
Après les trois scénarios de victoire usaméricaine exposés par houseofsaud.com dans "La victoire qui terrifie l'Arabie saoudite", un scénario inédit devient de plus en plus crédible.

Les conséquences géopolitiques de la défaite
par Policy Tensor
Que se passe-t-il après la défaite des USA ?
Quand un étudiant en relations internationales dit que le monde est unipolaire ou bipolaire, il émet en fait une hypothèse sur la répartition de la puissance. Dans un monde unipolaire, l'idée sous-jacente est qu'aucun autre État n'est capable de véritablement rivaliser avec le plus puissant. Si un État se révèle capable de le faire, alors cette hypothèse tombe à l'eau.
Comme je l'expliquais dans mon précédent article [Cf. plus bas pour la version française, après le présent article], les USA sont aujourd'hui au bord d'une défaite stratégique. Je ne dis pas que c'est joué d'avance, mais que ce scénario est devenu bien plus qu'une simple possibilité : c'est l'hypothèse centrale à envisager.
Pour être concret : si les USA échouent à neutraliser les attaques iraniennes dans le Golfe, s'ils sont incapables de rouvrir par la force le détroit d'Ormuz, ce sera une défaite stratégique. Une défaite qui prouverait que le monde n'est ni unipolaire, ni bipolaire, ni même tripolaire, mais bien multipolaire - avec l'Iran comme l'un de ses pôles. Alors, quelles seraient les conséquences géopolitiques d'un tel retournement ?
Mais avant d'en arriver là, reprenons les éléments clés du raisonnement.
Pour éviter la défaite, les USA n'ont qu'une seule option : détruire ou neutraliser les capacités iraniennes qui menacent les installations du Golfe et maintiennent Ormuz fermé. Si l'armée usaméricaine n'y parvient pas, par la force directe ou par la coercition, le résultat sera vécu comme une défaite stratégique - même si la guerre s'arrête sur un cessez-le-feu. Car alors, le monde entier aura vu que les USA ne peuvent plus imposer leur volonté dans cette région.
Tout repose donc sur la campagne d'interdiction, cette opération visant à détruire les moyens de frappe iraniens (drones, missiles, lanceurs, etc.).
Même si cette campagne réussit à dégrader rapidement ces capacités, la victoire ne sera pas pour autant acquise. Il faudra encore, si les Iraniens minent le détroit - ce qu'ils auraient déjà commencé à faire - mener des opérations de déminage. Or, le déminage en contexte hostile est un problème militaire loin d'être résolu, et qui prendrait lui aussi des mois.
Ce que j'ai montré dans mon précédent article, c'est que même avec des hypothèses optimistes, la campagne d'interdiction prendra de très longs mois - assez pour infliger des dégâts considérables à l'économie mondiale et à la présidence Trump.
Car dans cette guerre, le temps joue pour l'Iran.
Plus le conflit dure, plus l'Iran peut imposer des coûts élevés aux USAméricains et à l'économie globale. Si, à l'avenir, les présidents usaméricains hésitent à attaquer l'Iran de peur d'en payer le prix, alors Téhéran aura gagné son objectif principal : rétablir une dissuasion crédible.
Depuis la publication de cet article, plusieurs éléments sont venus corriger notre vision de cette guerre d'interdiction.
Premièrement, j'avais estimé la production iranienne de drones Shahed à 5000 par mois, sur la base d'une évaluation russe confidentielle rapportée par la presse allemande. C'était trop optimiste [ou pessimiste, selon le point de vue, NdT]. Reuters a depuis révélé, citant un groupe de recherche britannique, que l'Iran peut en produire environ 10 000 par mois.
Le graphique ci-dessous montre l'impact de cette révision.
Avec l'ancien modèle présenté le 7 mars (5000/mois), l'Iran pouvait tirer 100 drones par jour pendant un an. Avec le nouveau (10 000/mois), il peut soutenir ce rythme pendant plus de trois ans.
Deuxième correction : selon de nouvelles informations du Pentagone et de l'armée israélienne, les progrès dans la destruction des lanceurs de missiles iraniens sont très lents. Le pourcentage de lanceurs détruits stagne à 60% depuis la fin de la première semaine de guerre. Soit la destruction est plus difficile que prévu, soit les stocks iraniens sont plus importants qu'estimé.
