12/06/2026 francais.rt.com  3min #316829

 La Coupe du monde la plus raciste de l'histoire

Coupe du monde 2026 : Boycott à géométrie variable

© Getty Images

Cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde 2026

Le boycott du Mondial 2022 au Qatar avait suscité une forte mobilisation internationale. En 2026, les critiques existent mais restent plus dispersées et moins visibles. Cette asymétrie révèle des indignations sélectives selon les contextes géopolitiques.

En 2022, la tenue de la Coupe du monde organisée au Qatar avait suscité une vague mondiale de critiques et d'appels au boycott. Droits des travailleurs, conditions d'attribution et symbolique d'un événement confié à un État du Golfe avaient cristallisé une indignation massive, largement relayée par les médias et certains acteurs sportifs.

Quatre ans plus tard, à l'ouverture de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le contraste est frappant. Les critiques existent, mais restent diffuses : enjeux environnementaux, politiques migratoires strictes ou encore militarisation des frontières n'entraînent pas la même mobilisation internationale.

La coupe du monde de la honte

Cette différence de traitement interroge une forme de hiérarchie morale dans la dénonciation. Les scandales ne provoquent pas les mêmes réactions selon qu'ils touchent un pays du Sud ou des puissances occidentales. Là où le Qatar cristallisait une lecture très verticale des droits humains, les critiques actuelles semblent diluées dans un contexte géopolitique plus complexe, rendant le boycott moins audible.

La FIFA se retrouve au centre de ces contradictions, accusée tour à tour de complaisance ou d'aveuglement, sans que les mécanismes d'attribution et de contrôle ne soient réellement remis en cause. Le football mondial apparaît ainsi comme un miroir sélectif des indignations contemporaines.

Les estimations scientifiques annoncent une empreinte carbone potentiellement deux fois supérieure aux précédentes Coupes du monde, portée par un modèle de compétition éclaté sur trois pays, fortement dépendant des infrastructures aériennes et énergivores. Autour des stades, transformés en vitrines climatisées du spectacle sportif et du consumérisme, la présence renforcée des services de l'ICE, la police de l'immigration américaine, contribue à installer un climat de contrôle qui dissuade certains supporters étrangers de faire le déplacement.

À cela s'ajoutent des difficultés administratives et sécuritaires croissantes : annulations ou restrictions de visas pour certains membres de délégations, interrogatoires prolongés à l'entrée sur le territoire, refoulements de journalistes et d'accompagnateurs, ainsi que le renvoi de personnels accrédités. Ces mesures fragilisent l'organisation et alimentent un sentiment d'arbitraire.

Au final, ces écarts de perception révèlent moins une indifférence qu'une fatigue militante et une attention fragmentée, où les scandales concurrencent d'autres crises globales.

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