
par Pr. Djamel Labidi
Le monde croyait avoir tout vu du couple israélo-américain. Apparemment ce n'est pas encore le cas. Ils ont monté encore d'un cran, dans leur projet de domination du Moyen-Orient et dans la brutalité inouïe qu'ils déchainent contre les peuples qui s'y opposent. Plus que cela, le projet se dessine désormais d'exercer, par la terreur, une dictature sur le monde et de faire taire, par la peur, les nations et les gouvernements.
Il est clair que Netanyahou et Trump veulent faire peur, à tout le monde, même aux grandes puissances, à la Chine, à la Russie, même aux dirigeants européens supposés être leurs alliés. Même style, mêmes méthodes, mêmes menaces à tout va. Terroriser le monde, cette pratique semble être devenue un aspect essentiel de la politique conjointe israélo-américaine.
L'attaque contre l'Iran est conçue avant tout comme une démonstration de force et de puissance. Il s'agit d'inspirer la crainte à l'Iran et au monde : déploiement d'une "armada", selon les mots de Trump : deux porte-avions et leur escorte, puis un troisième, le porte avion Bush qui arrive, B2, bombardiers, centaines d'avions de chasse, etc..
On sent que cette peur agit. De façon générale les réactions des pays arabes et musulmans sont bien tièdes. Même des pays qui s'étaient fait remarquer par des positions constantes de soutien à la cause palestinienne font profil bas et regardent ailleurs. Ou alors s'échappent dans des considérations générales sur la paix. Mais peut-on séparer ce qui se passe en Iran de ce qui se passe en Palestine. L'Iran aurait-il été attaqué par le duo israélo-américain s'il ne soutenait pas activement, concrètement la cause palestinienne. Peut-on dénoncer l'agression contre la Palestine sans dénoncer l'agression contre l'Iran qui en est la conséquence ? Les deux conflits sont liés intimement.
Preuve en est, le Makhzen vole immédiatement au secours des États du Golfe, lui qui était resté de glace devant les souffrances indicibles du peuple palestinien. Il avait dit au peuple marocain qu'il ne reconnaissait Israël que pour intervenir efficacement et alléger les souffrances du peuple palestinien. On voit ce qu'il en est.
Les États du Golfe
Les États vassaux du Golfe reprochent aux américains de ne pas assurer efficacement leur protection. Ils ont payé cher celle-ci, depuis des décennies, outre l'entretien de bases américaines sur leur sol. Ils se souviennent soudain qu'ils sont arabes et réclament une solidarité aux autres pays arabes. Ils ont pour argument qu'ils sont attaqués injustement par l'Iran bien qu'ils soient restés neutres et qu'ils aient même interdits aux américains d'utiliser leurs bases militaires. Mais les faits démentent vite leur version : pas de chance, les premiers soldats américains morts le sont dans une base au Koweït. Et les photos satellites montrent la concentration d'avions américains sur ces bases, avions de chasse et ravitailleurs. Les attaques américaines semblent être organisées à partir des bases américaines de la région du Golfe, et leurs puissants radars, notamment la base du Qatar.
Un peu partout, dans le monde arabe et musulman, se diffuse ce qu'on pourrait appeler la mentalité des pays du Golfe si bien représentée par leurs monarchies, celle des défaitistes de tout temps et en tout lieu : "à quoi sert de résister, l'ennemi est trop fort, le prix à payer serait terrible", disent-ils pour justifier la soumission. Discours des milieux sociaux au nationalisme fragile mais aux intérêts dévorants, et toujours prêts à se rendre pour les préserver, prétextant la défense de l'intérêt général et la préservation de la nation.
Dans ce climat de peur que fait régner l'axe israélo-américain, la position du premier ministre espagnol est d'autant plus admirable. Il leur a dit non : "nous ne serons pas complices d'une action néfaste pour le monde simplement par peur des représailles". Un Hombre !