Troisième point : les stocks de missiles eux-mêmes. On parlait jusqu'ici de 2500 missiles, d'après une estimation israélienne. Il s'avère que ce chiffre ne concerne que les missiles capables d'atteindre Israël, et exclut les missiles à courte portée utilisables dans le Golfe. Pour ces derniers, les estimations israéliennes vont de 6000 à 8000.
Quatrième révision : le coût de production du drone Shahed. Un chercheur estime qu'il ne coûte que 7000 dollars - cinq fois moins que ce qu'on croyait, et cinq fois moins cher que sa copie usaméricaine. De plus, sa production est désormais entièrement localisée en Iran, moteurs compris, ce qui permet une reconstruction rapide en cas de destruction.
Cinquième et dernier élément : les frappes iraniennes contre les radars usaméricains. Les Iraniens ont détruit ou endommagé plusieurs radars de défense antiaérienne coûteux au Qatar, en Jordanie, au Koweït et en Arabie saoudite. Résultat : la capacité de repérage usaméricaine est sérieusement dégradée, et certaines bases aériennes sont devenues inutilisables, réduisant d'autant le nombre de sorties aériennes possibles.
Tout cela change la donne. Il ne s'agit plus seulement de savoir si la destruction des moyens iraniens sera assez rapide (d > r). On doit désormais envisager sérieusement que les capacités iraniennes continuent de croître malgré les frappes (d < r).
Autrement dit, l'Iran pourrait être en mesure de maintenir la menace sur le Golfe et de bloquer Ormuz non plus pour des mois, mais pour des années. Et il n'est pas exclu, loin de là, que la campagne d'interdiction échoue complètement - que l'Iran sorte de cette guerre plus fort qu'il n'y est entré.
Alors, concrètement, que se passerait-il en cas de victoire iranienne ?
Nous sommes en 2027. La campagne d'interdiction usaméricaine a échoué. Le trafic dans le détroit d'Ormuz passe toujours sous les fourches caudines iraniennes. Les monarchies pétrolières du Golfe ont passé un accord avec Téhéran : leurs pétroliers peuvent transiter, mais en échange, elles ont dû mettre fin aux bases usaméricaines sur leur sol et renoncer aux accords d'Abraham. Les Iraniens régulent le flux de pétrole pour maintenir les prix élevés, et promettent de continuer tant qu'il restera un soldat usaméricain dans la région.
L'économie mondiale commence tout juste à se remettre du choc infligé en 2026. Les USA et la Russie ont augmenté leur production pour compenser en partie le manque à gagner du Golfe. L'inflation redescend lentement de ses pics à deux chiffres, mais la politique monétaire reste restrictive. Au moins la chute libre est-elle arrêtée.
Partout dans le monde, on cherche à réduire sa dépendance au Golfe. La capacité solaire chinoise est passée de 40 à 60 GW, et devrait doubler d'ici deux ou trois ans, pour atteindre 120 GW.
Le basculement vers le véhicule électrique s'accélère. Là encore, la Chine est la grande gagnante. Inspirés par l'usine géante de BYD au Brésil, constructeurs indiens, européens et canadiens signent des contrats avec des firmes chinoises. La part de la Chine dans les ventes mondiales de VE atteint 80%, avec trois ans d'avance sur les prévisions.
Les prix du pétrole à trois chiffres et une inflation usaméricaine toujours supérieure à 5% ont eu raison de la présidence Trump. La coalition MAGA a explosé. De nombreux républicains se retournent contre le lobby pro-israélien et son emprise sur le parti. Rubio a discrètement renoncé à 2029, tout comme J.D. Vance. Trump lui-même est furieux contre Kushner et Witkoff, qu'il tient pour responsables de ce bourbier, et les a écartés.
Il a tenté d'escalader pour forcer l'Iran à négocier, en frappant des infrastructures et des civils. Mais quand les Iraniens ont répondu en faisant de même de l'autre côté du Golfe, il a dû reculer sous la pression de ses alliés arabes.
La guerre aérienne contre l'Iran dure depuis un an, sans résultat. Le président voudrait arrêter, mais ce serait reconnaître la défaite. Alors les bombes continuent de tomber, sur des ruines.
