La Rédaction
Frappe iranienne sur Dimona, dans le sud d'Israël, le 22 mars 2026 (AFP)
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
Depuis que les États-Unis ont annoncé qu'ils suspendaient les frappes sur l'infrastructure énergétique iranienne pendant cinq jours, toutes les options sont sur la table. Entre des négociations de paix annoncées puis vigoureusement rejetées par l'Iran et les spéculations insistantes sur une intervention militaire américaine au sol, le brouillard informationnel est total. Faisons le point.
Les États-Unis ont transmis à l'Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
L'administration Trump aurait envoyé un document diplomatique visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Le plan a été transmis via le Pakistan, devenu l'intermédiaire central entre Washington et Téhéran. Le contenu exact du plan reste secret.
Le New York Times n'a pas vu le document. Les responsables américains n'en ont partagé que les grandes lignes, qui portent sur : le programme balistique iranien, le programme nucléaire, la sécurité maritime, notamment le détroit d'Ormuz.
On ignore si l'Iran a réellement reçu ou discuté le plan. On ignore aussi si Israël soutient la proposition.
Washington serait prêt à laisser le régime en place, mais affaibli et plus docile, ce qui marque un recul par rapport à l'idée clairement affiché en début de conflit d'un changement de régime.
Le Wall Street Journal dans on édition du 24 mars donne davantage d'informations.
L'administration Trump à plusieurs exigences :
- Démantèlement complet des trois principaux sites nucléaires iraniens (Natanz, Fordow, Ispahan).
- Fin totale de l'enrichissement d'uranium en Iran et transfert de tout uranium enrichi à l'AIEA.
- Supervision intégrale de l'AIEA sur tous les sites nucléaires.
- Arrêt du programme de missiles balistiques (quantité et portée).
- Fin du soutien à l'Axe de la Résistance (Hezbollah, Hamas).
- Réouverture du détroit d'Ormuz comme "zone maritime libre".
- Usage des missiles limité à la légitime défense.
En échange l'Iran obtiendrait une levée des sanctions. Il pourrait compter sur une assistance américaine au programme nucléaire civil iranien.
Selon le Wall Street Journal, l'Iran pose des conditions très élevées pour tout accord. Il demande la fermeture des bases militaires américaines dans la région. Attend des réparations financières pour les attaques américaines et israéliennes.
L'Iran compte instauré un nouveau régime du détroit d'Ormuz, lui permettant de percevoir des redevances comme l'Égypte le fait actuellement avec le canal de Suez.
Un point essentiel est d'obtenir des garanties fermes contre toute reprise de la guerre.
L'Iran demande la fin des frappes contre le Liban et la Levée totale des sanctions et libération des avoirs gelés.
Téhéran soupçonne que la proposition américaine est une ruse, notamment en raison du déploiement de renforts militaires américains.
D'autre part, l'Iran refuse de négocier avec les envoyés de Trump (Witkoff, Kushner), jugés trop proches d'Israël. Téhéran a donné sa préférence pour des discussions au vice-président américain JD Vance.
On notera que l'ampleur des désaccords réduit considérablement les chances d'un compromis rapide.
Les États-Unis cherchent à ouvrir un canal diplomatique avec l'Iran en pleine escalade régionale. La Turquie tente de jouer un rôle de médiateur pour éviter une extension du conflit.
Washington aurait proposé des discussions directes entre JD Vance, vice‑président américain et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien.
La Turquie serait médiatrice. L'information provient d'Al‑Monitor, citant une source turque.
Pour l'instant, nous n'avons aucune réponse officielle de l'Iran. Ghalibaf qualifie de "fausses informations" les rumeurs israéliennes selon lesquelles il aurait déjà parlé à des responsables américains.
D'autres responsables iraniens reconnaissent toutefois avoir reçu des messages indirects via des médiateurs.
La Position iranienne reste ferme, il n'y a aucune volonté de négocier après avoir été attaqué deux fois en période de discussions. Les iraniens refuse un cessez‑le‑feu sans garanties solides contre de futures attaques.
La Turquie cherche une sortie diplomatique à la guerre. Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a consulté les États‑Unis, L'Iran, L'Égypte, les pays du Golfe et l'Europe.
L'objectif serait d'obtenir un cessez‑le‑feu temporaire pour ouvrir un espace de négociation.
Fidan accuse Israël d'être l'obstacle principal. Il chercherait à prolonger la guerre et à infliger davantage de dégâts à l'Iran. Il estime qu'Israël ne veut pas de paix.
Pour sa part, Trump affirme que des discussions récentes ont eu lieu entre les États-Unis et l'Iran.
L'Iran dément et suggère que Trump cherche à manipuler les marchés.
Les États-Unis testent une voie diplomatique malgré un climat de méfiance extrême. L'Iran exige des garanties de sécurité, ce qui complique toute reprise de dialogue. La Turquie tente de se positionner comme acteur pivot dans la région. Israël apparaît comme un acteur déterminé à poursuivre l'offensive, selon Ankara.