La raison invoquée pour l'intervention israélo-américaine est celle des massacres qui auraient eu lieu lors de manifestations de protestation. Ceux-ci sont peu documentés, les images sont confuses, vagues, les vidéos sont floues, lointaines, leur cadrage est étroit, on entend quelques cris dans la nuit venant d'immeubles, pas très convaincant tout cela, seul le commentaire leur donne un sens. Finalement, il y a surtout les témoignages de l'opposition à l'étranger qui n'ont plus de vocabulaire suffisant pour décrire les pires crimes, les pires sévices. 40 000 morts en deux jours. On ne craint pas de risquer l'invraisemblance. Le chiffre est répété par les médias et des responsables politiques partisans à chaque occasion. La répétition sert de vérité. Vrai ou faux ? On sait que le coup des pseudos massacres pour justifier l'invention du "droit d'ingérence", a déjà été largement utilisé. Le coup a été fait à l'Irak, la Libye, et même, ironie suprême, concernant les israéliens puisqu'on a parlé de "pogrom du 7 octobre". Mais là, à l'inverse, ce sont les Palestiniens qui ont été en retour massacrés en masse. On ne s'en souvient peut-être pas, mais la même campagne avait été faite contre la Chine, en 1989, pour les évènements de la place Tienanmen. On sait ce que la Chine est aujourd'hui devenue.
Terreur sur le Liban
Au Liban, c'est la même politique de terreur, le même message envoyé au monde arabo-musulman et finalement au monde entier. "Inutile de résister, capitulez !" Tout concourt à cela avec une pointe de sadisme, qui révèle le plaisir monstrueux que trouve désormais Israël à la toute-puissance. Israël est comme l'animal féroce qui a un plaisir cruel à jouer avec sa proie. Dès les premiers instants de l'agression un missile américain Tomawak tue 160 petites filles dans une école. Pourquoi est-ce que je songe brusquement, au moment où j'écris ces lignes, à l'Affaire Epstein comme si tout cela était une seule et même chose ?...On en reparlera.
Les dirigeants israéliens ne craignent pas de dire qu'ils veulent punir le Liban. On sait que la punition collective est un crime de guerre. Le nazisme en avait fait son arme de prédilection. Israël appelle la population à quitter le Sud du Liban, puis la banlieue de Beyrouth. Et bientôt, pourquoi pas à un tel degré d'impunité, de quitter le Liban comme elle avait agi avec la population de Gaza, poussée comme un troupeau jusqu'aux plages. Car, bien sûr, Israël est une puissance humanitaire. Elle avertit avant de détruire. Les délais sont courts, parfois immédiats et donnés pour la forme, Tant pis pour ceux qui ne partent pas.
L'existence de tunnels est invoquée pour tout détruire des immeubles, des tours. Même argument, qu'à Gaza, Beyrouth, et maintenant Téhéran, Histoire de justifier les bombes monstrueuses d'une et même de deux tonnes offertes par les États-Unis aux peuples libanais et iraniens, qu'ils disent aimer si bien.
Les peuples arabes, comme d'ailleurs le reste du monde, sont conviés à regarder chaque soir les bombardements monstrueux sur Beyrouth et Téhéran, comme ils les avaient vus sur Gaza. Le spectacle est gratuit, de quoi bien s'imprégner de la puissance américaine. Une impression de déjà-vu. Une quasi-routine. Cela fait presque 40 ans que le même spectacle est offert aux peuples arabes. Toute une génération a grandi, est née et a vécu en contemplant silencieuse, les poings serrés ou les larmes aux yeux, ces massacres. Depuis l'Irak en 1990. Bâtiments qui s'effondrent, nuages de poussières monstrueux en nuées ardentes qui brulent la peau et les poumons, explosions couleur de sang dans la nuit, grondements lugubres qui se prolongent, corps éclatés en morceaux, écrasés, ensevelis, beaucoup à jamais sans sépulture, chair mélangée aux gravats. Des dizaines de 11 septembre.
Jamais il n'y a eu autant de cynisme, d'arrogance, de cruauté. En fait Netanyahou a la même culture que Trump, la politique originelle qui a constitué les États-Unis, en refluant toujours plus loin les Indiens jusqu'à les parquer dans des réserves. Est-ce là le projet pour les Arabes Récemment, le 22 février, l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a affirmé qu'Israël possède un "droit biblique" sur les terres s'étendant du Nil à l'Euphrate.