Les Iraniens tiennent bon. Les négociations traînent, leurs exigences n'ont pas changé : pas de bases usaméricaines dans la région, levée totale des sanctions, droit à l'enrichissement de l'uranium, et aucun plafond sur leurs missiles.
Dans le reste du monde, le verdict est déjà tombé : les USA ont été battus par l'Iran. Dans les états-majors, on tire les leçons : la prolifération des drones et des missiles de précision bon marché change la donne. Même une puissance moyenne peut désormais imposer des coûts insoutenables à un géant.
Les théories sur la "guerre avec l'échine brisée" - comment continuer le combat après avoir perdu sa force de frappe principale - reviennent à la mode, alimentées par les fuites du Pentagone sur l'ampleur des revers subis.
Les stocks usaméricains de missiles et d'intercepteurs sont sévèrement entamés. En Asie, la crédibilité de la dissuasion usaméricaine s'effondre. Plus personne ne croit que les USA interviendraient pour défendre Taïwan. Pékin en est désormais convaincu.
À Taïwan même, le Parti démocrate progressiste a perdu les élections face au Kuomintang, dans un scrutin marqué par des appels à négocier la réunification pacifique. Des discussions secrètes auraient déjà commencé.
Les USA restent une grande puissance, mais leur autorité morale et politique s'est effondrée. Les monarchies du Golfe ont fait allégeance au vainqueur iranien. L'influence usaméricaine a quasiment disparu de l'ASEAN, la région la plus dynamique du monde. L'Inde et la plupart des pays prennent leurs distances avec Washington et Israël, tenus pour responsables du désastre économique mondial.
L'Europe a dû prendre en main sa propre défense. La guerre a provoqué une crise majeure, et beaucoup d'Européens considèrent désormais que la principale menace pour leur sécurité vient... des USA et d'Israël. Des voix s'élèvent pour réclamer la fin de l'OTAN.
Avec le retrait usaméricain d'Europe, d'Asie et du Moyen-Orient, les observateurs prédisent que l'influence de Washington finira par se limiter à l'hémisphère occidental.
Malgré la brouille entre Trump et Netanyahou, les USA restent prisonniers de leur "allié" israélien. Mais peut-être plus pour longtemps. La campagne pour 2029 est lancée, et aucun candidat soutenu par le lobby pro-israélien ne décroche la moindre intention de vote.
Tout le monde sent que l'heure tourne pour la "relation spéciale". Les USA ne feront plus jamais la guerre pour Israël.
source : Policy Tensor
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Pourquoi les USA foncent droit vers une défaite stratégique
Drones, missiles, THAAD
par Policy Tensor
On peut bien changer le discours sur les objectifs de guerre au gré des communications de l'administration, il y a une façon simple et évidente de définir la victoire ou la défaite stratégique. Si les USA ne parviennent pas, que ce soit par la force directe ou par la coercition militaire, à stopper les attaques iraniennes contre leurs propres installations et celles de leurs alliés et protectorats, ce sera une défaite stratégique. Si les USAméricains déclarent "mission accomplie" alors que les Iraniens continuent de tirer sur les monarchies pétrolières, les bases militaires usaméricaines, Israël, et surtout si Ormuz reste fermé, ce sera une défaite stratégique sans aucune ambiguïté.
Dans le même ordre d'idées, si l'Iran parvient à poursuivre ses attaques et à maintenir Ormuz fermé quoi que fassent les USAméricains, jusqu'à ce que Washington propose un cessez-le-feu, alors Téhéran aura réussi à rétablir sa dissuasion. Ce sera une victoire stratégique pour l'Iran. Ce n'est pas une question de définition théorique : c'est une question de perception des adversaires, des tiers et des observateurs impartiaux. La communication des médias occidentaux ne pourra pas masquer l'évidence.
Comme je l'ai montré sur Twitter, la mécanique de la guerre des drones est particulièrement redoutable. Les variables clés sont le rythme auquel les USAméricains peuvent détruire les sites de production de drones iraniens (d_fac) et le rythme auquel les Iraniens peuvent les reconstruire ou les réparer (r_fac). Le facteur déterminant, c'est le rapport r_fac / (d_fac + r_fac). C'est lui qui contrôle la dynamique : à quel rythme l'Iran peut continuer ses attaques contre les intérêts économiques dans le Golfe, et combien de temps il peut maintenir Ormuz fermé.
