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 Trump et Netanyahou se rencontrent à nouveau

 Trump et Netanyahou affichent un front uni face à l'Iran et au Hamas

 Iran : le président Massoud Pezeshkian dénonce une « guerre totale » menée par l'Occident contre son pays

 L'Iran sur le pied de guerre : Trump menace d'intervenir pour «soutenir les émeutiers». Téhéran menace les intérêts américains et célèbre le «Conquérant de Khaybar»

 Une nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran embrasera toute la région (secrétaire général du Hezbollah)

 Au bord de l'embrasement, le Moyen-Orient s'active pour freiner le face-à-face Washington-Téhéran

 Les pourparlers irano-américains à Oman portent exclusivement sur la question nucléaire

 Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre l'Iran immédiatement après les négociations à Oman

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 Une solution mutuellement avantageuse au dossier nucléaire iranien reste possible (Araghchi)

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

 Les forces armées iraniennes lancent une vaste riposte contre Israël et des bases américaines au Moyen-Orient

 La défense aérienne américano-israélienne en échec

 Pourquoi l'Iran a déjà gagné la guerre ?

 Iran: Larijani rejette les menaces de Trump concernant le détroit d'Hormuz

 Tensions au détroit d'Ormuz : Washington presse ses alliés de déployer des navires de guerre

 L'Otan a commis une « erreur stupide » en ne soutenant pas le Pentagone : Trump

 Douglas Macgregor : la guerre contre l'Iran a ruiné l'Otan, le Golfe, Israël et l'empire américain

 Trente-deux jours qui ont déplacé le centre du monde

 L'Iran fait ses propositions pour mettre fin à la guerre

 L'Iran proclame une « victoire historique » sur les Usa; l'ennemi contraint d'accepter sa proposition

 Israël accélère ses massacres au Liban et à Gaza

 Les bombardements massifs d'Israël au Liban font des centaines de morts et blessés rien qu'à Beyrouth

 Furieux de la violation du cessez-le-feu par Israël, l'Iran a de nouveau fermé Ormuz

 Le Liban fait partie de l'accord de trêve irano-américain, affirme l'ambassadeur du Pakistan à Washington

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 Un cessez le feu au Liban : à l'israélienne ?

18/04/2026 reseauinternational.net  8min #311437

 Un cessez le feu au Liban : à l'israélienne ?

Il ne s'agit pas de l'Iran, mais de l'annexion du Liban et du sionisme d'Eretz-Israël 2.0

par Milena Rampoldi

Trump, un cas psychiatrique

Cette guerre d'agression usraélienne contre la République islamique d'Iran est la première guerre d'agression usaméricaine depuis 1945 qui ne soit pas une typique guerre US. Car ce n'est pas une guerre avec un récit néo-impérialiste que les citoyens usaméricains pourraient réellement acheter à leur président. Ce n'est pas non plus la typique guerre US avec récit pseudo-humaniste du style : Nous bombardons l'Iran pour le libérer, nous envahissons l'Iran pour y réaliser un changement de régime démocratique.

Cette nouvelle guerre n'est à mon avis rien d'autre que la guerre d'un président psychiquement malade. Mais nous ne devons pas oublier que ce président est également le commandant en chef des forces armées. À regarder de plus près, on remarque que Trump agit en solitaire dans cette guerre. On dirait qu'il s'entraîne à marquer contre son propre camp sur un terrain de foot pseudo-politique.

Donald Trump, en tant que narcissique malin, psychopathe et mégalomane - ou tout ça à la fois - annonce des tapis de bombes censés renvoyer l'Iran à l'âge de pierre. Il déclare en outre son plan d'effacer complètement la civilisation iranienne. Trump n'a pas besoin de motifs de guerre. Il renonce à tout récit et même à la vieille méthode Netanyahou selon laquelle un mensonge devient vérité si on le répète assez longtemps.

On bombarde simplement parce que le régime en Iran est "méchant" et que Donald n'en veut pas. Plus besoin de slogans manichéens opposant lumière et ténèbres, bien et mal. Les USA n'ont pas besoin d'un ministre de la propagande. Le régime iranien des mollahs doit être annihilé parce qu'il défie les USA. Trump n'a besoin d'aucune autre justification.