Le Mossad superman ? Ou tout simplement un expert en traitrise
L'assassinat de Khamenei et d'autres dirigeants militaires et civils, est un des aspects de cette politique de terreur, si ce n'est de terrorisme. Elle concourt au même objectif : faire peur, aussi bien aux dirigeants arabes qu'à ceux des autres pays, tous. Enraciner l'idée que les États-Unis et Israël peuvent tout, ne reculent devant rien, sont partout.
L'occasion pour les israélo-américains et leurs médias de présenter le Mossad, comme une organisation dotée d'une efficacité surhumaine, grâce notamment à sa supériorité technologique. La révélation, il y a quelques années, d'un logiciel espion israélien des Smartphones, "Pegasus" avait stupéfait le monde, et notamment les dirigeants qui découvraient qu'ils pouvaient être espionnés individuellement, jusque dans leur intimité. Israël, loin de le cacher, a été peut-être à l'origine elle-même de l'information si celle-ci n'a pas été grandement exagérée, pas mécontente du tout de la publicité qui lui était ainsi faite, sur ses pouvoirs extra normaux. On n'en a plus parlé ensuite comme si le fait n'était pas tout à fait réel.
Aujourd'hui, en Iran, on veut faire croire que le Mossad est capable de suivre à Téhéran les mouvements de chaque dirigeant, du Guide suprême comme des généraux. Mais la vérité est bien plus triviale, bien plus banale. On s'apercevra certainement qu'il n'y a là aucun mystère, aucun pouvoir particulier, mais un procédé bien plus simple, le plus vieux procédé du monde, la trahison. L'assassinat du Guide suprême iranien est peut-être le coup de trop. Une foule d'internautes, sur les réseaux sociaux, se sont mis à la chasse de "la taupe", du traitre, fait sans précèdent et significatif de la solidarité qui se tisse autour de l'Iran. Les réseaux sociaux relient désormais tous ces assassinats, à Beyrouth, au Liban, celui du chef de Hamas à Téhéran, les affaires de bippers, à la même origine, à la même trahison. Elle sera certainement découverte, d'une manière ou d'une autre. Les médias occidentaux n'avaient pas de superlatifs suffisants pour dire leur émerveillement de l'efficacité du Mossad. Il y a un proverbe arabe qui dit : "Lorsque la cause est découverte, l'émerveillement s'arrête".
La terreur par la parole
Parmi les instruments de cette atmosphère de terreur qu'on cherche à instaurer, il y a la violence inouïe du langage. Netanyahou et ses ministres avaient inauguré cette violence verbale sciemment à Gaza. Trump et ses ministres la reprennent. Elle a atteint des extrêmes. Plus de formules diplomatiques, on parle cash. On veut impressionner. Trump aime le mot "enfer" qu'il promet régulièrement à l'Iran comme Netanyahou le promettait à Gaza. Il déclare triomphalement que "l'Iran est ravagé pour les dix prochaines années". Quel chef d'État dans le monde n'a jamais parlé de cette façon, même en guerre, même contre un pays ennemi. Son Secrétaire d'État à la guerre, Pete Hegseth, annonce le 4 mars que "les États-Unis sont en train de gagner de manière décisive, dévastatrice et sans la moindre pitié !". La Maison-Blanche produit, en relation avec Hollywood, des vidéos guerrières où le seul message est "Si vous touchez au cheveu d'un seul américain dans le monde vous serez tué", "si vous vous opposez à l'Amérique, nous vous anéantirons".
La violence du langage exprime la brutalité des buts. L'impérialisme, comme le colonialisme, avançaient toujours masqués par des buts civilisationnels : progrès, démocratie, liberté, etc. etc. Aujourd'hui ce n'est plus le cas : les États Unis avec le président Trump expriment de façon crue leurs objectifs : le 6 mars, Jarrod Agen, un conseiller de la Maison-Blanche déclare que "les États Unis vont s'emparer de tout le pétrole iranien". Il y a peu de temps, c'était le pétrole vénézuélien qui était revendiqué. Le projet démentiel de la conquête par la force de l'essentiel de l'énergie mondiale, et avec lui de l'établissement d'une dictature planétaire, est donc clairement exprimé.
