
Par Abdul Rahman, le 23 mai 2026
Pékin qualifie cette mesure de pression illégale sur Cuba.
La Chine a dénoncé les nouvelles menaces d'agression militaire contre Cuba proférées par l'administration de Donald Trump dans le contexte de l'inculpation par le ministère américain de la Justice de son ancien président Raúl Castro.
Qualifiant l'inculpation d'"abus des moyens judiciaires pour exercer une pression sur Cuba", le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a remis en cause, lors d'une conférence de presse régulière le jeudi 21 mai, la légitimité d'une telle procédure au regard du droit international.
L'un des leaders de la Révolution cubaine, général de l'armée et ancien président de la nation, Raúl Castro (94 ans), a été inculpé mercredi par le ministère américain de la Justice pour "complot et meurtre" pour la destruction de deux avions privés dans l'espace aérien cubain en 1996. Castro était alors ministre des Forces armées du pays.
Cuba a toujours soutenu que les deux avions en question volaient illégalement dans l'espace aérien du pays et que leur présence mettait en danger la défense nationale. Les avions, appartenant à une "organisation terroriste", n'ont été abattus qu'après avoir ignoré plusieurs avertissements, et il s'agissait d'un acte de légitime défense en vertu du droit de Cuba à l'intégrité territoriale.
L'administration Trump a exigé que Castro se rende et soit jugé aux États-Unis. Cuba a qualifié l'acte d'accusation de prétexte pour lancer une agression militaire contre le pays et de prolongement du blocus économique qui dure depuis des décennies.
La Chine a réaffirmé que "les sanctions unilatérales ou les procédures judiciaires n'ont aucune validité en politique internationale".
Elle a affirmé s'être toujours fermement opposée aux
"sanctions unilatérales sans le moindre fondement en droit international ni aucune autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU" et a demandé aux États-Unis de "cesser de brandir des sanctions ou des procédures judiciaires contre Cuba et de cesser de recourir à la menace de la force à la moindre occasion."La Chine soutient fermement Cuba dans la lutte pour sa souveraineté et de sa dignité nationale et dans son opposition à toute ingérence extérieure", a souligné Guo.
La Chine a toujours soutenu Cuba. Depuis janvier de cette année, elle a envoyé plus de 60 000 tonnes de riz et fourni plus de 80 millions de dollars d'aide d'urgence. Elle a également installé des centaines de mégawatts de panneaux solaires à travers l'île pour pallier les coupures régulières d'électricité causées par le blocus américain sur les approvisionnements énergétiques du pays.
Solidarité de l'Asie du Sud
Les mouvements sociaux et politiques d'Asie du Sud ont exprimé leur solidarité et leur soutien à Cuba et à son peuple, confrontés à des attaques sans précédent de la part de la puissance impérialiste.
Le Parti communiste indien (marxiste) a publié une déclaration vendredi intitulée
"Cuba n'est pas seule", condamnant "l'inculpation choquante et illégale du leader historique de la Révolution cubaine", Raúl Castro."Il s'agit d'une manœuvre politique cynique, dépourvue de tout fondement juridique, qui découle clairement de l'incapacité de l'impérialisme à briser la volonté du peuple cubain qui, malgré les souffrances immenses causées par la récente intensification du blocus économique, s'est mobilisé pour défendre sa Révolution", indique la déclaration.
Le CPI (M) a appelé à une plus grande mobilisation populaire contre les agressions répétées des États-Unis contre Cuba.
Le Mazdoor Kisan Party (MKP) du Pakistan voisin a également publié une déclaration exprimant son soutien ferme et sa solidarité avec Cuba.
"Personne au monde ne croit aux affirmations ridicules de ces soi-disant 'gardiens du monde libre'", a déclaré le MKP.
Le MKP a affirmé que le blocus américain contre Cuba
"n'a rien à voir avec la démocratie, la liberté du peuple cubain ou la protection des citoyens américains. Il n'a qu'un seul but : étouffer la Révolution cubaine et réimposer la domination coloniale américaine sur Cuba, tout comme ils tentent de le faire au Venezuela".
Le MKP a rejeté l'inculpation de Raúl Castro, "l'un des artisans de la Révolution cubaine et un défenseur inébranlable du socialisme", la qualifiant d'une nouvelle tentative des États-Unis d'exercer une pression impérialiste sur Cuba pour la faire capituler.
La déclaration du MKP affirme que le parti estime que la cause cubaine repose sur la vérité et la justice, et que son seul "crime" est de préserver une ligne d'action indépendante et protéger le peuple cubain, son territoire et ses ressources "de l'exploitation impérialiste américaine et de la domination coloniale".
Ammar Ali Jan, dirigeant du Parti Haqooq-e-Khalq (HKP) a rappelé au gouvernement pakistanais l'intervention cruciale des médecins cubains lors du tremblement de terre dévastateur de 2000 sous la direction de Raúl et a exigé qu'il se range aux côtés de Cuba, qui fait aujourd'hui face aux assauts de l'impérialisme américain.
Sharif Shamshir, militant du Parti des travailleurs du Bangladesh (WPB), a affirmé que la soi-disant mise en accusation de Raúl Castro constitue une nouvelle attaque contre la Révolution cubaine, prouvant que l'administration Trump ne croit en aucune loi ni code de conduite en matière de politique internationale.
Il a affirmé que les États-Unis se laissent guider par la loi de la jungle en menaçant d'enlever Castro, comme ils l'ont fait avec Nicolás Maduro au Venezuela.
Il a appelé l'ensemble des forces démocratiques dans le monde à soutenir Cuba et protester contre l'agression impérialiste, sans quoi cela deviendrait une "norme" pour la plupart des pays du Sud.
Traduit par Spirit of Free Speech
Savage Minds
China Condemns US Indictment of Raúl Castro
China denounced fresh threats of military aggression against Cuba issued by the Donald Trump administration in the context of the US Department of Justice's indictment of its former president Ra...