
Par Larry C. Johnson, le 20 juin 2026
Mon vieil ami et nouveau collaborateur, Pepe Escobar, ainsi que M. Z, ont révélé vendredi après-midi des informations de dernière minute concernant les relations entre les États-Unis et l'Iran (voir la vidéo ci-dessous). Malgré la disposition du protocole d'accord stipulant que :
"en signant ce protocole d'accord, les parties déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et s'engagent à ne déclencher aucune guerre ni opération militaire entre elles à l'avenir, à s'abstenir de toute menace ou recours à la force, et à garantir l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".
Israël, dans un nouvel acte de défi envers Donald Trump, a lancé jeudi et vendredi une campagne de bombardements massifs sur le sud du Liban, [tuant 47 Libanais]. Tard dans la soirée de jeudi, l'Iran, par l'intermédiaire du Pakistan, a informé Washington que si Israël continue à bombarder le Liban, le protocole d'accord sera déclaré caduc et l'Iran prendra les mesures qui s'imposent contre Israël. En formulant cet engagement - je ne parle pas de menace, car l'Iran bénéficie du soutien total du Pakistan et de la Chine pour mener des représailles contre Israël -, l'Iran a clairement fait savoir à Donald Trump qu'il n'y aura plus de négociations et que l'Iran parlera avec des missiles et des drones.
À l'heure où j'écris ces lignes, peu avant minuit vendredi, c'est désormais le matin au Liban et aucune nouvelle frappe aérienne israélienne n'a encore été signalée. [Ndt : De nouvelles frappes ont visé plus d'une douzaine de localités après minuit et samedi matin, pour beaucoup dans le secteur de Nabatieh, tuant 3 personnes, a précisé l'agence ANI]. L'essentiel des bombardements et des combats de vendredi s'est concentré sur un bastion du Hezbollah près de la ville de Nabatieh. Voici le résumé de GeoPolitics Prime :
"Au cœur de la colline d'Ali al-Taher, surplombant Nabatieh dans le sud du Liban, s'étend un réseau de tunnels souterrains d'un kilomètre abritant un centre de commandement et des dépôts d'armes stratégiques."Connue sous le nom de base Imad-4, cette forteresse du Hezbollah est devenue une obsession pour les Forces de défense israéliennes (FDI).
"Ce qui s'est passé :
🌏 Les forces israéliennes ont tenté une incursion nocturne vers la base - la 6e tentative infructueuse depuis le début du cessez-le-feu.
🌏 Le Hezbollah a touché un char de l'armée israélienne appartenant à la 52e brigade d'élite (qui dispose des blindés les plus perfectionnés d'Israël) à environ 300 mètres de l'entrée de la base.
🌏 Quatre soldats ont été tués, dont le lieutenant-colonel Ben Simhon, commandant du 52e bataillon.
🌏 Le char n'a toujours pas été récupéré - un événement rare et humiliant. En 2006, l'armée israélienne remorquait immédiatement les véhicules endommagés. Aujourd'hui, les conditions sur le champ de bataille de la colline d'Ali Taher rendent toute récupération impossible.
"Pourquoi c'est important :
🌏 Le Hezbollah a utilisé une tactique avancée : monter une ogive de missile antichar MILAN sur un drone FPV. Il s'agit d'une nouvelle évolution dans leur guerre des drones.
🌏 Le MILAN est un ancien missile antichar franco-allemand, généralement considéré comme obsolète - mais utilisé comme charge utile d'un drone, c'est un destructeur de chars très économique.
🌏 La colline est un no man's land offrant un couvert minimal. La défense est assurée depuis les positions environnantes - et le Hezbollah tient bon.
"L'offensive israélienne vers le nord ne se déroule pas comme prévu - et le réseau souterrain du Hezbollah s'avère impénétrable".
Au moment où vous lirez ces lignes, nous saurons si Israël va suivre les ordres de Donald Trump ou continuer à lui dire d'"aller se faire foutre !". Comme je l'ai expliqué dans mon précédent article, Trump dispose d'un moyen de pression sur Israël en raison de la dépendance de l'État sioniste à l'égard de l'aide militaire et financière américaine. La question est désormais de savoir si Trump est contrôlé par les sionistes, ou s'il a encore suffisamment de courage pour résister à leurs intimidations.
Selon certaines informations provenant de la presse, Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Aragchi se rendraient en Suisse... Il semblerait que la réunion prévue aujourd'hui (vendredi) ait été reportée et que les négociations sur les mesures restantes du protocole d'accord en 14 points soient sur le point de débuter.
Si Israël continue de frapper le Liban, l'Iran réagira durement en utilisant des missiles et des drones. Bien qu'Israël soit dans un premier temps disposé à s'engager dans un échange de frappes avec l'Iran, ses capacités sont considérablement réduites sans le soutien total des États-Unis. Si l'on prend pour référence la "guerre des 12 jours" de juin 2025, Israël s'épuisera rapidement à tenter de repousser un feu nourri et continu de missiles et de drones iraniens. John Hudson, journaliste au Washington Post, a confirmé que JD Vance s'est inspiré de son reportage original (voir l'image en haut de cet article) pour décrire la dépendance d'Israël vis-à-vis des armes américaines :
"Les deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et financées par les impôts des Américains",
a déclaré Vance. En effet, les États-Unis ont utilisé la moitié de leur stock mondial d'intercepteurs THAAD pour défendre Israël...
Une façon de freiner Benjamin Netanyahu consiste à menacer de retirer tous les intercepteurs Patriot et THAAD encore présents en Israël... Je pense que cette menace, compte tenu de la vulnérabilité d'Israël, suffira à mettre fin à la violation israélienne du cessez-le-feu. Nous verrons bien.
Traduit par Spirit of Free Speech