
Jeanne Delahaye
Source: facebook.com
1. La version américaine
Washington présente l'accord avant tout comme un accord portant sur la sécurité et sur le nucléaire :
- Ouverture du détroit d'Hormuz
- Fin de la confrontation militaire directe
- Négociations sur le programme nucléaire iranien
- Allègement progressif des sanctions
- À long terme, plus d'armes nucléaires iraniennes
Dans la communication américaine, le Liban n'est généralement mentionné qu'en passant.
2. La version iranienne
Téhéran décrit l'accord de façon nettement différente.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré à la télévision d'État iranienne qu'on travaillait à un accord visant à mettre fin à la guerre "sur tous les fronts, y compris au Liban". En outre, l'Iran souligne que les véritables questions nucléaires ne seront négociées qu'après la signature du mémorandum.
Du point de vue iranien, les priorités sont :
- Fin de la guerre
- Levée des sanctions
- Libération des avoirs iraniens gelés
- Fin du blocus des ports iraniens
- Désescalade régionale, y compris au Liban
3. Le point de vue du Hezbollah et d'une partie du camp iranien
Ici, on va encore plus loin.
Des représentants du Hezbollah ont déclaré aux médias arabes que l'Iran leur avait assuré que le Liban faisait partie de l'accord et qu'un retrait israélien des territoires libanais disputés était prévu. Cependant, cette version n'a jusqu'à présent été confirmée ni par Washington, ni par Israël.
C'est pourquoi de nombreux observateurs se demandent actuellement :
Le Liban figure-t-il vraiment dans le texte, ou s'agit-il seulement d'engagements politiques en coulisses?
Pourquoi Téhéran reste si prudent
Un autre point important :
Tandis que Trump parle déjà d'un accord pratiquement finalisé, des représentants du gouvernement iranien rappellent sans cesse qu'aucun accord définitif n'a encore reçu l'approbation de tous les centres de pouvoir en Iran. Même les médias proches du gouvernement ont tempéré à plusieurs reprises les propos de Trump, expliquant qu'aucun texte final n'avait encore été approuvé. À Téhéran, il y a en outre des protestations de la part des conservateurs, qui reprochent aux négociateurs d'avoir fait trop de concessions.
Mon impression d'après les informations connues jusqu'à présent
Les Iraniens semblent considérer l'accord comme une première étape, et non comme la paix définitive.
Ils le présentent à l'intérieur du pays à peu près ainsi :
- La guerre est arrêtée.
- Les sanctions commencent à être levées.
- L'Iran continue d'exister en tant qu'État.
- La question nucléaire sera discutée plus tard.
- Le Liban et le Hezbollah ne sont pas abandonnés.
Les États-Unis, en revanche, présentent le même accord comme suit :
- L'Iran renonce à l'arme nucléaire.
- Le détroit d'Hormuz est ouvert.
- Le conflit est terminé.
- Ce n'est qu'ensuite que l'Iran bénéficiera d'avantages économiques.
C'est pourquoi on entend actuellement des déclarations aussi différentes. Les deux parties mettent en avant les points qui sont importants pour leur propre opinion publique. Le texte exact du mémorandum n'a pas encore été publié dans son intégralité. C'est précisément pourquoi il n'est pas encore clair si l'interprétation iranienne concernant le Liban et le Hezbollah figure effectivement dans le texte de l'accord, ou s'il s'agit d'engagements politiques en dehors du cadre publié.
Si la signature a bien lieu aujourd'hui, un texte plus détaillé ou un résumé sera probablement publié pour la première fois dans les 24 à 48 heures à venir. On pourra alors voir quelle version est la plus proche de la réalité.
Il est également intéressant de noter que Trump a déclaré publiquement que Netanyahu "n'a pas d'autre choix" que d'accepter un accord irano-américain.
Sichtwechsel.lu