12/03/2026 3 articles francais.rt.com  3min #307485

 La défense aérienne américano-israélienne en échec

Les défenses antimissiles du Golfe sous pression face aux frappes iraniennes

© Getty Images

Intercepteur de missiles Thaad. [Photo d'illustration]

Les États du Golfe manquent désormais d'intercepteurs face aux frappes iraniennes. La destruction d'un seul missile nécessite souvent plusieurs munitions défensives. Washington redéploie ses systèmes antimissiles, au risque d'affaiblir d'autres régions stratégiques.

La guerre contre l'Iran met à rude épreuve les capacités de défense aérienne des monarchies du Golfe. Selon plusieurs informations relayées par des médias américains, l'administration Trump a été informée que ses partenaires régionaux disposent désormais de stocks très limités d'intercepteurs de missiles et de drones, au point d'être contraints de sélectionner les projectiles à neutraliser en priorité.

Dès les premières semaines du conflit, les États du Golfe auraient alerté Washington sur l'épuisement rapide de leurs réserves. Les demandes de réapprovisionnement se seraient multipliées alors que les frappes iraniennes s'intensifiaient. Un ancien responsable américain cité par plusieurs sources explique que les munitions produites sur plusieurs années ont été consommées en quelques jours seulement, illustrant l'ampleur de la pression exercée sur les systèmes de défense régionaux.

Redéploiement de capacités militaires américaines de l'Asie au Moyen-Orient

Depuis le début des hostilités, l'Iran a lancé des milliers de missiles et de drones contre les infrastructures énergétiques et militaires de ses adversaires dans le Golfe. Les Émirats arabes unis affirment avoir intercepté plus de 240 missiles balistiques et près de 1 400 drones. Bahreïn, de son côté, indique avoir neutralisé plus d'une centaine de missiles et près de 180 drones. Or, la destruction d'un seul projectile nécessite souvent l'utilisation de deux intercepteurs, ce qui accélère considérablement l'épuisement des stocks.

Les pays du Golfe s'appuient principalement sur des systèmes de défense sophistiqués fournis par les États-Unis, notamment les batteries Patriot missile system et les systèmes THAAD. Toutefois, la production annuelle américaine d'intercepteurs Patriot PAC-3 reste limitée à environ 600 unités, un volume jugé insuffisant face à l'intensité actuelle des tirs.

Face à cette pénurie, certains pays auraient recours à des versions plus anciennes des missiles Patriot, notamment les modèles PAC-2, moins performants contre les missiles balistiques modernes. Parallèlement, Washington aurait dû redéployer certains systèmes de défense aérienne depuis d'autres régions stratégiques, notamment en Asie de l'Est. La Corée du Sud a ainsi confirmé que les États-Unis envisageaient de retirer une partie de leurs dispositifs antimissiles du territoire sud-coréen, malgré les inquiétudes de Séoul face aux tensions avec la Corée du Nord et la Chine.

Cette situation souligne les limites logistiques des systèmes de défense face à une guerre de saturation, où la multiplication des missiles et des drones peut rapidement dépasser les capacités d'interception. Dans le Golfe, cette pression constante alimente désormais les craintes d'une vulnérabilité accrue des infrastructures énergétiques, au cœur de l'économie mondiale.

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