
Par Al-Mayadeen
Le Hezbollah a les moyens de soutenir un conflit prolongé, en adaptant ses tactiques et en mettant en évidence les limites de la capacité d'"Israël" à obtenir un résultat décisif.
Le mouvement Hezbollah continue de représenter un défi militaire permanent pour les forces israéliennes, bien qu'il ait subi des pertes notables lors de la guerre de 2024 contre "Israël", rapporte le Financial Times.
Ce rapport contredit les déclarations antérieures de Benjamin Netanyahu, qui avait affirmé aux colons du nord de la Palestine occupée que le groupe avait été "écrasé" à la suite de la précédente vague de combats.
Plus d'un an plus tard, les opérations du Hezbollah ont repris le long de la frontière libanaise, alors que les attaques israéliennes se poursuivent contre le pays malgré un prétendu cessez-le-feu imposé par les États-Unis, qui, selon les responsables libanais et les observateurs internationaux, a été violé à de très nombreuses reprises par des frappes, des incursions et une activité aérienne soutenue de la part d'Israël.
Début mars, le Hezbollah a repris ses opérations de représailles en réponse aux violations persistantes du cessez-le-feu et à l'agression israélienne continue contre le Liban, qui plongent depuis longtemps la région dans un cycle ininterrompu d'hostilités concentrées dans le sud du Liban.
Les forces israéliennes opèrent actuellement au sein d'une soi-disant "zone de sécurité", une zone largement vidée de ses habitants par des bombardements et des destructions de grande ampleur.
Vidéo montrant une attaque à la roquette lancée le 5 mai contre un rassemblement de forces de l'armée israélienne à la périphérie de Jallat Ray, dans la ville frontalière de Deir Seryan, au sud du Liban.
Si le Liban a été le plus durement touché, avec des milliers de morts parmi les civils et des destructions massives, les forces israéliennes ont elles aussi été soumises à une pression constante.
Le Hezbollah a mené des attaques répétées contre les troupes israéliennes à l'aide de drones et de tirs indirects, conservant ainsi la capacité de frapper les colonies du nord de la palestine occupée et de perturber les opérations militaires.
Une grave erreur d'évaluation
Les responsables israéliens ont reconnu que la poursuite des opérations de la résistance contredisait les évaluations initiales sur le terrain.
"Il y a un décalage entre la façon dont nous avons conclu [la guerre de 2024]... ce que nous avions compris et pensé, et le fait que, soudainement, nous nous retrouvons encore face au Hezbollah", a déclaré Rafi Milo, chef du commandement nord de l'armée, dans des propos cités dans le rapport.
Milo a ajouté que les tirs transfrontaliers, notamment les roquettes et les drones, restaient une source de préoccupation constante, tout en soulignant que ces attaques n'étaient "pas très nombreuses, en tout cas comparées à la période précédant la guerre [de 2024]".
Selon le rapport, le Hezbollah a profité de la période qui a suivi le cessez-le-feu de 2024 pour se regrouper et adapter son approche militaire, en prévision de nouveaux affrontements.
Le groupe a réduit son recours aux communications électroniques, développé des voies d'approvisionnement alternatives et s'est réorganisé en unités plus petites et plus mobiles, capables de résister durablement malgré la pression.
Les médias militaires du Hezbollah ont diffusé des images montrant la Résistance islamique attaquant, à l'aide d'un drone, un véhicule blindé de transport de troupes de l'armée israélienne, le vendredi 24 avril 2026, dans la ville de Qantara, au sud du Liban.
Un responsable militaire israélien a décrit ce changement de tactique en déclarant : "Le Hezbollah est revenu à ce qu'il était autrefois : une force de guérilla qui tente de frapper quand elle le peut, en utilisant des tactiques de coup de poing. Il s'applique à retrouver ses anciennes capacités."
Une résistance qui sait s'adapter
Parallèlement, le Hezbollah a intensifié son utilisation de drones, s'inspirant des évolutions observées sur le champ de bataille lors de la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
Les troupes israéliennes opérant dans le sud du Liban ont essuyé des attaques répétées à l'aide de drones explosifs, notamment des systèmes conçus pour contourner les contre-mesures électroniques, ce qui souligne la capacité du groupe à s'adapter sur le plan technologique malgré des frappes incessantes.
Bien que le Hezbollah ait subi des pertes importantes depuis 2024, notamment des dommages à son arsenal de missiles et la perte de figures de premier plan, il a compensé ces pertes grâce à des opérations décentralisées, des structures de commandement flexibles et une présence persistante sur le champ de bataille qui continue de mettre les forces israéliennes au défi.
Un bourbier pour les Israéliens
Pourtant, les responsables israéliens s'accordent à dire que le groupe conserve suffisamment de moyens pour poursuivre le combat et entraver les efforts visant à rétablir le calme dans les localités du nord de la palestine occupée.
2 mai 2026 - Les médias militaires du Hezbollah ont publié des images de l'attaque aérienne menée par la Résistance islamique contre un char Merkava de l'"armée israélienne" dans la ville de Qantara, au sud du Liban.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu les limites des opérations actuelles, déclarant : "Je ne me fais pas d'illusions quant à la facilité de la tâche, et je ne pense pas non plus, et je le dis en toute honnêteté, que le travail soit terminé."
Les analystes cités dans le rapport affirment que, bien que les forces israéliennes aient remporté des succès significatifs sur le plan militaire, ceux-ci ne se sont pas traduits par un résultat décisif.
Le Hezbollah continue d'imposer son influence sur le terrain, maintenant sa force de dissuasion et démontrant qu'il reste un acteur central dans le conflit, ce qui fait craindre que la situation ne dégénère en une guerre d'usure prolongée et coûteuse.
8 mai 2026 - Al-Mayadeen - Traduction : Chronique de Palestine

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