06/07/2026 investigaction.net  15min #319260

 Iran: Journal de Guerre #1

Iran, Liban, Palestine: Journal de Guerre #18

La Rédaction

Un enfant palestinien tient une réplique du trophée lors d'une projection publique du match de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 entre le Maroc et le Canada à Hébron, en Cisjordanie (AFP)

La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, au Liban et en Palestine, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à ces guerres, des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre des pays souverains.

Ahmed Abu Amsha, le troubadour humanitaire

Ahmed Abu Amsha est un professeur de musique et guitariste palestinien de Gaza, devenu une figure symbolique de la résistance culturelle et de l'espoir par la musique au milieu de la guerre. Il est originaire de Beit Hanoun. Il est professeur de guitare et coordinateur régional au Conservatoire national de musique Edward Saïd.

Avant octobre 2023, il enseignait aussi à l'École internationale américaine de Gaza (AISG) et jouait dans un groupe de musique ; il vient  d'une famille de musiciens.

Père de cinq enfants, il a été déplacé à au moins  12 reprises depuis le début de la guerre en 2023, emportant à chaque fois ses instruments et cahiers de musique.

Au cœur de son action :  Gaza Birds Singing ("Les oiseaux de Gaza qui chantent"), un groupe musical composé d'enfants déplacés.

L'idée lui est venue dans un camp de déplacés (notamment à Al‑Mawasi, Khan Younis), où il a commencé  à apprendre aux enfants à chanter et jouer pour transformer "quelque chose d'horrible en quelque chose de beau". Le projet vise à offrir aux enfants un exutoire, des moments de joie et une forme de thérapie par le rythme et la chanson, tout en couvrant symboliquement le bruit des drones et des bombardements. Il espère développer une "école de musique mobile" circulant entre les camps et organiser, à terme, un grand concert avec tous ses élèves comme "déclaration que Gaza est toujours vivante".

Ahmed Abu Amsha transforme le son des drones israéliens en une chanson puissante en hommage à ceux qui ont été tués lors du génocide israélien. Il utilise la musique pour aider les enfants palestiniens déplacés et traumatisés à faire face à la guerre et à la dévastation.

Sa chaîne  YouTube et sa page  Web

La Fondation Hind Rajab exige une enquête criminelle contre Ben Gvir avant sa visite à Manhattan

La  Hind Rajab Foundation (HRF) et le  Center for Constitutional Rights (CCR) demandent à la procureure générale de New York, Letitia James, d'ouvrir une enquête pénale contre Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, lors de sa visite prévue à New York les 7-8 juillet 2026.

La lettre adressée à Letitia James affirme que Ben-Gvir a commis des actes relevant du Code pénal de l'État de New York, en raison de torts causés à des résidents de l'État. La lettre s'appuie sur 3 éléments incriminants :

Torture et abus commis par le Service pénitentiaire israélien sous l'autorité de Ben-Gvir. Les victimes sont un Palestinien-Américain soumis à la famine et à des méthodes de torture et dix participants aux flottilles internationales Sumud (2025-2026), détenus illégalement en eaux internationales et soumis à des abus.

Distribution d'armes aux colons en Cisjordanie occupée. Ces permis et armes sont fournis dans le cadre de politiques d'"apartheid" et de "dépossession violente".

Incitation directe au génocide. Les accusations d'incitation ayant conduit à des actions génocidaires dans le Service pénitentiaire israélien, à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Les organisations affirment que ces actes pourraient constituer au moins neuf infractions selon le droit pénal de New York.

D'autre part, La HRF et le CCR exhortent Letitia James d' identifier les résidents de New York ayant servi dans l'armée israélienne depuis octobre 2023,

La Fondation Hind Rajab soutient que Ben-Gvir est un architecte majeur de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide contre les Palestiniens, et que certains de ces torts ont directement touché des résidents de New York. Elle affirme que New York a désormais l'"obligation" de ne pas devenir un refuge pour les auteurs de crimes d'atrocité.