Le président des États-Unis se veut le droit de désigner les dirigeants d'autres nations. Il veut que l'assemblée des experts iraniens désigne un successeur de Khamenei qui lui convienne. Autant demander à designer le Pape. Pour l'Irak, Trump récuse la candidature de Nouri El Maliki au poste de premier ministre. Il ne le trouve pas "sympathique". Il se réserve aussi la possibilité de valider ou non les dirigeants du Venezuela. Et tout cela est dit avec ce ton infantile qui fait frémir sur l'avenir des États-Unis et du monde : "je n'aime pas ce dirigeant, il a été méchant, il m'a déçu, il n'a pas été gentil avec moi, il m'a fait de la peine, quand je n'aime pas quelqu'un je ne l'aime pas, ce pays m'a déçu",
Il s'avère de plus en plus que Donald Trump a voulu mettre à profit la guerre en Ukraine pour se juger libre d'intervenir militairement partout sur la planète. Même sa relation avec Poutine, fait probablement partie de son plan, celui de neutraliser la Russie, de lui rendre difficile toute réaction, d'éliminer tout obstacle éventuel à ses desseins. Mais n'y a-t-il que cela ?
Où on retrouve l'Affaire Epstein
D'après les sondages américains eux-mêmes 67% des Américains sont contre la guerre en Iran. D'après les sondages israéliens 83% des Israéliens sont pour la guerre en Iran. Ces sondages, à eux seuls, font surgir une question incontournable : Qui dirige la guerre ? Qui est la monture et qui est le cavalier ? C'est la première fois que les États-Unis agressent et mènent directement une guerre avec Israël contre un pays du Moyen-Orient. Israël semble avoir l'initiative dans les opérations, dans "les cibles", comme ils disent, et c'est aussi l'État hébreu qui, le plus souvent, informe de leurs déroulements. Trump, on l'aura remarqué, reprend l'information israélienne. C'est un coup à la fierté américaine. Cette façon dont Trump fait des États-Unis le sous fifre d'Israël ne va-t-elle pas choquer l'opinion et être perçue comme un déshonneur ? Cela en tout cas justifie de mettre ici le nom de Netanyahou avant celui de Trump pour parler de ce duo comme de parler d'agression israélo-américaine.
Le nucléaire, supposé être à l'origine du conflit, est complètement oublié. C'est bien la preuve qu'il était un prétexte pour un "Régime-change", lequel est l'objectif central de Netanyahou et d'Israël. Mais l'argument du nucléaire pourra être réactivé plus tard, sauf si les Américains y renoncent à jamais, échaudés désormais par l'aventure de l'Iran comme ils l'ont été par celle du Vietnam ou de l'Afghanistan.
Lequel donc, de Netanyahou ou de Trump, mène ce couple infernal où la violence de chacun semble la disputer à celle de l'autre ? Qu'est ce qui fait que Netanyahou parait, dans la conduite de la guerre diriger, manipuler Trump, et lui faire prendre ainsi le risque de porter atteinte à l'orgueil américain ?
Il y a là un mystère. Comment ne pas évoquer alors l'affaire Epstein. L'affaire Epstein se croise avec la guerre en Iran. Est-ce une coïncidence ?
Elle aussi a disparu brusquement de l'information médiatique américaine et occidentale à la faveur de la guerre Et c'est peut-être d'elle que Trump avait le plus peur. Une peur en miroir à celle qu'il veut inspirer. L'étau semblait se resserrer après l'échec de sa tentative de démontrer qu'il n'avait rien à voir avec cette affaire en permettant finalement la publication de l'ensemble des documents la concernant, non sans en avoir organisé la censure grâce à sa ministre de la Justice. Bref, L'affaire lui a échappé. Il a pu se retrouver finalement le dos au mur. N'y a-t-il pas là la tentative de dissoudre ses crimes dans un crime plus large ?
