01/04/2026 investigaction.net  5min #309679

 Iran: Journal de Guerre #1

Iran: Journal de Guerre #10

La Rédaction

AFP

La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.

Le chef d'état-major israélien tire la sonnette d'alarme

Le chef d'état-major Eyal Zamir a prévenu le cabinet de Netanyahu que l'armée israélienne risque de "s'effondrer sur elle-même" si plusieurs décisions politiques ne sont pas prises rapidement. Il affirme avoir "agiter dix drapeaux rouges" pour alerter sur la gravité de la situation. De Netanyahu au ministre de la Défense, aucun membre du gouvernement n'a répondu à son avertissement.

Zamir affirme que "les réservistes ne tiendront pas". L'armée fait face à une pénurie de plusieurs milliers de soldats. Le fardeau opérationnel est extrême avec la multiplication des fronts pour l'armée israélienne : Liban, Syrie, Iran, Gaza, Cisjordanie.

Zamir alerte par ailleurs sur l'augmentation des violences des colons extrémistes. L'armée a dû déployer un bataillon supplémentaire, et un autre pourrait être nécessaire. Plusieurs incidents violents sont rapportés : agressions, attaques nocturnes, installation de nouveaux avant-postes...

Vance chargé de faire la paix avec l'Iran

Le vice-président JD Vance est chargé par le président Trump de diriger les efforts diplomatiques américains visant à mettre fin à la guerre avec l'Iran. Il devient potentiellement le principal négociateur américain dans d'éventuels pourparlers de paix, indique  un article d'Axios.

Son scepticisme initial sur les prévisions israéliennes concernant la guerre le rend, selon certains responsables, plus crédible aux yeux des Iraniens. L'entourage de Vance pense que certains acteurs israéliens tentent de le discréditer, le jugeant trop peu belliciste.

Avant la guerre, Vance était l'une des voix les plus sceptiques sur la durée du conflit, ses objectifs ou encore l'impact sur les stocks de munitions américains. Une fois la guerre lancée, Vance avait tout de même plaidé pour une force écrasante afin d'obtenir une victoire rapide. Il semble toutefois avoir été rattrapé par la réalité.

Il ne faut pas s'y tromper. Vance est un soutien Israël. Mais il s'inquiète d'un écart croissant entre objectifs américains et israéliens. Reste à voir s'il se montrera plus compétent que Witkoff en matière de négociations...


(AFP)

Le Pentagone envisage de rediriger une partie de l'aide militaire destinée à l'Ukraine vers le Moyen-Orient

La guerre menée par les États-Unis contre l'Iran épuise rapidement des stocks critiques de munitions. Washington examine la possibilité de détourner certains équipements initialement prévus pour Kiev, explique un article du Washington Post.

Les systèmes concernés : surtout des intercepteurs de défense aérienne. Missiles Patriot, THAAD et autres intercepteurs très demandés. Ces armes sont achetées via le programme otanien PURL (Prioritized Ukraine Requirements List). Un programme financé par les Européens pour garantir l'accès de l'Ukraine à des équipements américains malgré la réduction de l'aide directe US.

Les Européens craignent que leurs propres commandes soient retardées et que les livraisons à l'Ukraine soient perturbées.

Le Pentagone a informé le Congrès qu'environ 750 millions de dollars de fonds européens destinés à l'Ukraine via le PURL seraient utilisés pour reconstituer les stocks américains, et non pour fournir de nouvelles armes à Kiev.

Autrement dit, les Européens sont floués sur toute la ligne. La guerre en Ukraine a été poussée par Washington, contre leurs intérêts. Alors que les États-Unis se retirent, l'Europe continue à fournir des efforts financiers pour soutenir Kiev en achetant des armes... américaines ! Et voilà que Trump détourne cet argent pour sa guerre contre l'Iran. À ce stade, ce n'est même plus de la vassalisation.


(AFP)

"Une information déséquilibrée" : des journalistes interpellent les médias

Des journalistes pigistes et indépendants montent au créneau. Dans  une tribune, ils dénoncent une couverture médiatique jugée "défaillante" de la guerre au Moyen-Orient, marquée selon eux par des angles partiels, un manque de pluralisme et une reprise trop peu critique de certains récits officiels. Ils pointent aussi des choix éditoriaux discutables, avec des intervenants jugés peu qualifiés et des déséquilibres dans l'accès à la parole. Autre grief : un traitement sémantique qui orienterait la perception du public et déshumaniserait certaines victimes. Les signataires appellent leurs confrères à revenir aux fondamentaux du métier : rigueur, indépendance et vérification, afin de garantir une information complète, honnête et équilibrée.

Le patron de BlackRock craint une récession mondiale

La flambée des prix du pétrole s'est confirmée après le déclenchement du conflit en Iran. Parti d'environ 70 dollars fin février, le baril a rapidement dépassé les 110 dollars, porté par les craintes de perturbations dans le détroit d'Ormuz. Depuis, les cours restent très volatils, oscillant autour de 100 dollars au gré des tensions militaires. Les marchés redoutent désormais une nouvelle escalade. Le patron de BlackRock, premier gestionnaire d'actifs mondial, a ainsi averti sur la BBC qu'un baril à 150 dollars pourrait "déclencher une récession mondiale". Un seuil qui, sans être atteint, reste dans tous les esprits.

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