Par Pierre Duval
Les États-Unis ont dénoncé le blocus du détroit d'Ormuz organisé par l'Iran. Maintenant, ils ont organisé un blocus naval sur ce pays. Quels sont les objectifs poursuivis par les États-Unis, comment la marine américaine tiendra-t-elle ce blocus - et pourquoi, très probablement, cela ne durera pas longtemps?
L'Iran a attaqué tout navire essayant de passer à travers le détroit d'Ormuz sans autorisation en raison de la guerre menée par l'axe israélo-américain et a demandé de payer un péage. Cela a provoqué un bond des prix du pétrole dans le monde entier et une augmentation de la pression politique sur Trump à l'intérieur des États-Unis et également dans d'autres pays.
La Maison Blanche a annoncé une trêve de deux semaines. Les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis qui ont débuté à Islamabad (Pakistan) ont, selon les informations disponibles, échoué. L'Iran a rejeté les demandes américaines d'arrêter l'enrichissement d'uranium et a rejeté généralement presque toutes les demandes US. Immédiatement après, Donald Trump lui-même a annoncé le début du blocus du détroit d'Ormuz pour seulement toucher les navires transportant du pétrole venant d'Iran. Pourtant, comme le rapporte Observateur Continental, deux navires se trouvant sous les sanctions US ont passé le détroit d'Ormuz.
Les États-Unis tentent de trouver un nouveau levier de pression sur Téhéran, l'obligeant à accepter les conditions américaines. Mais ce plan de blocus US semble plutôt cacher le vrai plan US qui consiste à réformer le marché mondial du pétrole alors que les États-Unis n'ont pas réussi à empêcher le prix du pétrole de trop croître dans le monde.
Hier, l'armée américaine a lancé une opération pour bloquer les communications commerciales iraniennes. "L'atout maître du président si l'Iran ne cède pas: un blocus naval", se vante Trump sur Truth Social. "J'ai également ordonné à notre Marine de rechercher et d'intercepter tout navire naviguant dans les eaux internationales et ayant payé un péage à l'Iran. Nul ne pourra naviguer en toute sécurité en haute mer s'il paie un péage illégal", rajoute-t-il, précisant: "Tout Iranien qui ouvrira le feu sur nous ou sur des navires pacifiques sera anéanti".
À noter, que Trump faisait savoir que "d'autres pays y participeront", ce qui a été rapidement démenti en particulier par la France. Observateur Continental a rapporté: "Paris ne soutiendra aucune opération militaire visant à débloquer le détroit d'Ormuz tant que les bombardements se poursuivront". Trump lance des annonces, mais elles ne restent que des paroles. Cependant, ni la détermination de Washington ni les capacités de la marine américaine ne devraient être sous-estimées.
La question est de savoir si les États-Unis seront en mesure de remplir les promesses. En théorie, les forces US maritimes présentes dans le détroit d'Ormuz suffisent pour réaliser un blocus, même sans tenir compte du corps marin. L'Iran ne peut pas cibler la flotte US qui se trouve à environ 500 kilomètres du détroit d'Ormuz. Ils ont des missiles anti-navires (RPC) avec une longue portée, jusqu'à 1000 km (par exemple, Ghadr-380). Mais pour tirer sur une longue portée, il est nécessaire de savoir où est la cible, et quel parcours elle suit et à quelle vitesse.
L'Iran n'a pas cette capacité car cela nécessite des systèmes satellitaires ou une reconnaissance maritime (principalement aérienne). Rien de tout cela n'est à la disposition de Téhéran. Mais si les navires US décident de monter plus haut dans le golfe d'Oman pour intercepter directement les pétroliers, l'armée iranienne peut les repérer et tirer des salves suffisamment denses de missiles.
Une partie des missiles sera ainsi en mesure de toucher les navires américains. Mais pour que cela se produise, beaucoup de facteurs doivent être présents. Le principal est une erreur des États-Unis.
Les États-Unis n'ont aucun problème pour utiliser la reconnaissance militaire et le suivi de chaque navire. Il est donc très simple d'organiser un blocus dans la région. Les drones aideront les États-Unis à ne pas perdre le navire de vue. Si un tanker arrive miraculeusement à partir, il sera suivi par des avions US de patrouille et il sera intercepté quelque part dans l'océan par un navire de la marine US. Il n'y a pas seulement la puissance de la marine américaine, mais aussi la géographie, qui travaille contre l'Iran. Les pétroliers transportant du pétrole iranien n'ont qu'une seule route vers l'océan mondial - le détroit d'Ormuz, le golfe d'Oman et la mer d'Arabie.
Ce double blocus entraînera des tensions encore plus importantes sur les marchés mondiaux, une nouvelle étape de pression sur le président américain mais aussi sur les pays de l'UE dont la France. Mais la situation actuelle d'un double blocus ne durera pas longtemps. Les avions de transport militaire américains continuent d'opérer via un pont aérien, transférant des munitions et des renforts dans la région. De nouvelles escalades planent sur la région du Moyen-Orient. Blocus ou pas, les pétroliers devront se tenir dans les ports, et les prix du pétrole continueront d'augmenter.
Pierre Duval
La source originale de cet article est Observateur continental
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