• 'Rantanplan', on veut dire celui de Lucky Luke, ce chouette chien qui gaffe plus vite que son ombre. • Ainsi est le plan de Trump pour l'Iran. • Michael Woolfe cité par Alastair Crooke : "Ne pas avoir de plan devient le plan."_
16 mars 2026 (17H00) - Alastair Crooke nous donne une analyse complète des tactiques et des stratégies des adversaires de l'actuelle et nième guerre du Golfe (celle de et contre l'Iran). Une fois de plus, et sans surprise, on voit s'opposer le passé (les Amérisraéliens) et l'adaptation aux conditions nouvelles (les Iraniens). Est-on étonnés de cette distribution qui va tellement contre notre paresseux et arrogant prêt-à-penser ? Pourquoi le serait-on puisque cette guerre est une marque de plus de la décadence et de l'effondrement de notre civilisation ? Nous l'avons cherché, nous l'avons ; ne reste plus qu'à ramasser débris et morceaux épars...
Par conséquent, Crooke nous décrit une capacité de frappe énorme et désormais complètement inefficace au niveau d'une guerre de cette ambition des Amérisraéliens contre un Iran parfaitement organisé du point de vue du camouflage de son armement, et surtout de la décentralisation de son commandement.
Nous-mêmes étions arrivés au même constat dans un récent article, et nous ajouterions que le développement des technologies des missiles et des drones, et leur adoption, leur développement et leur façon de les opérationnaliser par les Iraniens, les poussaient évidemment à cette conception de la guerre devant un ennemi qui est resté dans une conception vieille de trois-quarts de siècle.
"Nous aurions pu et dû noter que ces divers problèmes étaient générés par des situations de fait nées de l'hypercentralisation des systèmes que l'ensemble amérisraélien organise pour son"action"militaire. Mais nous progressons au rythme de nos constats et nous avons aujourd'hui une description de la mise à mal et les conséquence de la destruction d'un centre d'hypercentralisation dont nous observons qu'elles s'emboîtent parfaitement, et coiffe, et explique du point de vue général les deux premières étapes rappelées ci-dessus." Nous ajoutons que les Iraniens ont parfaitement montré ce que la décentralisation de leur pouvoir permet, outre d'empêcher complètement, et même d'organiser le contraire d'un 'regime change' chez l'ennemi. L'assassinat de Khomeini n'a en rien décapité le pouvoir iranien, au contraire il a suscité un rassemblement patriotique, y compris chez les opposants, autour du régime. Quant à la machine de guerre iranienne, organisée d'une façon décentralisée, elle a réagi avec la rapidité et l'efficacité que permettent l'autonomie et la mission de chaque pouvoir."
Crooke est particulièrement qualifié pour les jugements qu'il émet, ayant visité les dispositions des installations iraniennes au cours de sa carrière. Par bonheur, il cite pour définir l'action de Trump un de ses biographes les plus acerbes, les plus diserts et les plus pétulants, - dénoncés par certains qui prétendent tenir pour le président, dénoncé par d'autres de plus en plus nombreux à mesure que Trump montre ses remarquables capacités d'excentricités.
Jugement de Michael Wolff, certainement très juste, - question d'intuition baladeuse pour notre compte ; voyez donc et oyez donc combien cela s'ajuste parfaitement au bombastique bonhomme et à la terreur qu'il inspire à ses collaborateurs sur l'attitude à suivre :
"Il [Trump] n'a aucun plan. Il ne sait pas ce qui se passe. Il est incapable d'élaborer un plan. Il crée du suspense, et cela devient une source de fierté pour lui : personne ne sait ce que je vais faire ensuite. Du coup, tout le monde a peur de moi, ce qui me donne un maximum de pouvoir. Ne pas avoir de plan devient le plan."" Il est sur scène, il improvise au fur et à mesure et il est très fier de cette capacité, qui est considérable.
"Nous allons arrêter la guerre. Nous allons commencer la guerre. Nous allons les bombarder ; nous allons négocier ; nous allons obtenir une capitulation sans condition. Rien ne se fait sans son accord [celui de Trump]. Et cela change d'instant en instant."