 Haaretz : Ben-Gvir annule une nouvelle fois sa visite aux États-Unis alors que des voix s'élèvent pour réclamer des poursuites contre le ministre d'extrême droite
Ben-Gvir devait diriger une délégation du ministère de la Sécurité nationale au Sommet des chefs de police des Nations unies de 2026. Selon certaines sources, bien qu'il ait initialement été prévu qu'il y participe, le ministère a décidé de ne pas envoyer de délégation

C'est le deuxième voyage aux États-Unis que Ben Gvir annule en un mois. Le mois dernier, Ben Gvir avait prévu des vacances privées en famille financées par un homme d'affaires israélien basé à Miami, mais elles ont été annulées après des difficultés à obtenir un visa auprès de l'ambassade des États-Unis.

Ben Gvir s'est rendu aux États-Unis l'été dernier, ce voyage a suscité des manifestations de la part de plusieurs groupes juifs, israéliens, progressistes et pro-palestiniens.

"En tant qu'Israéliens, nous descendons dans la rue pour faire passer un message clair : Ben-Gvir est un partisan du terrorisme condamné qui précipite toute la région dans l'enfer", a déclaré Tamar Glazerman, qui dirige le groupe antigouvernemental d'expatriés israéliens "Israelis for Peace".

T'ruah, l'organisation rabbinique de défense des droits de l'homme, a déclaré que "Ben-Gvir représente un danger pour les Palestiniens et les Israéliens. Les Juifs américains devraient traiter Ben-Gvir avec le mépris qu'il mérite."

Un collectif anonyme lance une vaste archive numérique consultable des crimes de guerre israéliens à Gaza

Un collectif anonyme opérant sous le nom d' Israel Exposed a lancé une vaste archive en ligne consultable dédiée à la documentation du génocide en cours à Gaza. Le référentiel numérique héberge plus de 64 500 vidéos et 17 900 photographies détaillant les atrocités israéliennes, systématiquement classées pour contourner la censure algorithmique généralisée des médias sociaux occidentaux.

Conçue par un réseau international de militants, cette plateforme s'appuie sur une architecture décentralisée afin de garantir la conservation permanente des preuves, malgré les fréquentes coupures de télécommunications imposées par Israël et les assassinats ciblés de professionnels. Depuis le début de la guerre à Gaza,  le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) a recensé la mort d'au moins 260 journalistes, travailleurs et travailleuses des médias locaux.

Cette plateforme en libre accès intègre notamment une base de données exhaustive sur les victimes, une cartographie interactive en temps réel et des données de vérification de géolocalisation précises permettant d'authentifier chaque fichier.

Élément crucial, ce référentiel répertorie des documents vérifiés provenant de plus de 300 journalistes de terrain, ainsi que des séquences compromettantes initialement mises en ligne sur les réseaux sociaux par les soldats israéliens eux-mêmes. Les militants à l'origine de cette initiative précisent que la base de données s'enrichit régulièrement, tandis que des centaines de bénévoles traitent des centaines de gigaoctets supplémentaires de données brutes afin de constituer des dossiers de preuves exhaustifs.

Les organisateurs soulignent que le projet est conçu pour assurer une responsabilité juridique à long terme, en fournissant une infrastructure publique destinée à soutenir les poursuites en cours pour crimes de guerre contre des membres du personnel israélien devant la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice.

Ce  site contient des images et des séquences susceptibles de heurter la sensibilité de certains publics. Certaines scènes présentent des situations de crimes de guerre à Gaza et en Cisjordanie, incluant des blessés, des morts et des actes de violence explicites. Nous vous recommandons de faire preuve de discernement avant de consulter ces documents, en particulier si vous êtes sensible à ce type d'images.

La Presbyterian Church et l'American Academy of Religion qualifient la guerre de Gaza de génocide

Deux institutions majeures du paysage religieux américain - la Presbyterian Church (USA) ( PCUSA), plus grande dénomination presbytérienne du pays, et l'American Academy of Religion ( AAR), principale association académique en études religieuses - ont adopté des résolutions qualifiant la guerre menée par Israël à Gaza de génocide.

La décision de la Presbyterian Church (USA) a été prise après un vote massif (454 pour et 15 contre) pour la reconnaissance de la guerre à Gaza comme un génocide.

