
par Pr Djamel Labidi
Le deuxième pilote américain du F-15 a été retrouvé et secouru. Les médias mainstream exultent. Superlatifs : "exploit historique", "opération audacieuse", "symboliquement très fort". Ils en font manifestement trop comme s'ils voulaient se faire pardonner d'avoir douté de l'Amérique. Mais, à y réfléchir.
5 avril. 15h
Inénarrable, comme tout ce qui vient désormais du président Trump. Lui, et ses partisans, essaient de transformer un revers en victoire. Il n'en reste pas moins qu'un F-15 et d'autres avions ont été abattus. Les faits sont les faits, et des pilotes secourus n'y changent rien. De quoi désormais réfléchir deux fois avant de s'attaquer du ciel, sans risques, avec beaucoup de courage, à l'Iran Cela change tout pour les états-majors américains et israéliens comme pour le moral des pilotes. On essaie de minimiser les faits en disant que ce n'est que quelques avions sur des milliers de frappe, donc un évènement marginal. Ils oublient simplement de préciser que tout cela s'est concentré sur deux jours. C'est tout à fait nouveau.
Tout ce tapage autour de cette opération de sauvetage, de cet "exploit historique", au dire de Tromp, est excessif. Cette joie américano-israélienne est visiblement exagérée.. Et lorsqu'on apprend que le pilote secouru est "griévement blessé", cette joie devient carrément indécente. Ne traduit-elle pas une peur, qui se dévoile ainsi, à l'égard des Iraniens ?
Que s'est-il passé réellement ? Les militaires américains disent que ce sont les forces spéciales envoyées qui ont détruit elles-mêmes les avions, dont l'image des carcasses calcinées a été largement diffusés par le monde. L'auraient-ils dit si les Iraniens n'avaient pas pris ces images et les avaient diffusées ? Les américains expliquent que "ces deux avions étaient tombés en panne" au cours de l'opération de sauvetage du pilote, et qu'ils les ont détruits pour ne pas les laisser à l'ennemi. Un avion en panne, cela peut être une coïncidence, mais deux ça fait beaucoup.
On a d'abord dit que "le pilote était sain et sauf". Puis Trump annonce lui-même qu'il a été "grièvement blessé". Beaucoup de questions se posent alors. Comment a-t-il pu se déplacer, se cacher à l'ennemi comme la version héroïque le raconte ? Ou alors, c'est qu'il l'a été après, lors de l'intervention des forces américaines.
Signe des temps, on doute désormais de tout ce qui vient d'Israël ou des États Unis sur l'information de guerre. Il était un temps où elles étaient crédibles. C'est peut-être parce que le vainqueur dit la vérité puisqu'elle le sert. C'est donc que ce n'est plus le cas. On observe une censure draconienne de l'information militaire en provenance de l'armée américaine, et surtout d'Israël, particulièrement concernant ses pertes civiles et militaires. Le monde change.