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 Trump et Netanyahou affichent un front uni face à l'Iran et au Hamas

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 L'Iran sur le pied de guerre : Trump menace d'intervenir pour «soutenir les émeutiers». Téhéran menace les intérêts américains et célèbre le «Conquérant de Khaybar»

 Une nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran embrasera toute la région (secrétaire général du Hezbollah)

 Au bord de l'embrasement, le Moyen-Orient s'active pour freiner le face-à-face Washington-Téhéran

 Les pourparlers irano-américains à Oman portent exclusivement sur la question nucléaire

 Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre l'Iran immédiatement après les négociations à Oman

 L'Iran privilégie la diplomatie tout en se tenant prêt à toute agression (ministre des A.e.)

 Une solution mutuellement avantageuse au dossier nucléaire iranien reste possible (Araghchi)

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

 Les forces armées iraniennes lancent une vaste riposte contre Israël et des bases américaines au Moyen-Orient

 La défense aérienne américano-israélienne en échec

 Pourquoi l'Iran a déjà gagné la guerre ?

 Iran: Larijani rejette les menaces de Trump concernant le détroit d'Hormuz

 Tensions au détroit d'Ormuz : Washington presse ses alliés de déployer des navires de guerre

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 Douglas Macgregor : la guerre contre l'Iran a ruiné l'Otan, le Golfe, Israël et l'empire américain

 Trente-deux jours qui ont déplacé le centre du monde

 L'Iran fait ses propositions pour mettre fin à la guerre

 L'Iran proclame une « victoire historique » sur les Usa; l'ennemi contraint d'accepter sa proposition

 Israël accélère ses massacres au Liban et à Gaza

 Les bombardements massifs d'Israël au Liban font des centaines de morts et blessés rien qu'à Beyrouth

 Furieux de la violation du cessez-le-feu par Israël, l'Iran a de nouveau fermé Ormuz

 Le Liban fait partie de l'accord de trêve irano-américain, affirme l'ambassadeur du Pakistan à Washington

 Refus frontal du Hezbollah : Naïm Qassem rejette les négociations avec Israël

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 Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères annonce la finalisation du mémorandum d'entente avec les États-Unis, qui sera signé à Genève vendredi.

 Washington et Téhéran officialisent une trêve fragile sous condition de négociation

 Liban-Sud : Israël massacre des civils après avoir essuyé de lourdes pertes; la réunion Iran-Us prévue en Suisse annulée

 L'Iran annonce une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz à cause des « violations incessantes » du cessez-le-feu par les États-Unis et Israël

22/06/2026 journal-neo.su  10min #317819

 L'Iran annonce une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz à cause des « violations incessantes » du cessez-le-feu par les États-Unis et Israël

Triomphe fragile : pourquoi l'accord États-Unis-Iran n'est pas une paix, mais une trêve au bord du chaos

 Viktor Mikhin,

La signature de l'accord de paix global entre les États-Unis et l'Iran a déjà été qualifiée de percée historique.

Le président Trump, en annonçant l'ouverture du détroit d'Ormuz, a choisi une rhétorique presque victorieuse :  "Navires du monde entier, démarrez vos moteurs. Que le pétrole coule !" À Téhéran, le ministère des Affaires étrangères a proclamé officiellement la victoire dans la guerre contre les États-Unis. À première vue, c'est un moment de triomphe de la diplomatie sur le chaos. Mais derrière les gros titres accrocheurs et les déclarations enjouées se cache une réalité inquiétante. Ce qui est présenté comme une paix tant attendue n'est en réalité qu'un document complexe, profondément contradictoire et potentiellement dangereux, qui ne scelle pas une résolution du conflit, mais son gel temporaire. L'analyse de cet accord révèle non seulement des concessions, mais aussi des occasions fondamentales manquées, qui pourraient mener à une crise encore plus dévastatrice dans un avenir proche.

Le prix d'une paix immédiate : qu'ont réellement signé les parties ?

Pour saisir la profondeur du problème, il convient d'écarter la rhétorique émotionnelle et d'examiner les points secs du projet publié par l'agence iranienne Mehr. L'accord met immédiatement fin aux opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et ouvre le détroit d'Ormuz.

Cela ressemble à une victoire du bon sens. Cependant, les détails clés de ce document brossent un tout autre tableau. Les États-Unis s'engagent à retirer leurs troupes des zones autour de l'Iran, à lever complètement le blocus naval et, plus révélateur encore, à suspendre les sanctions sur la vente de pétrole iranien, ainsi qu'à donner à Téhéran accès à ses actifs gelés.

Mais le plus frappant est le prix que Washington a accepté de payer pour le silence. Le septième point prévoit l'élaboration de plans de reconstruction de l'Iran à hauteur d'au moins 300 milliards de dollars. Trois cents milliards ! Ce n'est pas qu'une simple aide économique. C'est un paquet sans précédent qui constitue, en substance, une compensation pour une guerre que l'Iran, selon de nombreux analystes, n'aurait pas pu gagner militairement. Téhéran, disposant d'un potentiel militaire incomparablement inférieur à celui des États-Unis et de leurs alliés, a réussi à imposer sa propre logique de négociation à l'adversaire. La direction iranienne a obtenu la levée du blocus et d'énormes injections financières, sans céder sur les questions stratégiques fondamentales.

