27/05/2026 ssofidelis.substack.com  5min #315240

« Nous ne le permettrons pas » - Itamar Ben Gvir déclare « refuser » qu'Israël laisse Trump signer un accord de paix avec l'Iran

La paix au Moyen-Orient se heurte toujours au même mur : Israël.

Par  Yoann pour le Média en 4-4-2, le 27 mai 2026

Le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a lancé un avertissement sans la moindre ambiguïté : l'État d'Israël ne tolérera en aucune circonstance un accord avec l'Iran qu'il jugerait défavorable à ses intérêts vitaux. Devant les caméras, lors d'une conférence de presse largement médiatisée, il a déclaré avec une fermeté calculée :

"Un accord préjudiciable à Israël mettrait en danger des vies humaines. Je sais que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l'ensemble du cabinet ne permettront pas que cela arrive".

Ces propos surviennent à un moment crucial, où Washington et Téhéran sont sur le point de sceller un mémorandum d'entente incluant notamment la réouverture stratégique du détroit d'Ormuz, ainsi que des mesures destinées à limiter - mais non à démanteler - le programme nucléaire iranien.

L'obstruction comme politique d'État systématique

Itamar Ben Gvir, figure emblématique de l'extrême droite sioniste, positionne son pays comme un rempart infranchissable contre toute initiative diplomatique américaine ne satisfaisant pas ses exigences sécuritaires maximales et non négociables. Selon sa logique implacable, un accord représente une menace existentielle pour les Israéliens et ne saurait donc être toléré, même s'il émane d'un allié aussi proche que les États-Unis.

Des décennies de sabotage diplomatique méthodique

Cette déclaration n'est pas un simple coup d'éclat, mais s'inscrit dans une stratégie de longue date. Depuis des décennies, les gouvernements israéliens successifs - ceux de Benyamin Netanyahu en tête ou incluant des ministres d'extrême droite comme Itamar Ben Gvir - ont constamment et méthodiquement œuvré pour saper ou bloquer les accords de paix ou les négociations diplomatiques jugés insuffisamment favorables à leurs intérêts stratégiques.

À lire aussi :  Giorgia Meloni dénonce Ben Gvir après le traitement infligé à des Italiens : "C'est inadmissible... l'Italie exige des excuses !"

Guerre secrète et colonisation effrénée : les deux piliers de la doctrine israélienne

Sur le dossier iranien, Israël a toujours rejeté avec mépris les approches multilatérales. En 2015, Benyamin Netanyahu s'est ouvertement opposé à l'accord JCPOA conclu sous Obama, allant jusqu'à prononcer un discours historique devant le Congrès américain pour tenter de le torpiller. Israël a également orchestré des opérations clandestines comme le virus Stuxnet ou les assassinats ciblés de scientifiques iraniens, des actions qui ont directement entravé les efforts internationaux de désescalade.

Sur la question palestinienne, le schéma est identique. Pendant les négociations d'Oslo dans les années 90, la poursuite effrénée de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est a été maintenue, rendant illusoire la création d'un État palestinien viable. Itamar Ben Gvir, militant acharné contre les accords d'Oslo, continue aujourd'hui à promouvoir des projets de révocation partielle de ces accords pour permettre une extension massive des implantations. Les gouvernements israéliens ont régulièrement accéléré la construction de colonies pendant les phases de pourparlers, transformant les faits accomplis territoriaux en arme redoutable contre toute concession. L'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995 par un extrémiste opposé au processus de paix illustre la violence interne que suscite toute avancée diplomatique réelle.

Normalisation sélective et cynique

Même les accords de normalisation avec des pays arabes - les accords d'Abraham - ont été privilégiés de manière cynique au détriment d'un règlement global avec les Palestiniens. Ces accords, qui contournent délibérément la question palestinienne, renforcent l'isolement politique et économique des Palestiniens, tout en permettant à Israël de consolider son emprise régionale sans concessions majeures.

Le refus comme dogme immuable

La ligne officielle israélienne invoque toujours des impératifs de sécurité existentielle. Un Iran doté d'armes nucléaires ou un État palestinien souverain seraient, selon Israël, des menaces inacceptables. Cette posture perpétue un statu quo de domination militaire et territoriale. En exerçant une influence politique et médiatique puissante aux États-Unis via le lobby pro-israélien, en menant des opérations clandestines et en maintenant une colonisation continue, Israël s'assure que toute négociation aboutisse soit à un échec, soit à un accord vidé de sa substance.

À lire aussi :  Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale : "Cracher sur les chrétiens est une coutume juive"

La paix est-elle possible avec Israël ?

La déclaration de Itamar Ben Gvir révèle la continuité d'une doctrine implacable : rejeter tout compromis perçu comme une faiblesse. Tant que cette approche prévaudra, tout accord de paix - qu'il concerne l'Iran, la Palestine ou la région - restera fragile, voire impossible, car soumis au veto israélien. Dans un Moyen-Orient déjà ravagé par des décennies de conflits, cette stratégie du blocage systématique pose une question lancinante : la paix réelle est-elle compatible avec les priorités actuelles du gouvernement israélien ? La réponse, pour l'instant, semble être un non catégorique.

 lemediaen442.fr

 ssofidelis.substack.com