17/03/2026 reseauinternational.net  4min #307995

 Pourquoi l'Iran a déjà gagné la guerre ?

Trump évoque des « accusations de trahison » contre les médias concernant leur couverture de la guerre en Iran

par Jake Johnson

Le sénateur américain Ed Markey a averti que l'administration Trump se livrait à une "tentative flagrante de museler la presse libre".

Dimanche soir, le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de poursuites pour "trahison" contre des médias qu'il accuse de diffuser de fausses informations sur la guerre en Iran, alors que le coût humain et économique de son intervention militaire illégale ne cesse de s'alourdir.

Dans un  message virulent publié sur sa plateforme Truth Social, Trump a écrit que les médias qu'il accuse de diffuser de fausses informations devraient être "inculpés de TRAHISON pour diffusion de fausses informations". La  peine maximale pour trahison aux États-Unis est la peine de mort.

Alors que Trump entraîne les États-Unis vers la guerre en Iran, les critiques s'interrogent : où est la réaction des démocrates et des médias ? Trump a pris à partie le Wall Street Journal, propriété de Rupert Murdoch, pour avoir  rapporté ce week-end que "cinq avions ravitailleurs de l'US Air Force ont été touchés et endommagés au sol sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite". Citant deux responsables américains anonymes, le Journal a indiqué que "les ravitailleurs ont été touchés lors d'une frappe de missile iranienne sur la base saoudienne" et que les avions ont été "endommagés mais pas totalement détruits et sont en cours de réparation".

Le président américain a qualifié l'article de "fausse information" sans toutefois réfuter son contenu de manière substantielle. Trump a écrit que quatre des avions ravitailleurs sont "en service" et qu'un autre "reprendra bientôt ses vols", ce qui ne contredit en rien les informations du Journal.

Trump, qui  utilise régulièrement ses réseaux sociaux pour diffuser des vidéos et des photos générées par intelligence artificielle, s'est également plaint d'une vidéo d'IA montrant prétendument l'USS Abraham Lincoln en feu. Le président a affirmé que la vidéo avait été "diffusée par des médias corrompus", sans fournir le moindre exemple. L'AFP a publié la semaine dernière une  vérification des faits concernant la vidéo, la qualifiant de "montage fabriqué".

La dernière attaque de Trump contre les médias américains fait suite aux  menaces proférées samedi par le président de la Commission fédérale des communications (FCC), Brendan Carr, de retirer les licences de diffusion aux médias qu'il accuse de "propager des canulars et de déformer l'information". Carr n'a fourni aucun exemple précis.

Le président américain a déclaré dimanche être "ravi" de la menace de Carr, s'en prenant aux médias "corrompus et profondément antipatriotiques".

Ces derniers jours, Trump et d'autres membres de l'administration, dont le secrétaire au Pentagone, Pete Hegseth, se sont  ouvertement plaints de ce qu'ils considèrent comme une couverture médiatique négative de l'offensive contre l'Iran, qui dure depuis trois semaines sans perspective de fin.

Dimanche, à bord d'Air Force One, Trump  a qualifié une journaliste de "personne très odieuse" après qu'elle lui a demandé pourquoi il envoyait  5000 Marines et marins américains au Moyen-Orient.

Le sénateur américain Ed Markey (démocrate du Massachusetts) a averti dimanche, dans une lettre adressée à Carr, que l'administration Trump tentait de museler la presse libre si les médias ne couvraient pas la guerre en Iran conformément au discours officiel de Trump.

"Votre article de samedi suit la même logique, mais l'étend à la couverture d'un conflit militaire en cours, où l'effet dissuasif sur les journalistes et l'atteinte au droit du public à l'information sont les plus graves", a écrit Markey à Carr.

source :  Common Dreams via  Marie-Claire Tellier

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