L'Iran a catégoriquement rejeté les allégations avancées par les Émirats arabes unis concernant le détroit d'Ormuz, les considérant comme politiques et dépourvues de tout fondement juridique.
Lors de la 113e session du Comité juridique de l'Organisation maritime internationale (OMI), Pouria Kolivand, représentant permanent adjoint de la République islamique d'Iran auprès de l'OMI, a déclaré que la proposition émiratie ignorait "l'agression non provoquée" des États-Unis et d'Israël contre la République islamique, cause principale de la situation actuelle.
"La situation actuelle dans la région, et en particulier dans le détroit d'Ormuz, est la conséquence directe de la guerre d'agression illégale menée par les États-Unis et le régime israélien contre la République islamique d'Iran", a-t-il déclaré, rappelant qu'il s'agit d'"une violation flagrante des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, notamment du principe d'interdiction du recours à la force".
Faisant référence à la notion d'agression en droit international, M. Kolivand a souligné que les États qui participent à des actes d'agression ou aplanissent le terrain à de tels actes, en assument une responsabilité internationale.
Les Émirats arabes unis viennent de proférer des déclarations infondées, accusant la RII d'avoir mis en danger le détroit d'Ormuz.
M. Kolivand insiste que les allégations des Émirats arabes unis ainsi que leur proposition manquent de toute considération juridique ou technique dans la mesure où le détroit d'Ormuz est resté ouvert tout au long de la guerre imposée par le duo israélo-américain et que le trafic maritime n'y a jamais été interrompu.
Le représentant de la RII auprès de l'OMI a par ailleurs indiqué que les navires non belligérants ont pu poursuivre leur navigation en toute sécurité, en coordination avec les autorités iraniennes et dans le respect des mesures de sécurité annoncées.
"La République islamique d'Iran a pris des mesures responsables pour maintenir la sécurité de la navigation et prévenir l'escalade des tensions, notamment en publiant des avis maritimes et en définissant des routes maritimes sûres", a‑t‑il ajouté.
Dans le même sens, M. Kolivand a rappelé que l'Iran n'est pas membre de la Convention des Nations unies sur le droit des mers de 1982, et que les régimes spéciaux qui y sont prévus ne lui engagent donc pas d'obligations contraignantes.
Les Émirats arabes unis ont proposé des restrictions à la navigation dans le détroit d'Ormuz, face au danger maritime qu'ils attribuent à la République islamique.
M. Kolivand a qualifié ces allégations d'hypothèses reposant sur des perceptions erronées, avertissant qu'imputer l'insécurité actuelle à l'Iran - alors que la cause principale de la tension actuelle réside dans l'agression militaire délibérée israélo-américaine - constitue une distorsion des réalités juridiques et des faits sur le terrain.
Il a également précisé que la responsabilité de toutes les conséquences de la situation actuelle incombe aux États agresseurs et aux pays qui leur ont fourni leurs infrastructures pour mener leurs opérations miliaires, ajoutant que ces États devraient indemniser intégralement les préjudices matériels et moraux de cette guerre.
Le représentant de la RII a en outre fermement condamné le blocus naval établi par les États-Unis dans le détroit d'Ormuz, le qualifiant de prolongement d'un comportement unilatéral, qui viole le droit international et met en danger la sécurité de la navigation ainsi que la vie des marins.
De même, Mehdi Mohajer, membre de la mission permanente de l'Iran auprès de l'OMI, a rappelé que, conformément à l'article 3 de la résolution 3314 de l'Assemblée générale des Nations unies, l'utilisation du territoire d'un État pour commettre des actes d'agression engage la responsabilité internationale de cet État.
Ceci dit, les frappes menées depuis ces territoires contre la République islamique d'Iran sont jugées purement agressives et pas défensives.
Par conséquent, a-t-il ajouté, de tels actes entraînent des effets et des conséquences juridiques clairs dans le cadre du droit international.
M. Mohajer a enfin fait savoir que la République islamique se réserve le droit de prendre des mesures appropriées dans le cadre du droit international. Il a également appelé les États membres de l'OMI à s'attaquer aux causes profondes de la situation actuelle dans la région du golfe Persique, en adoptant une approche fondée sur le droit international et en tenant compte des réalités existantes.
