Le président du Parlement iranien et chef de l'équipe de négociation de la République islamique d'Iran affirme que le pays poursuit la "diplomatie avec une autorité" appuyée par sa victoire sur le champ de bataille contre les États-Unis et le régime israélien, soulignant que les négociations ont servi de méthode de lutte plutôt que de signe de recul.
Dans une interview télévisée diffusée mardi, Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que la principale différence entre ce dernier cycle de négociations et les efforts diplomatiques précédents résidait dans le fait que les négociations avaient été menées en position de force.
"Quand je parle de négociation et de diplomatie, j'entends une diplomatie avec autorité", a-t-il déclaré. "J'ai également dit, durant la période du PGAC, que je n'étais pas opposé aux négociations, mais que je soutenais celles, qui constituent en elles-mêmes une méthode de lutte", a ajouté le haut responsable, faisant référence à l'accord nucléaire de 2015 que les États-Unis ont dénoncé sous l'administration précédente de Donald Trump.
"La différence entre les négociations actuelles et les périodes précédentes, c'est qu'aujourd'hui, cette victoire sur le champ de bataille, reconnu aussi bien par les ennemis que par les amis, sert de fondement aux négociations", a-t-il ajouté.
M. Ghalibaf a déclaré que les forces armées iraniennes étaient sorties victorieuses face à des ennemis parfaitement équipés, arguant que les négociations menées comme une forme de lutte ne laissaient aucune place ni à la reddition ni aux slogans vides.
Il a également déclaré que la nation iranienne restait ferme face à une guerre imposée par les États-Unis et le régime israélien, ajoutant que même si les récents événements se sont déroulés à l'échelle régionale, leurs conséquences étaient mondiales.
"Quatre arènes de lutte"
Le président du Parlement a déclaré que la lutte s'était déroulée sur quatre fronts en fonction des circonstances, chaque sphère contribuant à la victoire globale de l'Iran.
"La guerre se déroule aujourd'hui sur quatre fronts : le front de la lutte militaire, le front de la lutte populaire dans les rues, le front de la lutte diplomatique et le front de la fourniture de services à la population."
Selon ce haut responsable, l'Iran a empêché Washington et Tel-Aviv d'atteindre ne serait-ce un des neuf objectifs qu'ils avaient publiquement déclarés - une référence aux objectifs affichés qui comprenaient, entre autres, le renversement de l'ordre de la République islamique d'Iran et la destruction de ses capacités militaires.
M. Ghalibaf a également salué la participation citoyenne dans les rues, qui a contribué au renforcement de la position de l'Iran, affirmant que les citoyens étaient entrés en lice dès les premiers jours de l'agression et avaient joué un rôle central aux côtés des forces armées et des efforts diplomatiques dans cette victoire iranienne.
Le président du Parlement a noté que l'Iran continuait de répondre aux actions hostiles, tandis que des contacts diplomatiques étaient en cours.
Évoquant la situation dans le golfe Persique, il a fait référence à la riposte de l'Iran aux violations ennemies pendant la période de cessez-le-feu et a souligné que les réponses militaires et les négociations se déroulaient simultanément.
"Tous ces événements se sont produits alors que nous étions en pleine négociations", a-t-il déclaré.
M. Ghalibaf a fait valoir que la combinaison de la puissance militaire et de la diplomatie avait permis à l'Iran d'obtenir des résultats, qui n'auraient pas pu être atteints par la seule action militaire.
Le Liban et le rôle de la diplomatie
Le haut responsable a déclaré que le Liban était l'un des points clés abordés lors des négociations, faisant référence à l'insistance de l'Iran sur le fait que la cessation des agressions devait englober tous les fronts, y compris le Liban.
Il a décrit le pays comme faisant partie de l'Axe de la Résistance, affirmant que l'Iran avait utilisé à la fois la pression diplomatique et l'influence militaire en réponse aux attaques israéliennes sur Beyrouth, lançant un ultimatum par la voie diplomatique, tout en se tenant prêt à riposter militairement.
Malgré les insistances de la République islamique d'Iran, la période du cessez-le-feu serait marquée par des attaques israéliennes régulières contre le Liban. En réaction à ces violations, Téhéran a réitéré son insistance sur la cessation des atrocités israéliennes, tout en prenant l'initiative de riposter à Tel-Aviv par des frappes contre les territoires occupés.
"Nous avons pu stopper l'incendie à Dahiyeh par la négociation, mais ce succès a été obtenu grâce au soutien de notre puissance militaire", a-t-il déclaré, faisant référence à la riposte des forces armées iraniennes aux attaques du régime israélien visant une banlieue de Beyrouth.
Le responsable a ajouté que les négociateurs iraniens avaient informé les médiateurs que Téhéran répondrait aux attaques quelles que soient les circonstances, une position qui, selon lui, a changé l'atmosphère des pourparlers.
Soulignant le rôle de la diplomatie, le chef de l'équipe de négociation iranienne a déclaré que les succès militaires devaient en fin de compte se traduire par des gains politiques et juridiques.
"Toute guerre qui se termine par une victoire, si elle ne débouche pas sur un document juridique et politique et si ces victoires ne sont pas consignées, ne sera d'aucune utilité", a-t-il déclaré.
Il a soutenu que les négociations avaient permis de transformer les succès obtenus sur le champ de bataille en résultats concrets, notamment grâce aux accords conclus dans le cadre du mémorandum d'entente.
Dans un autre passage de son discours, M. Ghalibaf a précisé: "Même s'il y a un accord final et qu'il est entériné par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, il ne sera toujours pas fiable. Notre seule garantie, c'est la puissance de l'Iran."
Il a ajouté que l'Iran ne respecterait ses engagements que si l'autre partie remplissait les siens, décrivant le principe régissant le mémorandum comme "action contre action".
Le président du Parlement a conclu en remerciant le peuple iranien, les forces armées du pays et les dirigeants de la nation pour leur rôle dans l'obtention des résultats de la période récente.
Des effectifs de l'armée de l'air iranienne décrivent une opération de précision menée début mars contre une base américaine au Koweït.