D'après les documents publiés, Epstein était lié étroitement au Mossad. Il était donc autant lié à Israël, et de ce fait à Netanyahou, qu'à Trump. Relation triangulaire qui apparait à présent avec d'autant plus de signification, dans ce duo effrayant qui vient de déclencher cette guerre dévastatrice.
L'affaire Epstein n'est pas seulement un scandale planétaire. Elle est le résumé, le condensé, le symbole d'un empire qui pourrit sur pied. Aussi bien dans cette affaire que dans le génocide de Gaza, et maintenant l'agression contre l'Iran et le Liban, il y a l'absence de freins moraux, de limites, de repères, d'empathie humaine. Il n'y a plus de limites, cela peut être aussi bien l'assassinat assumé d'un chef d'État peu après en avoir kidnappé un autre, que le viol des enfants ou leur massacre par milliers à Gaza. Trump déclare lui-même qu'il n'a comme seule limite que sa "conscience". Affirmation terrible d'absurdité.
Dans cette agonie lente qui est celle de l'empire américain, chaque soubresaut qui l'accompagne est terrible de souffrances pour la nation qui sera choisie à un moment pour la proie. Il l'est aussi de dangers pour le monde. Dans ce chaos, dans cette anomie qui accompagnent le déclin annoncé de l'empire, des individus, comme Trump, Netanyahou et aussi, étrangement que cela puisse paraitre, Epstein, se mettent à prendre une place démesurée, en l'absence de normes, de régulateurs politiques et sociaux, dans une atmosphère de nihilisme. Déjà d'ailleurs Trump proclame la fin du droit international et l'inutilité des règles qui régulaient les relations internationales. Pour Israël, les choses sont plus simples, le monde pour lui est tout entier antisémite et cela fait longtemps que l'État Hébreu se moque du droit international.
L'interminable chute de l'Empire romain devait ressembler un peu à tout cela. La crucifixion
était l'expression absolue, le condensé de la cruauté de l'empire romain. La croix est alors devenue le symbole d'une nouvelle religion, le christianisme, celle de l'aspiration à un monde humain. Aujourd'hui aussi l'Islam, dans beaucoup de pays, à Gaza en Iran et ailleurs, apparait, être "le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur" suivant la belle phrase de Marx à propos de la religion.
Khamenei remplace... Khamenei
Qu'on ne s'y trompe pas. Si l'Iran tombe, c'est le principal obstacle à l'asservissement du Moyen Orient par Israël, qui tombe. La terreur qui s'est abattue sur l'Iran se veut un avertissement au reste du monde : "Voilà ce qu'il advient à ceux qui osent nous braver".
Tout dépendra du front intérieur en Iran qui a déjà montré, dans d'autres épreuves sa solidité. Les bombardements ne peuvent rien contre un peuple résistant. Ils se sont acharnés de la même manière sur le Vietnam, y déversant plus de bombes que pendant la deuxième guerre mondiale, mais en vain. Ils ont été vaincus. C'est étrange comme leurs défaites sont vite oubliées et comment ils recommencent chaque fois exactement de la même façon : même récit, mêmes mensonges, mêmes méthodes, mêmes débâcles.
Jusqu'à présent cette guerre israélo-américaine a abouti à remplacer Khamenei par... Khamenei. Même les assassinats de commandants militaires n'ont abouti qu'à faire émerger de jeunes officiers supérieurs pleins d'énergie, à voir leurs premières apparitions, et qui ont pris le relais d'une génération blanchie dans 47 ans d'épreuves. Neuf jours, à peine, après son début, la guerre contre l'Iran a des conséquences que ne semblent pas avoir prévues les israélo-américains avec leur arrogance habituelle. L'attaque israélienne contre les dépôts pétroliers iraniens a rendu légitime l'attaque iranienne contre les installations pétrolières de la région. Avec la fermeture du détroit d'Ormuz cela annonce une des pires crises énergétiques mondiales que supportera difficilement une économie occidentale déjà affaiblie. Les Iraniens ont l'habitude eux des privations, de la résilience, après des décennies de sanctions économiques. Et c'est leur pays qu'ils défendent.
Un piège historique, comme il y en a eu rarement dans le passé, semble se refermer sur les agresseurs.