Un appel à faire pression sur le Congrès pour un embargo sur les armes à destination d'Israël et un boycott des produits israéliens liés à l'effort de guerre ont appuyé ce vote.

L'institution a décidé de  se désengager financièrement de deux entreprises américaines. D'une part, Palantir Technologies (IA  utilisée par l'armée israélienne pour établir des "listes de victimes") et d'autre part, de General Electric Aerospace (moteurs et composants utilisés dans les frappes meurtrières à Gaza).

L'American Academy of Religion a adopté la Résolution à 98 % de ses membres. La guerre a été qualifiée de "scolastide", terme désignant un effort intentionnel de destruction systémique du système éducatif palestinien.

L'Église presbytérienne (U.S.A.) compte  plus d'un million de membres actifs.

Prada nomme le chanteur palestinien Saint Levant comme nouvel ambassadeur de la marque

Prada, une des maisons de luxe italiennes les plus prestigieuses au monde, a  nommé le chanteur palestinien Saint Levant comme ambassadeur mondial lors du défilé printemps‑été 2027 à Milan (24 juin 2026). Il devient le premier ambassadeur de Prada né en Palestine.

De son vrai nom Marwan Abdelhamid, Saint Levant est né à Jérusalem d'un père palestinien-serbe et d'une mère algérienne-française. L'artiste de 25 ans s'est fait connaître grâce à un mélange multilingue d'arabe, d'anglais et de français, avec une musique qui croise rap, R&B et influences musicales du Moyen-Orient.

Sa carrière explose en 2022 grâce à Very Few Friends , un morceau devenu viral sur TikTok et les plateformes de streaming. Depuis, les succès s'enchaînent avec les projets From Gaza, With Love, Deira et plus récemment  Love Letters, confirmant qu'il est bien plus qu'un phénomène des réseaux sociaux. En 2024, sa prestation au festival de Coachella lui ouvre définitivement les portes de la scène mondiale.

En 2023, il était déjà devenu le premier ambassadeur de Dior pour les parfums au Moyen-Orient, avant d'apparaître dans des campagnes et défilés Saint Laurent.

Sa Nomination a été largement saluée dans le monde arabe. Lors du défilé, Saint Levant portait un collier représentant la Palestine historique, visible dans les visuels officiels. Ce qui a provoqué la colère d'internautes israéliens et pro‑israéliens, appelant au boycott. Malgré cela, la publication Instagram de Prada a reçu près de 100 000 likes et de nombreux messages de soutien.

Quelques mois plus tôt, Prada avait nommé Bella Hadid comme première ambassadrice mondiale beauté.

Il est sans doute terminé, le temps où les artistes pro‑palestiniens étaient sanctionnés pour avoir exprimé ouvertement leur soutien...

Lors du défilé, Saint Levant  portait un collier représentant la Palestine historique

Un sondage révèle que deux tiers des personnes dans le monde ont désormais une opinion défavorable d'Israël

Un sondage international publié par le  Pew Research Center en juin a révélé un changement sans précédent dans l'opinion publique mondiale, avec deux tiers des personnes dans le monde qui considèrent désormais Israël de manière défavorable (67 % d'opinions défavorables, contre 25 % favorables).

Bien que la condamnation la plus forte vienne de pays à majorité musulmane tels que la Turquie et le Pakistan, l'effondrement total de la légitimité d'Israël a dépassé les frontières régionales pour devenir un phénomène mondial.

En Europe, la perception est largement négative en Italie, aux Pays-Bas et en Espagne, environ la moitié des sondés ou plus ont une opinion très défavorable.

Dans plusieurs pays occidentaux (Amérique du Nord, Europe), les jeunes sont nettement plus critiques envers Israël que les personnes âgées. En Hongrie, 72 % des 18-34 ans ont une opinion défavorable, contre 45 % des 50 ans et plus.

Au cours de l'année écoulée, les opinions défavorables ont fortement augmenté en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis, tandis que des pays comme l'Argentine sont passés d'une minorité pro-israélienne à une majorité critique en seulement douze mois (46 % → 55 %)

Pour l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Nigeria, la hausse des opinions très défavorables est à deux chiffres.