Même avec des hypothèses conservatrices mais réalistes, favorables aux USAméricains, on voit mal comment ils pourraient dégrader les capacités de frappe iraniennes assez rapidement.
NdT : comment lire ces graphiques
Les graphiques ci-dessus illustrent l'évolution possible d'une guerre industrielle de drones sur 36 mois selon trois scénarios - faible, moyen et élevé - correspondant à différents niveaux d'efficacité de la campagne américaine contre les sites de production iraniens.
Le premier graphique montre l'évolution du nombre d'usines de drones opérationnelles au fil du temps. Le deuxième représente le stock de drones disponible, qui dépend à la fois de la production et du rythme des tirs. Le troisième indique la cadence de tir mensuelle supposée dans chaque scénario, tandis que le quatrième retrace le volume total de drones tirés depuis le début du conflit.
L'élément central du modèle est la cadence de tir soutenable : si la production industrielle reste supérieure au nombre de drones tirés chaque mois, le stock se maintient ou augmente ; dans le cas contraire, il finit par s'épuiser et la campagne d'attaque ne peut plus être maintenue.
Le modèle présenté vise ainsi à illustrer la logique d'une guerre industrielle de drones. Les paramètres utilisés - capacité de production, rythme de destruction et de réparation des sites - reposent toutefois sur des hypothèses plausibles mais non vérifiables publiquement. Les résultats doivent donc être interprétés comme une exploration de scénarios plutôt que comme une estimation exacte des capacités réelles.
Même dans le scénario extrême et hautement improbable où l'Iran serait incapable de reconstruire le moindre site de production et où les USAméricains détruiraient 90% des capacités chaque mois, l'Iran pourrait encore maintenir un rythme de tirs élevé pendant quatre mois.
Alors, quelle est la solution ? Si les capacités iraniennes ne peuvent pas être sérieusement réduites avant au moins quatre mois, les coûts pour l'économie mondiale et pour les USA seront intolérables. On aura un choc d'inflation planétaire, un resserrement monétaire global, une crise alimentaire parce que le choc sur les engrais va réduire de moitié la prochaine récolte, et quasi-certainement une récession mondiale. Cela détruira la présidence Trump, cela détruira le Parti républicain pour une génération, et cela mettra enfin fin à l'emprise que le petit allié géopolitique [Israël] exerce sur les USA.
Est-ce qu'il existe une solution militaire ? Que peuvent faire les USAméricains ? L'idée de la décapitation façon John Warden était censée marcher. Ça n'a pas marché. Il n'y a absolument aucun signe d'instabilité politique en Iran. " Zéro", a dit un haut responsable européen au Washington Post.
Alors quoi ? L'option kurde ? Au mieux, ils peuvent créer une mini-entité séparatiste. Mais ça ne changera rien au problème. L'Iran peut et va continuer ses attaques dans le Golfe, que cette option marche ou pas. Ça ne résout rien.
Reste quoi ? Les troupes au sol ? Les USAméricains ont-ils l'appétit pour ça ? Et même s'ils l'avaient, peuvent-ils espérer gagner une longue guerre de contre-insurrection ? Pour avoir le même ratio forces/population ou forces/territoire qu'en Irak, il faudrait déployer entre 600 000 et 1 million de soldats. C'est aux limites extrêmes de ce que l'armée usaméricaine peut fournir. Ça mobiliserait la totalité des forces. C'était peut-être une option envisageable du temps du monde unipolaire. Aujourd'hui, ce serait la recette du désastre, pas seulement en Iran mais aussi en Asie.
Autre idée ? Prendre l'île de Kharg ? C'est complètement farfelu. On ne peut pas faire ça sans avoir neutralisé les tirs iraniens. Non seulement l'île est exposée aux missiles et aux drones, mais elle est à portée d'artillerie mobile iranienne. Si on débarque une division de marines, il faudra les évacuer en quelques heures après des dizaines de pertes. Tout ce scénario suppose que les tirs iraniens sont déjà neutralisés... alors que c'est précisément le problème à résoudre.
