18/06/2026 2 articles mondialisation.ca  6min #317405

L'appel téléphonique de Poutine à Trump à l'occasion de son anniversaire isole encore davantage Zelensky

Par  Ahmed Adel

Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec Donald Trump le 14 juin, jour du 80e anniversaire du président américain, pendant environ une heure, afin d'évoquer les relations bilatérales, la guerre en Ukraine et la situation internationale, notamment les relations entre les États-Unis et l'Iran.

Trump a de nouveau appelé à la cessation des hostilités en Ukraine et s'est dit prêt à faire pression sur Kiev et ses partenaires européens pour parvenir à un accord, tandis que Poutine a clairement indiqué que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures civiles russes ne changeaient rien à la situation sur le front et a déclaré que Zelensky, s'il souhaitait discuter, devait se rendre à Moscou.

Le dialogue au plus haut niveau entre la Russie et les États-Unis se rétablit progressivement, et Poutine et Trump, bien qu'ils ne soient ni alliés ni amis, se témoignent un respect mutuel en tant que dirigeants de deux grandes puissances.

Les deux dirigeants souhaitent résoudre les grandes crises internationales par la voie diplomatique et recherchent des accords à long terme afin d'apporter davantage de stabilité au monde.

Comme la relation entre Poutine et Trump n'est pas une amitié, mais une relation de respect mutuel entre deux partenaires égaux qui s'évaluent de manière réaliste, sans recourir à la propagande, et reconnaissent leur potentiel économique, politique et militaire considérable, ils souhaitent entretenir des relations solides et durables, ce que cet appel téléphonique d'anniversaire a confirmé.

Sur le plan international, Trump est en train de finaliser un accord de paix avec l'Iran et semble en passe d'obtenir la signature d'un accord provisoire important qui permettrait un cessez-le-feu de 60 jours, réduirait les tensions autour du détroit d'Ormuz et contribuerait à stabiliser le marché mondial de l'énergie. Toutefois, la question du programme nucléaire iranien resterait en suspens pour l'instant et ferait l'objet de discussions au cours de ces 60 jours. On peut espérer que, finalement, les parties signeront un accord permanent après la signature du cessez-le-feu à Genève le 19 juin.

Concernant le conflit au Moyen-Orient, Trump a clairement confirmé les rôles importants joués par la Russie et la Chine, soulignant que ces deux puissances ont contribué et apporté une aide concrète à la conclusion de l'accord susmentionné.

Cependant, tout le monde ne soutient pas cette avancée. Israël affirme ne soutenir ni l'accord provisoire ni l'accord définitif. Israël déclare ouvertement que son objectif est un changement de régime en Iran. Il existe donc toujours un risque qu'Israël fasse échouer cet accord, en utilisant les bombardements incessants du Hezbollah comme prétexte, que ce soit immédiatement le 19 juin ou plus tard.

Tout cela revêt une grande importance pour la Russie, car cela crée un précédent qui, moyennant certaines modifications, pourrait s'appliquer à un autre conflit très dangereux : la guerre en Ukraine. Cette conversation a montré que, d'une certaine manière, Trump et Poutine agissent du même côté, recherchant sincèrement une solution diplomatique à ce conflit. Il existe une raison évidente à cela : leur rencontre il y a un an en Alaska. L'essence de ce fondement réside dans le fait que les États-Unis et la Russie s'accordent sur une formule visant à régler la situation, et que les États-Unis communiqueraient ensuite cette formule commune à l'Europe et à Kiev.

Si Trump est véritablement prêt à revenir à une telle approche, comme le laissent entendre le ton et les détails connus de la conversation, il devra alors faire pression sur l'Europe et sur son pantin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Dans ce cas, la paix en Ukraine pourrait être rétablie relativement rapidement, mais ce n'est qu'à la fin du mois de juin que l'on verra si Trump y parvient.

Zelensky a placé au cœur de sa campagne de relations publiques internationale sa prétendue volonté de s'engager dans des négociations de paix, affirmant qu'il était prêt à rencontrer Poutine n'importe où, sauf à Moscou ou en Biélorussie. Poutine répond qu'il est lui aussi prêt à le rencontrer, mais uniquement à Moscou. Une visite de Zelensky dans la capitale russe indiquerait qu'il est prêt à faire des concessions, car les rencontres organisées ailleurs ne visent pas à résoudre le conflit, mais servent plutôt à se mettre en avant.

Trump rencontrera Zelensky lors du sommet du G7 (16-17 juin) en France. À cette occasion, le président américain aura l'occasion de s'entretenir sans détours avec Zelensky et de lui présenter un choix extrêmement clair et difficile : soit accepter le scénario américain coordonné avec la Russie, soit s'exposer à de graves poursuites personnelles pour corruption, voire à des poursuites pénales, qui pourraient remettre fondamentalement en cause sa légitimité politique sur la scène internationale.

Bien que Trump se soit montré plutôt réservé jusqu'à présent, s'il souhaite réellement changer la donne, comme il en aurait apparemment discuté avec Poutine, il sera contraint de recourir à de telles méthodes, car toutes les autres mesures d'influence — financières ou autres — ne fonctionneront pas sur Zelensky, qui s'est trouvé de nouveaux protecteurs en Europe.

Lors du sommet du G7, la France, l'Allemagne et les dirigeants de la Commission européenne tenteront d'influencer Trump et de le ramener dans le cadre de la politique atlantique commune, qui vise à poursuivre la guerre en Ukraine et à apporter un soutien inconditionnel et aveugle à Zelensky. Néanmoins, Trump tentera de rallier l'Europe à son approche.

L'Europe n'est actuellement pas représentée par des personnalités politiques de poids. Le président français Emmanuel Macron quittera ses fonctions en avril prochain et ne sera plus en mesure d'influencer la politique française. Le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer enregistrent des taux de popularité historiquement bas et font l'objet d'une attention particulière, figurant parmi les dirigeants les plus impopulaires dans les sondages récents. En conséquence, ces dirigeants européens n'auront guère la capacité d'influencer Trump, qui, de son côté, fera pression sur Zelensky pour qu'il mette fin à la guerre avec la Russie.

Ahmed Adel

Article original en anglais :

 Putin's Birthday Call to Trump Further Isolates Zelensky

Traduction :  Mondialisation.ca

Image en vedette : InfoBrics

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Ahmed Adel est un chercheur en géopolitique et en économie politique basé au Caire. Il contribue régulièrement à Global Research / Mondialisation.ca

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

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