Le Pentagone envisage de déployer la 82e Aéroportée pour une éventuelle attaque sur l'île de Kharg en Iran
Le Pentagone envisage de déployer une brigade de la 82e division aéroportée dans le cadre de la guerre en cours contre l'Iran. L'objectif potentiel serait de prendre le contrôle de l'île iranienne de Kharg, un site stratégique situé au cœur du golfe Persique.
Les États-Unis étudient l'envoi d'une brigade de combat soit environ 3 000 soldats.
Cette unité fait partie de la Immediate Response Force, capable d'être projetée rapidement partout dans le monde. Aucun ordre officiel n'a encore été donné.
L'Objectif militaire est de s'emparer de l'île de Kharg. C'est un point névralgique pour l'Iran, notamment pour ses exportations pétrolières.
Mais cette opération comporte des contraintes opérationnelles très importantes.
Les Marines, arrivant par voie maritime, seraient fortement exposés aux missiles et drones iraniens en traversant le détroit d'Ormuz.
Des frappes américaines récentes auraient endommagé un aérodrome sur l'île, ce qui rendrait nécessaire l'intervention d'ingénieurs du génie pour rétablir les infrastructures.
Une opération pour capturer Kharg constituerait une escalade majeure du conflit. Les pertes américaines pourraient être significatives. Même en cas de capture, tenir l'île sous un bombardement continu de missiles et drones iraniens serait extrêmement difficile.
L'administration Trump semble envisager sérieusement cette opération, ce qui pourrait transformer la dynamique du conflit et entraîner une confrontation plus directe entre les forces américaines et iraniennes.
Trump est-il sérieux à propos des négociations avec l'Iran ?
Larry C. Johnson, ancien officier de la CIA et responsable de la lutte contre le terrorisme du Département d'État, a un avis tranché sur la réalité de ces négociations.
Trump n'a pas de négociations directes avec l'Iran. Il exagère pour influencer les marchés, surtout les cours du pétrole. Il pourrait annoncer assez rapidement un échec des pourparlers après avoir profité d'une baisse des prix.
Il juge, les plans militaires évoqués par certains conseillers américains, irréalistes et dangereux.
Le général à la retraite Keith Kellogg propose de capturer l'île de Kharg et de déployer Marines, Rangers et 82e division aéroportée pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
Les forces américaines seraient alors des cibles faciles, sans armes lourdes. L'Iran pourrait continuer à frapper navires et positions avec drones, missiles, torpilles. Au final, la prise de Kharg n'ouvrirait pas le détroit d'Ormuz.
L'Iran prévient qu'en cas d'attaque, il minerait le détroit d'Ormuz, bloquant le trafic maritime. Une guerre perturberait non seulement le pétrole, mais aussi des chaînes critiques (soufre, acide sulfurique, métaux).
Nous sommes proche d'une offensive américaine imminente, aux conséquences économiques mondiales potentiellement graves.
Comment l'Iran peut-il détecter et potentiellement abattre un F 35 furtif ?
Le 19 mars, l'Iran affirme avoir détecté, ciblé et endommagé un F‑35 opérant dans son espace aérien. Le CENTCOM reconnaît un "atterrissage d'urgence" après un "tir iranien suspecté". Si cette attaque en partie réussie est confirmée, ce serait la première fois qu'un F‑35 est touché par une défense aérienne adverse.
Le F‑35 incarne la suprématie technologique américaine. L'incident montre que la furtivité n'est plus une garantie d'invulnérabilité, surtout face à des systèmes passifs. L'impact est autant symbolique que militaire : l'idée d'une domination aérienne américaine incontestée est fissurée.
Images montrant le moment exact où les défenses aériennes iraniennes ont suivi et intercepté le F-35 américain au-dessus de son territoire (images fournies par l'Iran)
La clé n'est pas de "voir" le F 35 avec un radar classique, mais de contourner la furtivité en utilisant des méthodes de détection passives, principalement infrarouges et photoélectriques, intégrées dans un réseau en couches.
Il s'agit une détection passive par signature thermique. L'Iran s'appuie sur des capteurs infrarouges (IR), des systèmes photoélectriques et des réseaux qui n'émettent rien et donc ne trahissent pas leur position.
Ces capteurs détectent la chaleur du moteur du F-35, qui reste importante malgré la furtivité radar. La furtivité du F-35 réduit la signature radar, pas la signature thermique.
Le magazine Air & Space Forces révèle que le pilote du F-35A de l'US Air Force a subi des blessures par éclats d'obus après que son appareil ait été endommagé lors d'une mission de combat au-dessus de l'Iran.
L'appareil aurait bien été touché par des tirs au sol. Bien que le Commandement central américain n'ait pas fourni de détails, l'appareil a très probablement été endommagé par un missile sol-air plutôt que par des tirs d'armes légères ou un autre projectile, compte tenu de l'altitude à laquelle le F-35 vole habituellement. L'incident fait l'objet d'une enquête, selon des responsables militaires américains.