Mais c'est pire que ça. J'ai écrit sur les conséquences de ce régime de frappe de précision que Krepinevich prévoyait au début des années 90 : un ordre militaire international où les capacités de frappe à distance se diffusent bien au-delà des grandes puissances technologiquement avancées. Mais même moi, j'ai sous-estimé les Iraniens.
Les Iraniens ne déploient pas seulement des missiles hypersoniques que les USAméricains n'arrivent pas à développer. Ils n'ont pas seulement le plus gros arsenal de missiles du Moyen-Orient. Les récents développements militaires révèlent des capacités de reconnaissance et de frappe surprenantes.
Les Iraniens ont réussi à toucher toutes les bases militaires usaméricaines dans la région. Et ce n'est pas tout. Le THAAD est l'un des systèmes de défense antimissile les plus puissants au monde. Si quelque chose devrait être invulnérable, c'est bien ce système. Les Iraniens ont réussi à toucher et probablement neutraliser toutes les batteries THAAD de la région. Les cinq.
N'importe quel analyste militaire sérieux vous dira que c'est un putain d'événement majeur. Non seulement ça signifie que l'Iran est pratiquement un pair militaire en termes de capacité de frappe dans son environnement proche. Ça a aussi des implications opérationnelles directes. J'ai posé la question sur Twitter.
Toutes les bases aériennes usaméricaines dans le Golfe sont sous attaque soutenue. Est-ce qu'elles peuvent encore faire décoller des avions, même à un rythme réduit ? Ou ont-elles été abandonnées et les sorties se font depuis des bases lointaines avec ravitaillement en vol ? Le Pentagone nous donne des chiffres de cibles touchées. Mais quel est le taux de sorties dans cette guerre aérienne ? A-t-il baissé ?
Grok a pu répondre par l'affirmative. Les USA ont dû retirer leurs forces de la région. Le nombre de sorties qu'ils peuvent générer a été sévèrement réduit par les attaques iraniennes sur leurs bases. Grok estime que le taux crucial de destruction des capacités de drones et missiles iraniens dont j'ai parlé doit être revu à la baisse de 35 à 50%.
Ça veut dire que la courbe ne descend pas, elle monte ! La campagne d'interdiction, celle qui est censée réduire les capacités iraniennes, vient de prendre un énorme coup dans l'aile. Voilà pourquoi les USAméricains envoient d'urgence un troisième porte-avions dans la région : parce qu'ils peuvent à peine utiliser leurs bases proches, ils doivent compter sur l'aviation navale pour combler le vide.
Mais tout analyste sérieux vous dira qu'il y a des limites sévères à ce qu'on peut faire avec les quelques dizaines de sorties quotidiennes d'un porte-avions, par rapport aux centaines que peut fournir une base terrestre. C'est donc assez clairement une catastrophe militaire pour les USA.
L'administration Trump est dans une sacrée panade de son propre fait. Il n'y a pas de solution militaire en vue. Avec la destruction des boucliers THAAD et les stocks d'intercepteurs qui s'épuisent, la stratégie iranienne va pouvoir imposer des coûts croissants - pas décroissants - aux USA, à leurs alliés et à tous les pays de la planète. Grâce au succès fracassant des frappes iraniennes contre les infrastructures militaires usaméricaines - ils ont rendu les bases quasiment inutilisables - les USA ne peuvent pas générer assez de sorties, même si les calculs sur la guerre des drones étaient prometteurs, ce qui n'est pas le cas.
Les USA sont donc face à une défaite stratégique sans ambiguïté. Balancer des bombes sur l'ennemi n'a jamais marché dans tout le siècle de l'aviation militaire. Rien ne laisse penser que ça va forcer les Iraniens à se soumettre. Ils ont l'avantage stratégique et ils vont l'exploiter.
Il est aussi possible que les Russes, et derrière eux les Chinois, réapprovisionnent et réarment les Iraniens. Si ça arrive, ce qui est probable, on va assister à une sorte d'"Ukraine à l'envers".
L'administration Trump doit comprendre qu'il n'y a pas de solution militaire ici. Il faut parler aux Omanais [grands intermédiaires entre Iran et USA, NdT]. Trouver une solution diplomatique avant que tout ne leur tombe sur la tête.
source : Policy Tensor via Fausto Giudice




