
Par Larry C. Johnson, le 17 mai 2026
Il m'a semblé utile de mettre en avant les reportages et les analyses du New York Times, du Washington Post et de Politico concernant le voyage du président Donald Trump en Chine. Je les ai lus pour vous éviter d'avoir à le faire. Les trois publications sont parvenues à la même conclusion, leurs différences portant principalement sur le ton et les priorités : La Chine a atteint ses principaux objectifs - une reconnaissance d'égalité, une incertitude sur Taïwan, aucune concession économique structurelle et un sommet à l'ambiance amicale - tandis que les États-Unis ont eu droit à un accueil fastueux, à des promesses chinoises invérifiables sur l'Iran et les armes nucléaires, et sont repartis sans aucune des avancées concrètes espérées par la Maison Blanche. Comme l'a résumé un analyste cité par plusieurs médias :
"Le sommet a peu de chances de modifier la nature et le cours des relations entre les États-Unis et la Chine à long terme. L'objectif est de gérer la stabilité, pas de résoudre les problèmes en suspens".
New York Times
L'analyse du Times repose sur une thèse centrale unique et convaincante : Xi Jingping s'est présenté comme un dirigeant sûr de lui et maîtrisant son sujet, tandis que Trump est arrivé en position de faiblesse.
Le Times écrit que
"M. Xi est arrivé avec un discours minutieusement préparé, ne laissant aucun doute sur le fait que, malgré tous les problèmes de la Chine - déflation, déclin démographique, éclatement de la bulle immobilière -, l'heure était venue pour la Chine d'agir en tant que superpuissance à part entière".
Le journal a observé qu'à chaque instant, Trump semblait être sur la défensive.
Le Times a également révélé l'information la plus compromettante de la visite : il rapporte que des entreprises chinoises négocient des ventes d'armes clandestines à l'Iran, acheminant les armes via des pays tiers, notamment en Afrique, pour dissimuler leur origine - une information publiée le jour même où Trump était accueilli par une salve de 21 coups de canon au Palais de l'Assemblée populaire.
Quant aux résultats du sommet, le Times se montre cinglant. Son analyse indique que Xi "n'a fait que peu de concessions" à Trump et que les discussions
"n'ont débouché sur aucune avancée notable concernant les profondes divergences en matière de politique étrangère et d'économie entre les deux pays, et sans la conclusion des accords commerciaux majeurs que la Maison Blanche espère toujours obtenir lors des sommets internationaux".
Le journal a également relaté le geste extraordinaire et révélateur de Trump après le sommet, lorsqu'il s'est senti obligé de publier un message sur Truth Social pour défendre Xi - après que le dirigeant chinois a laissé entendre que les États-Unis sont une nation en déclin en mettant en garde contre le piège de Thucydide. Trump a publié :
"Lorsque le président Xi a très élégamment laissé entendre que les États-Unis pourraient être une nation en déclin, il faisait référence aux terribles ravages subis pendant les quatre années de Joe Biden l'Endormi"
- appuyant ainsi la description du déclin américain faite par le président chinois.
Washington Post
L'analyse du Post était peut-être la plus significative sur le plan structurel des trois, car elle a publié deux articles majeurs distincts qui, combinés, ont brossé un tableau accablant de l'évènement - l'un sur le sommet lui-même, et l'autre sur le contexte du renseignement qui l'a entouré.
À propos du sommet : le titre choisi par le Post est précis et accablant :
"Le sommet de Pékin répond à l'objectif chinois : être sur un pied d'égalité avec les États-Unis".
Le journal a fait valoir que l'image de superpuissances équivalentes affichée lors de la visite de Trump reflète une dynamique que, selon les analystes, les Chinois recherchent depuis longtemps et à laquelle les Américains ont longtemps résisté. Trump lui-même a vendu la mèche en inventant l'expression "G-2" pour décrire la relation bilatérale - un cadre que la Chine poursuit depuis des décennies et que les États-Unis ont toujours rejeté, car il implique une gestion à parts égales des affaires mondiales qui exclut les alliés des États-Unis.
Le Post a noté que Xi "vante une nouvelle ère pour la stabilité des relations sino-américaines" tandis que Trump a qualifié le voyage d'"incroyable" - mais fait remarquer que si le spectacle a été grandiose, les accords concrets ont fait défaut.
La bombe des services du renseignement : dans un autre article, le Post a publié une évaluation confidentielle des services du renseignement américains montrant que la Chine exploite la guerre en Iran pour maximiser son avantage sur les États-Unis dans les domaines militaire, économique, diplomatique et d'autres domaines - un article publié au moment même où le cortège de Trump arrivait au Palais de l'Assemblée du Peuple. Le Pentagone a qualifié ces allégations de "fondamentalement fausses".
