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Site nucléaire en Iran. [Image d'illustration]
Les États-Unis auraient proposé à Téhéran une suspension de 20 ans de l'enrichissement de son uranium. Selon des sources, citant des responsables proches des discussions tenues le 11 avril à Islamabad, l'Iran l'aurait refusée, mais aurait suggéré une pause limitée à cinq ans, creusant le désaccord.
Trois jours après les pourparlers échoués, les détails cruciaux se précisent. Selon des médias américains citant des responsables proches des négociations, les discussions du 11 avril entre l'Iran et les États-Unis à Islamabad ont buté sur une exigence centrale : une suspension de vingt ans du programme d'enrichissement d'uranium iranien.
Cette pause de deux décennies, proposée par Washington, s'accompagnerait d'un allègement progressif des sanctions économiques. L'objectif principal serait, selon la version officielle de la Maison Blanche, d'apaiser les inquiétudes concernant le développement nucléaire de l'Iran, susceptible de mener à la fabrication d'armes nucléaires.
Washington espère ainsi gagner du temps pour élaborer un nouvel accord international semblable à l'accord de Vienne de 2015, qui avait limité les activités nucléaires iraniennes. Cependant, cet accord avait échoué en 2018 lorsque Donald Trump a retiré son pays, relançant les hostilités et les incertitudes dans la région.
Pas plus que cinq ans
En réponse, Téhéran aurait proposé une suspension limitée à cinq ans. Des représentants iraniens ont fait savoir qu'ils étaient ouverts à des négociations, mais insistent sur le fait que toute discussion doit être fondée sur le respect mutuel et la reconnaissance des droits de leur pays. Pour l'Iran, toute remise en cause durable de son droit à enrichir de l'uranium reste inacceptable, les autorités affirmant poursuivre un programme strictement civil.
Dans ce contexte, d'autres acteurs tentent de peser sur l'issue des discussions. En février, la Russie s'est dite prête à accueillir sur son territoire de l'uranium enrichi iranien, une option qui pourrait constituer un compromis technique pour réduire les stocks sensibles. Mais cette proposition reste conditionnée à un accord politique global, encore loin d'être acquis.
Au-delà des chiffres et des durées, le différend porte sur la confiance mutuelle, aujourd'hui quasi inexistante. Tant que ces questions fondamentales ne seront pas résolues, toute perspective d'accord durable restera incertaine.