Pour la République islamique d'Iran, la cessation de la guerre menée par Israël contre le Liban constitue une composante indissociable du mémorandum d'entente conclu entre Téhéran et Washington en vue de mettre un terme définitif à l'agression illégale américano-israélienne contre l'Iran.
Ces remarques ont été formulées ce lundi 15 juin par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, lors de son point de presse hebdomadaire qui s'est tenu à Téhéran, alors que des responsables américains et iraniens ont confirmé que les deux parties ont finalisé un mémorandum d'entente, dont la signature officielle est attendue vendredi.
M. Baghaï a indiqué que la finalisation de ce mémorandum, qui prévoit l'arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, est le résultat de la résistance de la nation iranienne face à "deux acteurs malveillants", dotés d'équipements avancés.
Évoquant l'attentat terroriste mené dimanche par le régime sioniste contre la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), M. Baghaï a déploré le fait qu'il ait eu lieu alors que les efforts en faveur d'un accord entre l'Iran et les États-Unis s'intensifiaient. Cependant, a-t-il ajouté, ces crimes ont finalement créé les conditions permettant de préserver au maximum les intérêts nationaux de l'Iran et du Liban et de renforcer davantage la cohésion de l'Axe de la Résistance.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a échangé avec ses homologues égyptien, irakien, japonais, saoudien et turc au sujet de l'accord conclu avec les États-Unis.
Selon ses mots, la guerre au Liban constitue une partie indissociable du mémorandum d'entente visant à mettre fin à la guerre américano-israélienne contre l'Iran. "Nous avons démontré notre détermination sur ce dossier et prouvé concrètement le sérieux de notre engagement. Nous continuerons à suivre avec la plus grande attention l'évolution de la situation à l'avenir", a-t-il poursuivi.
"Le mot"Liban"apparaît à trois reprises dans le texte du mémorandum d'entente. Il y est clairement indiqué que la fin de la guerre inclut également la situation au Liban ainsi que le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de ce pays", a-t-il expliqué.
Dans la foulée, le porte-parole de la diplomatie iranienne a averti que le régime sioniste ne recherche pas la paix dans la région, soulignant que les États-Unis portent la responsabilité de toute violation éventuelle des engagements, commise par l'autre partie.
"Nous n'avons aucune confiance dans le régime sioniste, pas plus que nous n'en avons dans les États-Unis. Toutefois, nous disposons de nos propres moyens. Les États-Unis doivent honorer leurs engagements, notamment ceux pris dans le cadre de l'accord, et veiller à ce que le régime sioniste respecte ses engagements, relatifs à l'arrêt de la guerre au Liban", a-t-il affirmé.
Pourtant, le diplomate iranien a indiqué que tout manquement à ces engagements entraînera une action réciproque de la part de l'Iran. "Nul ne peut raisonnablement s'attendre à ce que la République islamique d'Iran respecte ses obligations alors que l'autre partie se soustrairait aux siennes", a-t-il poursuivi.
Dans un autre volet de ces propos, M. Baghaï a indiqué que le mémorandum d'entente visant à mettre fin aux hostilités sur tous les fronts avait été finalisé 108 jours après le début de la guerre imposée, alors même que l'autre partie a lancé dans les termes les plus vulgaires avoir l'intention de détruire les infrastructures et la civilisation iraniennes.
Selon lui, le retrait de l'ennemi témoigne de la capacité de dissuasion de la République islamique d'Iran.
Cependant, il a déclaré que "la méfiance du peuple iranien à l'égard des actes de sabotage perpétrés pendant de longues décennies par l'administration américaine au pouvoir - méfiance dont les racines plongent dans des événements historiques, notamment le coup d'État de 1953 - est si profondément ancrée que le récent mémorandum d'entente ne représente qu'une première étape vers une diminution des tensions".
En outre, M. Baghaï a estimé que les initiateurs de la guerre d'agression ont essuyé une défaite et de lourdes pertes, tandis que le peuple iranien a démontré qu'il est prêt à tous les sacrifices et à toutes les formes de résistance pour préserver sa dignité nationale, son indépendance et sa souveraineté.
Le quartier général central Khatam al-Anbiya affirme que la résistance du peuple et des forces armées a contraint les États-Unis et Israël à mettre fin aux hostilités.
À noter que les États-Unis et le régime israélien ont mené, en juin 2025, leur première offensive militaire illégale contre l'Iran. Cette campagne a duré douze jours. Une seconde attaque a ensuite été lancée à la fin du mois de février et s'est achevée au début du mois d'avril après quarante jours de combats.
La résistance de l'Iran au cours de ces deux conflits, combinée au succès de ses opérations de représailles ainsi qu'à son contrôle stratégique du détroit d'Ormuz, a contraint ses ennemis à accepter un cessez-le-feu.