Le Post a également souligné ce que les analystes ont qualifié de problème majeur à long terme qui n'a pratiquement pas retenu l'attention : Trump a semblé faire preuve de souplesse concernant la vente d'armes de 14 milliards de dollars à Taïwan, déclarant ne pas l'avoir "encore approuvée" et n'éprouvant aucune envie de "parcourir 15 000 kilomètres pour mener une guerre", tandis que l'avertissement de Xi concernant Taïwan a entièrement dominé le compte-rendu chinois. Le ministère des Affaires étrangères de Taïwan a remercié les États-Unis pour les assurances données par Rubio selon lesquelles rien ne changerait, mais l'ambiguïté introduite par Trump constitue en soi une victoire pour la Chine.
Politico
La couverture de Politico est plus difficile à résumer en un seul article analytique, mais ses reportages et ses résumés Playbook se sont concentrés sur trois thèmes qui, ensemble, brossent le tableau d'un sommet stratégiquement déroutant pour les États-Unis.
Premièrement, sur l'Iran : Politico a noté que Trump est venu à Pékin dans l'espoir de convaincre Xi d'user son influence pour amener Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz, et que Trump a déclaré que Xi a promis de ne pas fournir d'équipement militaire à l'Iran et a proposé d'aider à résoudre le conflit - mais le communiqué officiel chinois ne mentionne rien de tout cela, et le ministère chinois des Affaires étrangères a éludé les questions à ce sujet, ne permettant pas de vérifier cet engagement présumé.
Deuxièmement, sur le commerce : le reportage de Politico a mis en évidence le schéma désormais habituel des sommets Trump-Xi - la Chine propose des concessions symboliques (avions Boeing, soja) qui font la une des journaux pour Trump aux États-Unis, sans pour autant faire de concessions structurelles sur le modèle économique, le pillage de la propriété intellectuelle, les subventions d'État ou le transfert de technologie, qui constituent les véritables préoccupations des États-Unis. Trump a affirmé que la Chine a accepté d'acheter 200 avions Boeing, mais n'a présenté aucun accord signé ni fourni de détails avérés. Le représentant américain au commerce, M. Greer, a déclaré que les États-Unis s'attendent à des milliards de dollars d'achats dans le secteur agricole - mais là encore, aucun engagement formel n'a été pris.
Troisièmement, sur l'équilibre stratégique : les analystes de Politico ont souligné que les questions restées totalement ignorées constituent l'indicateur le plus révélateur de l'issue de ce sommet. Rien n'indique que Trump ait exercé une pression significative sur Pékin concernant le cyberespionnage, le vol de propriété intellectuelle, les subventions d'État, la sous-évaluation du renminbi ou les précurseurs du fentanyl. Les vieux démons de la Chine - droits de l'homme, Hong Kong, Ouïghours, Tibet, aide militaire à la Russie, soutien à la Corée du Nord - ont été complètement ignorés.
Le président Xi a anéanti les espoirs de Donald Trump de voir la Chine faire pression sur l'Iran pour mettre fin à la guerre d'une manière qui profiterait à Trump. Xi a dit non. Je soupçonne Xi de ne pas avoir informé Trump du travail que la Chine et la Russie mènent en collaboration - avec l'aide du Pakistan - pour établir une nouvelle structure de sécurité dans la région qui sera dirigée par la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Iran. On m'a rapporté que l'objectif est de créer l'équivalent d'une OTAN pour les pays d'Asie occidentale.
La semaine prochaine nous dira si la Russie et la Chine font des progrès significatifs vers cet objectif, si l'Arabie saoudite et le Qatar refusent de laisser les États-Unis mener des opérations militaires depuis leur territoire contre l'Iran.
Traduit par Spirit of Free Speech
Mario Nawfal m'a invité à la dernière minute samedi pour discuter d'une mystérieuse et gigantesque explosion juste à l'ouest de Jérusalem. Je pense à un accident, un accident énorme, mais d'autres théories circulent :
youtube-nocookie.comNima m'a demandé d'évoquer ce personnage, Jiang Xueqin, qui a soudainement fait son apparition dans plusieurs podcasts très en vue, notamment ceux de Nima, de Glenn Diesen et de Danny Haiphong. Quelque chose cloche chez ce type :
youtube-nocookie.comEnfin, voici ma dernière analyse pour Counter Currents :
youtube-nocookie.comSon of the New American Revolution
What the US Media is Saying About Trump's Trip to China
I thought it would be useful to highlight the reporting and analysis of the New York Times, the Washington Post and Politico regarding President Donald Trump's trip to China. I read it so you don't have to. All three publications converged on the same bottom line, differing mainly in tone and emphasis...