30/03/2026 2 articles reseauinternational.net  7min #309389

L'affaire Athanor : quand des francs-maçons commanditent des meurtres en se croyant agents de la Dgse

par Le Libre Penseur

Le vrai complotisme, visiblement, c'est parfois de croire que de telles choses sont impossibles.

De 2013 à 2020, une officine criminelle privée a orchestré sur le sol français intimidations, agressions, vols avec violence et assassinats sur commande. Ses clients ne sont pas des gangsters issus du grand banditisme. Ce sont des cadres dirigeants, des chefs d'entreprise, des médecins biologistes, des ingénieurs, des élus locaux adjoints à des mairies... Son ciment organisationnel ? Une loge maçonnique de Puteaux, la loge Athanor, rattachée à la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française. Son carburant ? La manipulation psychologique savamment entretenue par un ancien haut fonctionnaire du renseignement, qui convainquait ses exécutants qu'ils agissaient dans l'intérêt supérieur de la nation. Le procès s'ouvre le 31 mars 2026 devant la cour d'assises de Paris ; 22 prévenus comparaissent. Un dossier judiciaire d'une ampleur et d'une complexité rarissimes - que des avocats de la défense eux-mêmes qualifient de hors normes.

L'architecte central du système s'appelle Daniel Beaulieu. Son curriculum vitae en impose : inspecteur aux renseignements généraux de la préfecture de Police de Paris dès 1976, il passe ensuite par la DST puis la Direction centrale du renseignement intérieur - la DCRI - où il atteint le grade de commandant fonctionnel. Expert en intelligence économique référencé auprès des Nations Unies, il fait valoir ses droits à la retraite en 2009. Il crée alors DB Ressources, société de formation spécialisée en sécurité privée, et se met à recruter des hommes jeunes, fascinés par l'univers des forces spéciales et du renseignement. Sébastien Leroy, 28 ans à l'époque, est l'un d'eux. Passionné d'armes et d'espionnage depuis l'enfance, lecteur compulsif de John le Carré, pratiquant de viet vo dao, il tient depuis l'adolescence un "journal intime" où il consigne ses rêves de missions secrètes (sic). Beaulieu lui propose de devenir source informateur pour la Sécurité intérieure. Leroy signe sans hésiter. Il ne comprendra que lors de son arrestation en juillet 2020 que tout n'était qu'une fiction soigneusement construite - que ses prétendues "missions pour la France" n'étaient en réalité que des contrats criminels commercialisés à des clients privés fortunés, dont certains étaient ses propres frères de loge.

Le second organisateur se nomme Frédéric Vaglio, né en 1971 à Annecy. C'est précisément dans les salons feutrés de la franc-maçonnerie qu'il a tissé ses liens avec Daniel Beaulieu, sept ou huit ans avant les premiers faits jugés. Vaglio mythomane se présente volontiers dans ses milieux comme un ancien "des services". Il n'en est rien - mais dans les cercles qu'il fréquente, personne ne vérifie. Il possède un Glock 43 et un HK43, et laisse entendre en ville qu'il est un ancien professionnel du secret. Après des années dans la communication institutionnelle pour des groupes automobiles et des collectivités territoriales, il fonde en 2014 la SAS Meliora - société de sécurité sans salarié propre - puis Praesumo, filiale suisse, et Naberat Expertises à Annecy. Ces structures fantômes servent uniquement à facturer les contrats criminels via de fausses prestations de conseil en formation et en intelligence économique. La répartition des rôles entre les deux associés maçonniques est parfaitement huilée : Beaulieu gère les exécutants et supervise les opérations, Vaglio prospecte les clients et génère le chiffre d'affaires. Les clients, justement, ne manquent pas - et leur profil social est stupéfiant !

