Le Haut Conseil iranien des droits de l'homme a condamné une récente frappe militaire américaine visant des réservoirs d'eau potable dans le sud de l'Iran, la qualifiant de violation du droit international, du droit international humanitaire et des droits fondamentaux de l'homme.
Dans un communiqué publié vendredi, le conseil a déclaré que l'attaque avait endommagé des installations essentielles chargées de l'approvisionnement et de la distribution d'eau potable dans plusieurs régions du sud du pays, notamment dans le comté de Sirik, dans la province d'Hormozgan.
Le communiqué souligne en outre que les installations et infrastructures d'approvisionnement en eau répondant aux besoins essentiels des civils sont protégées par le droit international et doivent être mises à l'abri de toute attaque ou destruction, insistant sur le fait que les dommages causés à ces infrastructures pourraient avoir des conséquences importantes et durables sur la santé publique, l'assainissement, la sécurité humaine et la vie quotidienne des populations touchées.
L'organisme a en outre souligné que l'accès à une eau potable sûre et suffisante est un droit fondamental reconnu par les normes internationales relatives aux droits de l'homme et les interprétations des Nations Unies, ajoutant que toute action militaire qui perturbe ou prive les civils d'accès à l'eau potable constitue une violation grave de ces droits.
L'organisation a également cité le principe de distinction en droit international humanitaire, qui exige des parties à un conflit qu'elles fassent la distinction entre objectifs militaires et biens civils, soulignant que les attaques contre les infrastructures hydrauliques, quelle que soit la justification invoquée, sont incompatibles avec ces obligations et violent les engagements internationaux des États.
Exprimant sa préoccupation face aux conséquences humanitaires des dégâts signalés, la déclaration a souligné l'impact potentiel sur les groupes vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de problèmes médicaux, appelant les instances internationales compétentes, y compris les mécanismes des Nations Unies pour les droits de l'homme, à examiner les implications humanitaires et en matière de droits de l'homme de telles actions.
Elle a en outre affirmé que les États-Unis portent une responsabilité internationale pour les dommages causés aux infrastructures civiles et pour toutes les conséquences humanitaires qui en résultent, soulignant que Washington devrait être tenu responsable et fournir une compensation conformément aux principes juridiques internationaux.
La déclaration concluait en indiquant que l'Iran se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires et internationales par les voies appropriées exhortant la communauté internationale à condamner les attaques contre les infrastructures civiles et à faire respecter les principes des droits de l'homme et du droit international.
Mercredi à l'aube, lors d'une attaque menée par l'armée américaine, deux réservoirs d'eau ont été délibérément détruits dans la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, privant ainsi d'eau potable plus de 20 000 habitants alors que les températures dans la région atteignaient près de 50 degrés Celsius.
Le ciblage des infrastructures hydrauliques a suscité une vive condamnation de la part des autorités iraniennes et des experts juridiques internationaux, qui estiment que de telles attaques peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international humanitaire.
L'Iran a déclaré que l'attaque contre les installations hydrauliques civiles a été officiellement enregistrée comme un crime de guerre en vue de poursuites judiciaires.
