20/03/2026 ssofidelis.substack.com  5min #308344

 Pourquoi l'Iran a déjà gagné la guerre ?

Bibi et Trump cherchent-ils une issue à la guerre en Iran ?

Prix de l'essence à Bradenton, en Floride, le 13 mars et le 20 mars 2026

Par  Larry Johnson, le 20 mars 2026

La réponse courte à la question posée dans le titre de cet article : dur à dire. Je sais toutefois que certains militaires américains, sans doute nombreux, estiment que l'Iran est prêt à poursuivre ce combat pendant encore 40 ans et que les États-Unis ne "gagneront" jamais. Que les États-Unis déclarent victoire demain ou dans 18 ans, le résultat sera exactement le même... La République islamique d'Iran restera aux commandes.

Cela dit, Trump déploie une MEU (c'est-à-dire une force de 2 200 hommes) dans le golfe Persique. MEU signifie Marine Expeditionary Unit (unité expéditionnaire des Marines). Il s'agit d'une petite force opérationnelle aéro-terrestre autonome des Marines, capable de se déployer rapidement à partir de navires pour des interventions d'urgence, des opérations amphibies ou des missions de combat limitées. Une MEU comprend généralement environ 2 200 marines et marins, avec un bataillon d'infanterie, des aéronefs, un soutien logistique et un élément de commandement. Elle est conçue pour des missions courtes et rapides et pour environ 15 jours d'autonomie.

J'espère, peut-être naïvement, qu'il ne s'agit là que d'une démonstration de force de la part de Trump visant à obtenir un certain avantage dans les négociations avec l'Iran, car la MEU est trop modeste pour constituer une menace sérieuse pour le contrôle iranien du détroit d'Ormuz. Si les navires transportant les Marines s'aventurent près des côtes iraniennes, ils risquent fort d'être coulés. Une autre hypothèse est envisageable... Les Marines ne seraient qu'une feinte - c'est-à-dire destinée à détourner l'attention de l'Iran pendant qu'une unité des forces spéciales américaines tenterait de prendre d'assaut un site en Iran soupçonné de détenir de l'uranium enrichi et de s'emparer de ce matériau. Si je ne doute pas que les États-Unis puissent infiltrer un petit nombre d'agents des forces spéciales en Iran, les ramener sains et saufs constitue un défi colossal. Et n'oublions pas que l'armée iranienne, qui bénéficie du soutien des services du renseignement russes et chinois, aura également son mot à dire sur l'issue de toute tentative de raid par les forces américaines.

Je pense que la meilleure option pour Trump pour mettre fin à la guerre avec l'Iran est de rétablir le JCPOA, mais en le renommant. Si Trump accepte de lever les sanctions contre l'Iran et de retirer les forces américaines du golfe Persique en proclamant qu'elles ne sont plus nécessaires car l'Iran a été totalement vaincu, et si l'Iran accepte des inspections complètes de l'AIEA sur ses installations nucléaires, il pourrait déclarer victoire. Cela me semble tiré par les cheveux, mais j'essaie d'imaginer quelque chose qui relève du domaine du raisonnable, même si c'est un peu utopique.

Bibi Netanyahu a fait une remarque intéressante jeudi lors d'une conférence de presse télévisée à Jérusalem. Je vais peut-être trop loin dans mon interprétation, mais j'ai trouvé la déclaration suivante de Bibi assez curieuse :

"Au bout de 20 jours, je peux vous dire que l'Iran n'a aujourd'hui aucune capacité à enrichir de l'uranium, ni à produire des missiles balistiques".

Donc, si l'Iran n'a pas la capacité d'enrichir de l'uranium ni de produire des missiles balistiques, il est alors assez facile de déclarer "Mission accomplie" et de mettre fin aux attaques contre l'Iran. Seul hic : l'Iran n'est pas prêt à capituler.

L'Iran pilonne Israël avec de multiples vagues de missiles - le dernier décompte en est à 65 vagues - et on est à un jour seulement du début de la quatrième semaine de guerre. L'Iran frappe des cibles israéliennes à travers tout le pays depuis 21 jours et ne montre aucun signe de relâchement. Alors que les censeurs israéliens s'efforcent de bloquer la publication de toute information ou vidéo montrant l'ampleur et la portée réelles des dégâts infligés par les missiles iraniens, des informations continuent de filtrer et la tentative de l'Iran d'affaiblir les infrastructures de défense et économiques d'Israël semble porter ses fruits. Je ne vois aucun signe indiquant que l'Iran soit prêt à mettre fin à son offensive de missiles. Les assassinats de l'ayatollah et, plus récemment, d'Ali Larijani, ont renforcé la détermination de l'Iran à poursuivre ses attaques contre des cibles israéliennes et américaines dans un avenir immédiat. Les espoirs américains d'un règlement rapide de la guerre contre l'Iran s'amenuisent à chaque nouvelle salve de missiles lancée depuis le territoire iranien.

Dernier point : le prix de l'essence ordinaire a augmenté d'un dollar au cours des trois dernières semaines dans mon quartier. Les photos en haut de cet article ont été prises à une semaine d'intervalle. Le prix de l'essence le vendredi 27 février était de 2,54 $. La même chose se produit partout aux États-Unis - dans certaines régions, le prix a augmenté de 2 dollars par gallon - et les automobilistes et camionneurs américains sont mécontents. La fermeture prolongée du détroit d'Ormuz signifie que le prix de l'essence et du gaz naturel liquéfié va augmenter régulièrement, créant ainsi d'importants défis politiques pour Trump et les Républicains.

Il y a seulement quatre semaines, Trump tenait un tout autre discours... Lors de son allocution sur l'état de l'Union le 24 février 2026 (quatre jours seulement avant d'attaquer l'Iran), le président Donald Trump a vanté la baisse des prix du carburant comme l'une des principales réalisations économiques de son administration. Il l'a comparée à la hausse des prix sous l'administration précédente et l'a associée à ses politiques énergétiques "America First". Il a déclaré :

"L'essence, qui a atteint un pic de plus de 6 dollars le gallon dans certains États sous mon prédécesseur - un vrai désastre, pour être honnête -, est désormais inférieure à 2,30 dollars le gallon dans la plupart des États, et même à 1,99 dollar le gallon dans certains. Et lorsque je me suis rendu dans le grand État de l'Iowa il y a quelques semaines à peine, j'ai même vu l'essence à 1,85 dollar le gallon, le prix le plus bas en quatre ans, et en baisse constante".

Avec ses promesses de campagne de ne pas déclencher de nouvelle guerre au Moyen-Orient, la présidence Trump est en train de tourner au désastre épique : les prix de l'essence montent en flèche et les États-Unis sont en train de perdre la guerre contre l'Iran.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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