Le MoU de la narrative bouleversée
• L'accord entre l'Iran et les USA promet beaucoup, sauf la certitude de tenir ces promesses. • Que nous importe, à nous "the kings of the road" ? • L'essentiel : les USA ont signé un document actant leur déclin.
20 juin 2026 (16H40) - La question du MoU ('Memorendum of Understanding') Iran-USA, signé vendredi par les deux parties, chacune chez elle, est qu'elle en soulève beaucoup d'autres irrésolues pour l'instant présent et peut-êtreréponses véritables. La seule chose qui nous apparait nettement est que cette signature, vendredi à Washington, par le vice-président JD Vance (Trump étant en déplacement), a permis à celui-ci d'affirmer avec une netteté brutale une distance presque antagoniste avec Israël, passant par des mots extrêmement durs pour les Israéliens, notamment sur leur prétention (jusqu'ici justifiée) de jouer un rôle prépondérant et complètement usurpé dans la politique et la décision des États-Unis. Une intervention de Joe Kent, le brave jeune homme qui avait démissionné de son poste d'adjoint pour le renseignement contre-terroriste de Tulsi Gabbard (elle-même démissionnaire ayant quitté son poste vendredi, avec une petite surprise ) pour protester contre l'engagement de Trump contre l'Iran, est marquée de cette proclamation, se référeant au Trump d'avant l'Iran : " Trump, is back ! ".
Tout cela, qui se dit et s'écrit dans les anathèmes désormais lancées contre Israël dans une tempête jamais vue aux USA, fait s'interroger : le MoU est-il destiné à sanctionner un accord avec l'Iran, ou bien plus précisément quoiqu'indirectement, un désaccord tonitruant avec Israël lui-même ? C'est une question fascinante, qui doit suffire à vous donner la mesure des événements en cours aux USA. La rupture populaire et politique (Congrès mis à part, dans l'attente des chèques de l'AIPAC) avec ce petit pays incroyablement agressif qui estimait avoir tout à dire à Washington D.C. est plus qu'une toile de fond de l'affaire Iran-USA ; c'est une véritable projection en cinémascope, avec musique stéréo et emploi intensif de l'IA pour les personnages décoratifs, de la mesure de l'importance de ces événements, confrontés les uns aux autres, puis mélangés dans un amalgame explosif.
En attendant de pousser un peu plus loin le commentaire, selon l'évolution des événements, on observe sur le fait lui-même du MoU une sorte de répugnance à en accepter la réalité dans la durée. Certes, un MoU signé, mais pour combien de temps ? Beaucoup s'appuient sur ce scepticisme pour dénier son importance à l'événement, pour ne pas sembler se laisser emporter par un enthousiasme bien imprudent. Les cris de victoire des partisans de l'Iran, voire de l'Iran lui-même (avec des réserves là aussi du côté des dirigeants), ont du mal à franchir le mur du scepticisme, - non, c'est simple d'ailleurs : ils ne le franchissent pas.
Ont-ils raison ou tort, ici d'être sceptiques, là d'être enthousiastes ? C'est une question bien improbable parce que, au fond, de bien peu d'importance. S'il y a "victoire" de l'Iran, cela constituera certes un événement important. Dans le cas contraire, nous reprendrons la " Java du Diable". Mais non, tout cela n'importe pas, selon notre point de vue.
Ce qui importe, certes, c'est qu'aujourd'hui la narrative a effectué un virage impressionnant d'amplitude et de force, impressionnant du passage de l'historique au métahistorique. Toutes les conditions d'attention, de représentation, de simulacre, d'intérêts latéraux et de stupidité politique, de corruptions vénales et de haines exposée à l'air libre, se sont trouvées en cet instant réunies pour cette sorte de 'big-bang' tant attendu. Par conséquent, quelle que soit la réalité et la force des divers simulacres qui s'affrontent, il a été acté qu'en tout état de cause les esprits américanistes et iraniens se sont accordés pour signer un document qui constitue un communiqué de victoire pour l'Iran. Une nouvelle Vérité nous est née.
Effectivement, la narrative ayant l'immense importance que l'on sait, les esprits ont admis que les USA ont été défaits dans cette occurrence. Tous les chemins du commentaire mènent, sans le vouloir ni peut-être s'en rendre compte, à la même conclusion qui tient à la psychologie "impériale" et pathologique des USA, exposée notamment dans sa plénitude métahistorique par le professeur Wolff, et exposée dans sa seule vérité tactique par Constantin von Hoffmeister ( texte ci-dessous) :
"Mais si l'on veut envisager l'avenir, on tombe aussitôt sur les élections de novembre aux USA, et nul ne peut affirmer en connaître la clef, dans un pays qui appuie sa psychologie sur l'impossibilité d'être vaincue ( indéfectibilité) puisque représentative du Bien sur terre, et qui pour cette raison fait sienne l'argument de Lincoln ("Nous sommes immortels ou bien nous mourrons en nous suicidant")..."
Par conséquent,
• l'Amérique n'est plus immortelle et l'"Empire" n'exerce plus son empire sur le Bien, ou bien,
• l'"Empire" n'exerce plus son empire sur le Bien et l'Amérique n'est plus immortelle.
Quoi qu'il en soit, y compris pour le MoU Iran-USA, - la messe est dite et le reste suit... L'enterrement aura lieu dans la discrétion de la plus stricte intimité et les lamentations des espérances égarées et perdues.