
Par Tyler Durden, le 16 juin 2026
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett n'a pas mâché ses mots lundi : le compte à rebours pour un changement de régime en Iran commencera dès qu'Israël se dotera d'un nouveau gouvernement.
S'exprimant à la Knesset, Bennett a vivement critiqué la gestion du Premier ministre Benjamin Netanyahu, déclarant que son mandat
"a commencé par une guerre civile, s'est poursuivi par le massacre du 7 octobre et se termine par un échec historique face à l'Iran".
Il a directement lié tout projet sérieux de renversement du régime iranien à un changement politique à Jérusalem.
Bennett a promis que, sous la nouvelle direction, il relancera la "doctrine de la pieuvre" - frapper l'Iran par tous les moyens disponibles et bloquer ses activités nucléaires - et remédiera à la crise des effectifs de l'armée israélienne en mettant fin aux exemptions de service militaire accordées aux haredim.
"Quand il n'y a plus de soldats pour conquérir une position, il faut y revenir encore et encore, et on ne peut pas gagner dans ces conditions", a-t-il déclaré. "Nous pouvons rétablir la sécurité en Israël".
Naftali Bennett à la Knesset en 2026
Les partisans de la ligne dure et les bellicistes dénoncent l'accord
Bennett n'est pas le seul. Plusieurs voix partisanes de la ligne dure ont fait part de leur fureur concernant l'accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, négocié par Trump selon certaines informations, le qualifiant de bouée de sauvetage pour les ayatollahs alors qu'il préserve les infrastructures nucléaires de l'Iran, ses missiles balistiques et ses mandataires régionaux, rapporte The Jerusalem Post.
Benjamin Netanyahu © Abir Sultan /POOL/AFP
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir s'est montré particulièrement virulent sur X :
"L'accord de Trump ne nous lie en rien. Israël n'est pas soumis aux États-Unis, notre nation est indépendante et souveraine ! Nous ne sommes pas parties prenantes à cet accord qui ne garantit en rien notre sécurité... Nous ne devons accepter aucun compromis qui ne mène pas au démantèlement du Hezbollah, nous ne devons nous retirer d'aucun territoire conquis par nos combattants et débarrassé de toute infrastructure terroriste..." - Itamar Ben-Gvir sur X, 15 juin 2026
Itamar Ben Gvir avec les passagers détenus de la Global Sumud Flotilla
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s'est montré tout aussi catégorique :
"L'accord avec l'Iran est néfaste pour Israël et pour l'ensemble du monde libre. Point final... Nous devrons poursuivre la campagne de renversement des autorités par nos propres moyens et de manière innovante, et veiller à ce que l'Iran ne dispose jamais de l'arme nucléaire". - Bezalel Smotrich sur X, le 15 juin 2026
Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich
Yair Golan, chef du parti "Les Démocrates", est allé encore plus loin, qualifiant cet accord de désastre stratégique organisé alors que Netanyahu s'est montré
"faible, malade, isolé et dépourvu d'influence". Il a accusé Netanyahu d'être "favorable au Hamas... favorable à l'Iran... favorable au Hezbollah" et a déclaré :"Le remplacer n'est pas une simple nécessité politique : c'est un impératif de sécurité existentiel". - Yair Golan sur X, le 15 juin 2026
Le major général à la retraite, Yair Golan assistant à une discussion tenue à l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Crédit : © Yonatan Sindel/Flash90)
L'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne, Gadi Eisenkot, a évoqué un "abîme" entre les vaines promesses de "victoire totale" du gouvernement et la réalité d'un leadership défaillant qui a laissé tomber les habitants d'Israël.
Gadi Eizenkot, chef d'Etat-major de l'armée israélienne, pendant la cérémonie de Yom HaZikaron, la journée du souvenir, le 21 avril 2015. (Crédit © Flash90)
Le centriste Benny Gantz a averti que toute restriction à la liberté d'action d'Israël au Liban ou tout retrait mettant en danger le nord du pays serait inacceptable.
La revendication centrale : plus de demi-mesures
Un message clair se dégage de toutes ces déclarations : le gouvernement actuel serait trop faible, trop entravé par la pression américaine et trop compromis pour porter le coup décisif contre l'Iran et le Hezbollah. Bennett et Golan présentent explicitement la véritable pression en faveur d'un changement de régime comme des mesures ne pouvant être prises qu'après le remplacement de Netanyahu. Ben-Gvir et Smotrich, toujours membres de la coalition, laissent déjà entendre qu'ils ne se conformeront pas à l'accord et qu'ils poursuivront de toute façon des objectifs maximalistes.
Benny Gantz © -4b4b4bYonatan Sindel/Flash90-4b4b4b
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a tenté d'adopter une ligne plus dure en promettant que les Forces de défense israéliennes (FDI) resteraient "indéfiniment" dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza.
Mais le sentiment dominant exprimé par Bennett, l'extrême droite et une partie de l'opposition veut que seule une nouvelle direction - ou du moins le rejet total de l'approche de Netanyahu - puisse mettre en œuvre la campagne agressive et multiforme qu'ils jugent indispensable.
Traduit par Spirit of Free Speech