Un incendie d'une ampleur exceptionnelle ravage près de 3 000 hectares de végétation dans les Fagnes, à l'est de la Belgique. Face à la propagation des flammes, des évacuations ont été ordonnées tandis que les pompiers tentent de maîtriser plusieurs foyers, dans des conditions particulièrement difficiles marquées par des vents forts et des températures atteignant 37 °C.
La Belgique continuait ce dimanche 16 août de lutter contre l'un des pires incendies de forêt de son histoire. Le brasier ravage les Fagnes, une vaste réserve boisée très prisée des randonneurs et située à proximité de la frontière allemande.
Plus de 3 000 hectares ont déjà été ravagés par les flammes, alors que l'incendie restait toujours hors de contrôle et que les habitants avaient reçu, la veille, l'ordre d'évacuer les zones menacées.
Les autorités wallonnes ont indiqué, dans un communiqué publié le même jour : "Les conditions restent complexes. Malgré une faible intensité, les vents ont changé de direction à plusieurs reprises durant la nuit."
"On ne voit plus rien, il y a de la fumée partout", témoignait samedi David Rodolfs, restaurateur de 38 ans installé près de Waimes, dans l'est du pays. "Mes collègues ont vu le feu démarrer hier. Des cendres tombaient sur les tables, puis nous avons demandé à nos clients de partir. Pas de dessert", a-t-il raconté à l'AFP, qualifiant la situation d'"extrêmement triste".
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Le feu s'est déclaré vendredi en milieu de journée dans les Fagnes avant de se propager rapidement. Alors que 80 hectares avaient été ravagés vendredi, les autorités locales ont annoncé samedi que la superficie brûlée dépassait désormais les 2 700 hectares.
Selon les mêmes sources, la configuration particulièrement accidentée du terrain "rend l'intervention particulièrement complexe et ne permet pas aux services de secours d'attaquer partout le feu à très courte distance avec leurs moyens habituels".
Les premiers ordres d'évacuation ont été donnés vers 16 heures (14 heures GMT) dans deux villages. Un gymnase de la commune voisine de Malmedy a été mis à la disposition des habitants évacués.
"On est là pour leur donner de l'information et répondre aux besoins primaires, c'est-à-dire fournir de la nourriture, de l'eau et un espace pour se reposer, notamment aux personnes les plus vulnérables", a expliqué à l'AFP Romane Bouhaben, de la Croix-Rouge de Belgique, présente sur place.
Un journaliste de l'AFP, escorté dans la zone sinistrée, a pu constater l'ampleur des dégâts : une vaste étendue de végétation calcinée s'étendait sur plusieurs kilomètres, tandis qu'un épais nuage de fumée jaunâtre stagnait encore dans l'air.
L'incendie, qui n'était toujours pas maîtrisé, est considéré comme le plus important de l'histoire récente de la Belgique. Un autre brasier avait déjà ravagé la région en 1911.
Face à cette ampleur, la Belgique a activé le mécanisme européen de protection civile afin de réclamer des renforts humains et matériels à travers le continent.
Un hélicoptère des Pays-Bas est déjà en train de prêter main forte, tandis que deux autres devaient arriver sur place, ainsi que deux bombardiers d'eau en provenance de la Suède.

La commissaire européenne Hadja Lahbib, notamment chargée de l'état de préparation et de la gestion des crises a déploré le "bouleversement climatique" à l'œuvre sur le continent.
"Jamais la saison des incendies n'a commencé aussi tôt dans l'année et aussi haut géographiquement", a-t-elle martelé.
Des agriculteurs se sont également mobilisés pour venir en aide aux pompiers. Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a salué leur mobilisation, la qualifiant d'"impressionnante".
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un nouvel épisode de fortes chaleurs. Le mercure est monté jusqu'à 37 °C dans certaines parties du pays vendredi.
Alors que les mégafeux continuent de ravager le sud-ouest de la France, la colère monte à la fois chez les sapeurs-pompiers et au sein de la classe politique.
Cet incendie se situe à seulement quelques dizaines de kilomètres à vol d'oiseau d'un autre important brasier, dans l'ouest de l'Allemagne. Celui-ci a entraîné vendredi l'évacuation d'environ 1 800 personnes, alors que les flammes se rapprochaient dangereusement des premières habitations de la ville de Hürtgenwald.