Notons que dans beaucoup de ces pays occidentaux, les gouvernements en place n'ont pas pris la pleine mesure de ces résultats et affichent un soutien à Israël en totale déconnexion avec l'opinion d'une majorité de leur concitoyens.

Ces résultats proviennent d'une enquête du Pew Research Center menée du 8 février au 13 mai 2026. La plupart des interviews ont eu lieu après que les États-Unis et Israël ont lancé une campagne militaire en Iran le 28 février.

L'entraîneur égyptien dédie la victoire historique contre l'Australie en huitièmes de finale de la Coupe du monde au peuple palestinien

Le sélectionneur de l'équipe nationale égyptienne de football, Hossam Hassan,  a dédié au peuple palestinien la victoire historique de son équipe aux tirs au but contre l'Australie, marquant ainsi la toute première qualification des Pharaons pour la phase à élimination directe de la Coupe du monde de la FIFA.

Après cette victoire 4-2 à Dallas, Hassan a célébré sur le terrain en brandissant un drapeau palestinien avant une conférence de presse chargée d'émotion.

"Mon cœur et mon âme sont avec eux", a déclaré Hassan aux journalistes, établissant un lien entre le succès de son équipe et le sort des Palestiniens. "Que Dieu ait pitié de leurs martyrs. Je dédie cette victoire au peuple égyptien et au peuple palestinien, ce peuple bon et noble."

Le geste de l'entraîneur revêtait une forte portée symbolique, car il coïncidait avec le 1 000e jour de l'offensive israélienne en cours contre la bande de Gaza.

ليست كل الانتصارات تُقاس بالنتائج... بعضها يُقاس بالمواقف.

شكراً للكابتن حسام حسن، الذي أثبت أن فلسطين لا تزال تسكن قلوب الشرفاء، وأن رايتها ستظل مرفوعة بأيدي الأحرار في كل مكان 🇵🇸🇪🇬  pic.twitter.com/JI0OAevESV

- Palestine Football Association (@Palestine_fa)  July 5, 2026

La Fédération palestinienne a publié un message de remerciement sur X : "Toutes les victoires ne se mesurent pas à l'aune des résultats... Certaines se mesurent à l'aune des gestes."

Il a ajouté : "Merci au capitaine Hossam Hassan, qui a prouvé que la Palestine occupe toujours une place dans le cœur des hommes d'honneur, et que son drapeau restera brandi par les hommes libres partout dans le monde."

Les habitants de Gaza ont  suivi le match au milieu des décombres

L'Espagne accueille davantage de réfugiés médicaux palestiniens

L'Espagne  a accueilli 100 Palestiniens, dont 20 enfants, ainsi que leurs familles afin qu'ils puissent recevoir des soins médicaux, a annoncé mardi le Premier ministre Pedro Sánchez, la sixième évacuation de ce type depuis Gaza.

L'Espagne a joué un rôle de premier plan en Europe en matière d'évacuations médicales depuis Gaza : elle a été le premier pays de la région à accueillir des enfants palestiniens blessés en juillet 2024, et figure parmi les plus fervents détracteurs d'Israël au sein de l'UE.

Les besoins restent largement supérieurs à la réponse apportée : selon l'OMS, plus de 18 500 personnes à Gaza, dont près de 4 000 enfants, ont encore besoin d'une évacuation d'urgence, le système de santé du territoire étant en ruines après les attaques systématiques menées par Israël.

L'Espagne  a accueilli lundi 100 Palestiniens, dont 20 enfants, ainsi que leurs familles afin qu'ils puissent recevoir des soins médicaux

Pedro Sánchez, Président du gouvernement espagnol, a déclaré : "Aucun être humain - et, bien sûr, aucun enfant - ne devrait avoir à endurer l'horreur vécue à Gaza.

Aujourd'hui, notre pays accueille 100 Palestiniens, dont 20 mineurs, ainsi que leurs familles, afin qu'ils puissent recevoir le traitement dont ils ont besoin.

Prendre soin d'eux est une obligation morale. Défendre leur droit à un retour dans un foyer en paix l'est aussi.

L'indifférence ne peut jamais être une option."

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