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« Les Américains et les Israéliens veulent que nous attaquions l'Iran. Ce n'est pas notre guerre. Nous ne mourrons pas pour eux. » (Khaledian, 2026)
Malgré les contacts initiaux entre plusieurs dirigeants kurdes et Washington, entre décembre 2025 et janvier 2026, les groupes kurdes ont finalement décidé de rester en dehors du conflit armé contre la République islamique. Bien qu'il y ait eu une coordination préliminaire avec les États-Unis et Israël, et même la livraison d'armes par la CIA, la participation kurde ne s'est jamais concrétisée. Les raisons principales étaient internes, stratégiques et liées à la survie.
En premier lieu, une profonde division est apparue entre la haute hiérarchie et la base combattante. Plusieurs capitaines et chefs d'unité kurdes ont filtré des informations révélant que leurs dirigeants négociaient avec l'administration Trump et avec le gouvernement israélien de Netanyahu. Cependant, la majorité des commandants intermédiaires et des troupes refusaient de mourir dans une guerre qu'ils percevaient comme étrangère, un conflit essentiellement motivé par les intérêts de Washington et de Tel-Aviv. Ils n'étaient pas prêts à devenir de « la chair à canon » pour renverser le régime iranien sans garanties claires que, une fois l'objectif atteint, les aspirations kurdes à l'autonomie ou à l'autodétermination seraient respectées. Cette fracture entre l'élite politique-militaire et les combattants de terrain a paralysé toute opération conjointe.
Ce manque d'unité interne a contraint la Coalition (formée récemment par plusieurs partis kurdes) à adopter une position de neutralité pragmatique. Malgré l'armement initial fourni par Israël et les États-Unis, les dirigeants kurdes ont compris qu'ils ne disposaient pas du soutien suffisant de leurs propres rangs pour lancer une offensive. Forcer leur participation aurait créé un risque réel de fracture interne ou même de soulèvements, ce que aucun commandement ne pouvait se permettre dans un contexte déjà volatile.
En second lieu, la crainte de représailles dévastatrices de la part de l'Iran, et potentiellement de la Turquie, pesait lourdement. Les Kurdes, historiquement divisés entre quatre pays (Iran, Irak, Turquie et Syrie), connaissent mieux que quiconque le prix à payer pour défier des puissances régionales sans soutien solide. Conscient de ce risque, l'Iran a lancé des attaques ciblées contre des positions kurdes dans le nord de l'Irak, précisément pour dissuader toute implication. Ces bombardements ont servi de message clair: toute tentative d'ouvrir un front kurde depuis le territoire irakien serait réprimée avec force. La menace d'une escalade plus grande, pouvant également impliquer Ankara (historiquement hostile à tout renforcement kurde), a renforcé la prudence.
« Nous n'attaquerons pas l'Iran, ni ne défendrons le régime actuel. Nous avons choisi une troisième voie... notre cause est différente. » (Haftan, 2026)
Enfin, le calcul stratégique des dirigeants kurdes de haut niveau les a conduits à écarter toute opération offensive. La première et la deuxième livraison d'armes par Israël et les États-Unis sont restées inutilisées sur le front iranien. Ce fait a suscité la controverse, car le propre président Trump a déclaré que les Kurdes avaient gardé les armes envoyées par son gouvernement, ce qui reflète la frustration américaine face à l'échec du plan.