Alexis Vive, une organisation chaviste populaire unie du quartier 23 de Enero à Caracas, a publié samedi une déclaration qui reflète mieux le sentiment du peuple chaviste concernant l'attaque impérialiste-sioniste :
La Force Patriotique Alexis Vive dénonce et condamne avec une fermeté absolue l'attaque militaire lancée le 28 février 2026 par les États-Unis et "Israël" contre la République islamique d'Iran. Cette attaque brutale n'est pas un événement isolé, mais le dernier épisode de l'offensive permanente de l'impérialisme contre les peuples qui refusent de se soumettre et qui ont défendu leur souveraineté contre le pillage et la domination colonialiste.Au cours de la matinée du 28 février, les forces impérialistes sionistes ont lancé des bombardements directs contre Téhéran et d'autres régions iraniennes, ciblant délibérément des objectifs civils et militaires pour tenter de briser la volonté d'un peuple qui a été une référence de dignité et de résistance contre l'impérialisme.
Loin de représenter une menace, l'Iran a donné l'exemple dans sa défense de la souveraineté, de la solidarité internationale et du soutien aux Palestiniens, comme le montre leur lutte historique contre le sionisme colonialiste.
Cette offensive n'est rien d'autre qu'une nouvelle tentative d'imposer un changement de régime, de saper l'autodétermination de l'Iran et de redessiner la carte politique de l'Asie occidentale au profit des intérêts stratégiques de Washington et de Tel Aviv. Cette logique génocidaire a fait des millions de victimes : l'Irak, la Libye, la Syrie et la Palestine sont la preuve de ce schéma criminel d'agression impérialiste sioniste.
L'Iran résiste. Le peuple iranien et ses forces armées se sont levés contre une agression ouverte, défendant leur territoire, leur culture, leur histoire et leur droit inaliénable d'exister sans intervention étrangère. Cette position est un exemple de dignité anti-impérialiste contre l'expansionnisme qui cherche à imposer sa domination par la force.
Restez fort, Iran !
A bas le sionisme !
A bas l'impérialisme !
Pour la souveraineté des peuples !
La patrie ou mort !
Nous vaincrons !Commune El Panal, 27 février Ville communale, Caracas
28 février 2026
Dernières mises à jour
Tôt samedi matin, les forces israéliennes et américaines ont lancé une attaque massive et non provoquée contre l'Iran après des semaines de négociations sous la médiation d'Oman entre les États-Unis et l'Iran à Genève, en Suisse. La dernière session de négociations a eu lieu le jeudi 26 février, les médiateurs faisant état de "progrès significatifs" vers un accord sur le nucléaire et la levée partielle des sanctions.
Le président américain Donald Trump a lancé un ultimatum de 10 jours le 19 février, exigeant que l'Iran accepte des conditions plus strictes concernant son programme de missiles balistiques. Alors que le gouvernement iranien a fait preuve de souplesse concernant l'enrichissement d'uranium, il a refusé de démanteler son système de défense antimissile.
Les attaques, que l'administration américaine a qualifiées de mission visant à détruire les industries nucléaire et balistique iraniennes, ont frappé les villes de Téhéran, Ispahan, Karaj et Minab. À Minab, un missile a touché l'école primaire pour filles Shajareye Tayabeh, tuant 165 élèves et en blessant des dizaines d'autres.
En réponse, l'Iran a activé l'opération True Promise 4, lançant des drones et des missiles balistiques contre le territoire "israélien" et plusieurs bases militaires américaines à Bahreïn, en Jordanie, au Qatar, au Koweït, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Irak. Les forces de résistance palestiniennes, irakiennes et yéménites ont annoncé des opérations offensives en soutien à l'Iran. Des informations font également état de la fermeture de la mer Rouge par Ansarallah et de tirs de missiles depuis des sites de la Résistance palestinienne contre les intérêts américains et sionistes.
Au milieu de l'agression américano-sioniste et des représailles iraniennes, des manifestations massives ont lieu dans tout l'Iran en soutien au gouvernement iranien et condamner les attaques non provoquées.
Spécial par la rédaction d'Orinoco Tribune