La première frappe usraélienne contre la République islamique d'Iran touche une école de filles. 120 enfants et 36 adultes meurent. Cette attaque totalement dépourvue de récit parle d'elle-même. Trump, la marionnette déjantée de l'AIPAC, rit sur son terrain de foot désert et enchaîne les autogoals.

Mais ce n'est qu'une question de temps avant que Trump ne soit destitué. Ce sera une sortie discrète, sans récit et sans diagnostic psychiatrique. Car la destitution de Trump non plus ne nécessite aucune justification. Guerre et paix sont décidées sans raison par Israël et les USA.

La critique politologique devient une galéjade

Les médias ne voient que l'Iran. L'Iran est la dernière puissance régionale du Machrek à résister aux USA. Hors de l'Iran, il n'y a plus de politique mondiale. La guerre sioniste brutale au Liban est occultée et passe au second plan. Israël est réduit à Netanyahou, comme les USA sont réduits à Trump. L'intelligence artificielle fait du "couple gay" de la politique mondiale, Trump et Netanyahou, une galéjade politologique.

La critique politique et idéologique est démodée. Les analyses politiques ne sont plus consommées. Ce qui est consommé, ce sont des "reels" où le couple politique est ridiculisé parce qu'il dort dans le même lit ou parce qu'il est assis sur une charrette tirée par des ânes. Les deux stars du sionisme 2.0 sans récit sont cliquées et moquées par des consommateurs superficiels des réseaux sociaux. La guerre elle-même et ses victimes deviennent une farce. La violence de la guerre, la brutalité des bombardements, les attaques contre les populations civiles d'États souverains du Machrek et le meurtre indigne d'enfants innocents sont remplacés par une ambiance de fête de jardin d'enfants.

Netanyahou et Trump deviennent des personnages comme Pinocchio de Collodi et Walt Disney, sans aucune maturité et donc innocents. La morale et la culpabilité sont abolies. Le droit international est suspendu. Il ne s'agit pas de néo-impérialisme et de sionisme expansionniste, mais d'enfants dans un bac à sable qui arrachent la pelleteuse des mains des autres enfants. Il n'y a rien d'autre. C'est la dimension ludique et puérile de la guerre la plus brutale, qui n'a plus besoin de construire un récit pour continuer à être menée. Nous nous trouvons en effet dans la guerre post-narrative du sionisme 2.0, qui n'a même plus besoin de l'Holocauste pour se présenter comme victime et attaquer des États souverains au Machrek.

C'est seulement en Israël que la guerre signifie vraiment la guerre, selon la devise : "Nous ne parlons pas, nous tuons"

Pour Trump, il n'y a pas de guerre. Pour Trump, la guerre est un jeu. Dans sa guerre de bac à sable, personne ne semble mourir. Trump ne voit pas les victimes. Il ordonne des frappes dont il ne comprend pas les conséquences ou qu'il efface complètement de son écran.

Ceux qui mènent vraiment la guerre sont les "guerriers" sionistes des FOI (Forces d'occupation israéliennes)au Liban. Le Liban est une région d'Eretz-Israël, c'est une certitude pour les sionistes 2.0. Peut-être que ces guerriers combattent aussi pour hâter la venue du Messie biblique. Les sionistes de la génération 2.0 ne parlent pas et n'inventent plus de justifications. Ils n'ont pas besoin des formules à la Herzl sur une terre sans peuple pour un peuple sans terre, car les données démographiques de la République libanaise ne peuvent être niées.

Les expansionistes bombardent et frappent. L'attaque après le cessez-le-feu avec la République islamique d'Iran a tué 2 167 personnes au Liban. Le Liban n'est pas Gaza 2.0, comme le propage la télévision allemande, mais la continuation du sionisme expansionniste 2.0. Le sionisme 1.0,dépassé, voulait un "État juif" en Argentine ou en Palestine. Le sionisme 2.0, en revanche, ne connaît plus d'"État juif classique" qu'on devrait acquérir par l'achat de terres. Il s'agit plutôt d'un grand État sioniste, dont Golda Moiseyewna Mabowitsch ["Golda Meir"] rêvait quand elle sentait à Médine et à La Mecque l'odeur de ses ancêtres... L'inversion des responsabilités se trouve dans une citation de 1969 lors d'une conférence de presse de Golda à Londres*. C'était encore l'époque où le sionisme fabriquait ses justifications. Aujourd'hui, cet État se tait. Et dans son silence de fer, il tue et frappe des civils.

