Des images satellites ont révélé des dégâts apparents sur la base aérienne israélienne de Ramat David, située dans le nord des territoires occupés par Israël, à la suite d'une frappe de missiles balistiques iraniens menée en représailles aux attaques israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, capitale libanaise.
Des images datées du 8 juin prises par le satellite Sentinel-2 du programme européen Copernicus montrent une coloration inhabituelle au niveau d'un hangar situé à l'intérieur de cette vaste base aérienne, au sud-est de Haïfa. Ces clichés laissent entrevoir des dégâts survenus lors du barrage de missiles balistiques iraniens tirés dans la nuit de dimanche à lundi.
Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a confirmé avoir ciblé la base de Ramat David - un centre stratégique utilisé par les forces israéliennes pour lancer des attaques contre la capitale libanaise - avec des missiles balistiques Kheibar Shekan (à propergol solide) et Qadr (à propergol liquide).
Avec une vitesse de Mach 9 et la capacité de manœuvrer sa trajectoire, le missile balistique iranien Kheibar Shekan de nouvelle génération représente un défi important pour les systèmes de défense Arrow et THAAD. Avec une portée de 1 450 km, le missile peut facilement porter une ogive d'un poids d'environ 550 kg, contenant des explosifs puissants ou des munitions à fragmentation.
"Cette attaque est une riposte à l'agression israélienne contre Dahiyeh, banlieue sud de Beyrouth, et au franchissement par le régime [israélien] des lignes rouges établies", a déclaré le CGRI dans un communiqué, indiquant que les forces israéliennes essuieraient des revers encore plus cuisants et regrettables si elles étendaient leur campagne militaire.
Construite par les forces britanniques en 1942 durant leur mandat colonial sur la Palestine, Ramat David est passée sous contrôle militaire israélien le 26 mai 1948. Elle constitue aujourd'hui la plus grande base aérienne israélienne du commandement nord et l'une des trois principales bases aériennes en Palestine occupée. Cette vaste base de 10,5 kilomètres carrés dispose de plusieurs escadrons de chasse équipés d'avions F-15 et F-16, que les forces israéliennes ont utilisés pour mener des frappes à travers le Liban.
En juillet 2024, les médias affiliés au mouvement de résistance libanais Hezbollah avaient diffusé des images montrant les vulnérabilités de la base, notamment les batteries du système Dôme de fer, les dépôts de munitions, les installations de stockage de carburant et les hangars.
La base a été la cible de nombreux groupes de résistance régionaux. En septembre 2024, le Hezbollah a frappé la base de Ramat David avec des missiles Fadi-1 et Fadi-2, tandis que la Résistance islamique en Irak a mené des attaques de drones contre cette installation en avril et juillet de la même année.
L'armée israélienne a prétendu que tous les missiles tirés dimanche soir par l'Iran avaient été interceptés ou avaient atterri en zone dégagée, et qu'aucun militaire israélien n'avait été blessé.
La censure militaire du régime sioniste interdit généralement la publication des points d'impact précis sur les sites sensibles par crainte de faciliter le ciblage de ces installations.
L'opération iranienne constituait une riposte directe à l'utilisation par les forces israéliennes de Ramat David comme base de lancement pour bombarder des quartiers civils de Dahiyeh à Beyrouth - un acte que l'Iran avait qualifié de "ligne rouge".
L'importance stratégique de la base remonte à 1981, lorsque des escadrons opérant depuis Ramat David ont détruit le réacteur nucléaire d'Osirak en Irak. Depuis, elle est utilisée par le régime israélien pour lancer des attaques militaires contre la Syrie, le Liban et la bande de Gaza.
La frappe de représailles iranienne marque ainsi les premiers tirs de missiles directs sur les territoires occupés par Israël depuis le cessez-le-feu d'avril. Cette opération a été menée en réponse à l'intensification des frappes aériennes israéliennes au Liban, qui, selon les autorités sanitaires libanaises, ont coûté la vie à plusieurs civils au cours de ces derniers jours.
Le Yémen a également tiré deux missiles balistiques sur des cibles israéliennes lundi matin, en réponse à l'escalade des attaques du régime sioniste dans la région.