Jean-Luc Bagur est dirigeant de Linkup Coaching, école de formation professionnelle. Il commande l'élimination d'une concurrente commerciale, Marie-Hélène Dini, coach en entreprise spécialisée dans l'hypnose, pour la somme de 70 000 euros - dont 20 000 prélevés au passage par Vaglio. Le mot de code utilisé entre Bagur et Vaglio pour désigner les munitions et les opérations de neutralisation est "champignons". Laurence Rimboeuf dirige TAO Prestige, conciergerie de luxe prestataire de Mercedes-Benz France représentant 40% de son chiffre d'affaires. Elle mandate le vol avec violence du matériel informatique d'une rivale commerciale, Caroline Dietrich, cadre à la direction des achats chez Mercedes. Alain et Nancy Maarek - lui médecin biologiste, elle ingénieure dans le milieu médical - ont financé des prestations de Vaglio après avoir été séduits par le charme de Laurent Pasquali, pilote automobile amateur criblé de 440 000 euros de dettes fiscales, qu'ils tentaient vainement de faire rembourser depuis des années. Muriel Brun-Millet, dirigeante d'APNYL, et son mari Gérald Millet commandent quant à eux l'élimination d'Hassan T., simple représentant du personnel dans leur PME, devenu trop gênant syndicalement. Hassan T. apprendra par la presse que sa tête avait été mise à prix. Il souffre encore aujourd'hui d'un état anxio-dépressif sévère et vit dans la peur. Jean-François Le Helloco, adjoint à la mairie de Saint-Maur-les-Fossés, figure également parmi les victimes - tabassé par Leroy et Bilheude à son domicile pour le compte de Vaglio et de sa compagne Stéphanie Chupin, qui menaient une campagne de dénonciation politique contre l'ancienne municipalité ! Mourir pour si peu !

Assassiné et enterré dans une forêt pour une dette !

La victime la plus emblématique reste Laurent Pasquali. Ce pilote automobile de 43 ans, spécialiste du grand tourisme, est abattu d'une balle le 29 novembre 2018 dans le couloir de son immeuble de Levallois-Perret par Dylan Bilheude, complice de Leroy, armé d'un Glock 19 équipé d'un silencieux artisanal fabriqué à partir d'emballages de Pom'Potes. Son corps est ensuite transporté dans le coffre d'une Clio volée, enfoui sous quelques centimètres de terre dans le bois de Boulogne pour y dissimuler son téléphone, puis convoyé de nuit jusqu'à une forêt de Haute-Loire - lieu-dit "Bois de Gris", commune de Cistrières - où Leroy et Bilheude l'enterrent en position fœtale après deux heures de fossoyage, avant de prendre soin de photographier le cadavre comme preuve de bonne exécution du contrat. Il ne sera retrouvé que neuf mois plus tard par un cueilleur de champignons. Pour cette mission homo - terminologie des services secrets désignant l'élimination physique d'un individu - Leroy a touché 4500 euros et Bilheude 2500 ; le prix d'une vie humaine dans cette officine criminelle.

Ce procès historique révèle avec une brutalité rare jusqu'où peut mener la conjonction de trois facteurs : l'impunité que confère le sentiment d'appartenir à des réseaux d'élite, la porosité troublante entre certaines loges maçonniques et d'anciens cadres des services de renseignement, et la capacité de manipulation d'un ancien haut fonctionnaire retranché derrière son passé institutionnel. Vingt-deux prévenus, des mois d'audience prévus, et une question centrale que les jurés devront trancher : jusqu'où chacun savait-il vraiment ? Le verdict est attendu le 17 juillet 2026.

De l'accusation de complotisme !

Il est une ironie que la presse mainstream devra un jour assumer pleinement. Le mot "complot" est absent de la quasi-totalité des articles consacrés à l'affaire Athanor. Il n'apparait pas une seule fois dans l'article du magazine Society dont cet article s'est inspiré ! Pourtant, que sont ces faits jugés sinon une succession de complots méthodiquement organisés pour assassiner, agresser, terroriser et voler des citoyens ordinaires ? Des complots impliquant de surcroît des francs-maçons - cette fraternité dont l'existence même était hier encore renvoyée au rang de fantasme conspirationniste par ces mêmes rédactions. Pendant des années, quiconque évoquait l'influence des loges dans les sphères du pouvoir ou du crime organisé était immédiatement catalogué complotiste, discrédité, moqué. L'affaire Athanor documente pourtant noir sur blanc comment une loge maçonnique - la loge Athanor de Puteaux - a servi de vivier relationnel à deux hommes ayant constitué une officine de meurtres à gages. Pas dans un roman de Dan Brown. Devant la cour d'assises de Paris, à partir du 31 mars 2026.

Le vrai complotisme, visiblement, c'est parfois de croire que de telles choses sont impossibles.

source :  Le Libre Penseur

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