*"Quand la paix viendra, nous pourrons peut-être avec le temps pardonner aux Arabes d'avoir tué nos fils, mais il nous sera plus difficile de leur pardonner de nous avoir forcés à tuer leurs fils".

L'Iran ne se morcelle pas - l'ennemi détermine l'unité d'un peuple

Plus un ennemi frappe fort, plus tous les groupes d'un pays se resserrent. Plus l'ennemi massacre d'enfants, plus tous les fronts de la République islamique d'Iran se rapprochent. L'Iranien n'est plus seulement le fidèle en prière des mollahs qui espère le retour de l'imam disparu, mais aussi tout Iranien qui s'opposait aux mollahs. L'opposition iranienne s'annule parce que la souveraineté du pays est bafouée. L'opposition se mêle aux partisans du régime lorsque des enfants innocents deviennent des martyrs sous les frappes aériennes des forces aériennes usraéliennes.

La dialectique entre chiisme et sunnisme s'estompe également lorsque le sang des enfants innocents d'une école de filles iranienne pue jusqu'au ciel. C'est la loi de la vie, c'est le cri de justice qui se transforme en cri de vengeance. La guerre menace l'existence d'une culture, d'une communauté, pas seulement d'une nation qui devrait être divisée ethniquement à en croire les chimères sionistes et yankees au lieu d'entendre l'appel de beaucoup au Mahdi.

Ce cri ne s'étouffera pas lorsqu'une guerre est menée de manière eschatologique. L'injustice est trop grande. L'oppression est trop brutale. Et cela soude toutes les ethnies de la République islamique d'Iran comme jamais auparavant et les fait se tourner vers leur propre histoire.

Le coup d'État contre Mohammad Mossadegh fut l'étincelle de la révolution islamique de 1979

Le coup d'État de 1953 conduit, 26 ans plus tard, à la révolution islamique de 1979. Ce tournant anti-impérialiste a mis un quart de siècle à se produire. Je me demande, en ces semaines d'expansionisme, combien de temps il faudra après 2026 pour qu'un nouveau tournant change l'Iran. Cela ne prendra pas autant de temps qu'au siècle dernier, car le XXIe siècle a des tempos plus rapides.

2026 n'est pas l'année d'un coup d'État, mais l'année du début d'une guerre mondiale au Machrek. Je ne me demande pas ce qui viendra après la guerre d'Iran de 2026, mais où les troupes israéliennes voudront aller après le Liban... Et je me demande quand l'Occident jettera par-dessus bord sa politique envers Israël pour que cessent les tueries de civils au Machrek.

Nous assistons aussi à la mort du journalisme de guerre. Car il s'agira bientôt d'eschatologie et, espérons-le, aussi de sotériologie, c'est-à-dire du salut de l'humanité face à cette injustice sans fond. L'implosion de l'État sioniste 2.0 est la solution au soi-disant problème du Machrek. Mais en réalité, ce problème s'appelle le colonialisme sioniste. Pour moi, ce type de colonialisme est profondément antijuif. Car il traîne complètement dans la boue l'éthique du judaïsme de Hillel.

Laissons le dernier mot à un combattant ouvrier juif qui a tragiquement perdu la vie en 1942 :

"Si un État juif devait voir le jour en Palestine, son climat spirituel serait : une peur éternelle de l'ennemi extérieur (les Arabes) ; et une lutte éternelle pour chaque parcelle de terre contre l'ennemi intérieur (les Arabes)... Est-ce un climat où la liberté, la démocratie et le progrès peuvent prospérer ? N'est-ce pas plutôt le climat où la réaction et le chauvinisme fleurissent normalement ?" ~ Henryk Erlich, Algemeyner Yidisher Arbeterbund in Poyln (Union générale des travailleurs juifs de Pologne), 1938

source :  Fausto Giudice

 reseauinternational.net