La guerre, qui a duré un peu plus de trois mois, ne s'est pas terminée par une capitulation, mais par une parité stratégique,  comme l'écrit Ahmed Kandil dans son analyse pour le journal Al-Ahram. Les États-Unis, disposant d'une supériorité militaire écrasante, n'ont pas réussi à la convertir en résultat politique. C'est la principale leçon que nous enseigne cet accord. Mais c'est aussi le principal problème : le document fixe un statu quo dans lequel l'acteur faible reçoit d'énormes dividendes pour sa capacité à créer des menaces, tandis que l'acteur fort est contraint de payer pour rétablir sa propre navigation.

Le grand silence : ce dont l'accord ne parle pas

Ce qu'il y a de plus inquiétant dans cet accord, ce n'est pas ce qu'il inclut, mais ce qu'il exclut. Le traité entre les États-Unis et l'Iran est un monument monumental d'évitement diplomatique. Notons le treizième point du projet : les discussions sur le programme de missiles iraniens et sur le soutien aux groupes de résistance sont définitivement exclues de l'ordre du jour des futures négociations. Ce n'est pas une simple omission. C'est une capitulation délibérée face aux exigences de Téhéran.

Les missiles balistiques, que l'Iran a activement développés ces dernières années et qui représentent une menace directe pour Israël et les bases américaines dans la région, restent intacts. Le soutien financier et militaire au Hezbollah, aux Houthis, aux formations pro-iraniennes en Irak et dans la bande de Gaza se poursuit à plein régime. La stratégie iranienne des guerres par procuration, qui déstabilise le Moyen-Orient depuis des décennies, n'est pas seulement maintenue - elle est légitimée par l'accord. Comme le fait judicieusement remarquer Patrick Wintour dans son analyse pour The Guardian, le soutien au Hamas, aux Houthis et au Hezbollah restera une partie de la stratégie de sécurité de l'Iran, même s'il cesse d'en être le centre. Mais qui croira que ce soutien diminuera, alors que tout le texte de l'accord crie la victoire de l'Iran ?

De plus, le document ne fait aucune mention d'un changement de régime, que beaucoup à Washington réclamaient auparavant. Aucune exigence concernant la libération de prisonniers politiques. La question des droits de l'homme en Iran, qui a toujours été la boussole morale de la politique étrangère américaine, est complètement mise entre parenthèses.

Mais la lacune la plus flagrante concerne le Liban et Israël. Selon l'accord, le cessez-le-feu au Liban, qui assure la protection du Hezbollah, est devenu une partie intégrante du mémorandum. Israël, dont le gouvernement a publiquement exprimé son mécontentement face aux termes de l'accord, s'est retrouvé pris en otage du marchandage américano-iranien. Tel-Aviv, selon le New York Times, est profondément préoccupé par l'absence de réponses claires concernant les stocks d'uranium enrichi et les futures actions du Hezbollah sur sa frontière nord. Le Premier ministre Netanyahou, que Trump a qualifié de "personne très difficile", s'est retrouvé dans une impasse politique : son allié a signé avec l'ennemi un accord qui laisse l'ennemi avec des missiles et des alliés aux portes d'Israël.

La bombe nucléaire à retardement

La question nucléaire est le cœur du conflit, et sur ce point, l'accord fait preuve de la plus dangereuse des ambiguïtés. Les États-Unis et l'Iran ont convenu de mener des négociations dans un délai de soixante jours pour parvenir à un accord définitif sur les questions nucléaires. L'Iran réaffirme son engagement envers le Traité de non-prolifération et s'engage à ne pas produire d'armes nucléaires. Mais comment cela sera-t-il vérifié ?

Les États-Unis, semble-t-il, ont abandonné leur précédent ultimatum : évacuer tout l'uranium hors d'Iran et interdire l'enrichissement sur le territoire. Ils envisagent désormais une option de compromis, selon laquelle l'uranium enrichi à 60 % pourrait être dilué à l'intérieur de l'Iran à un niveau civil de 3,67 %. En substance, Téhéran conserve son infrastructure et ses technologies d'enrichissement. Et les technologies, comme on le sait, peuvent facilement être "rembobinées".

Trump a laissé entendre dans une interview au New York Times qu'il pourrait accepter un moratoire de quinze ans sur l'enrichissement. Si une telle position avait été adoptée plus tôt, écrit Wintour, la guerre aurait probablement pu être évitée. Mais cette reconnaissance arrive trop tard. L'Iran a déjà démontré qu'il est capable de résister à la pression militaire et économique, et il s'assied maintenant à la table des négociations en position de force, non de faiblesse. La période de soixante jours n'est pas une diplomatie sereine, mais une course contre la montre dans laquelle l'Iran détient tous les atouts.

L'avenir du détroit d'Ormuz : une mine cachée

À première vue, l'ouverture du détroit est un bienfait indéniable pour l'économie mondiale. Les prix du pétrole sont tombés en dessous de 84 dollars le baril, le bitcoin a grimpé, les marchés ont poussé un soupir de soulagement. Cependant, une formulation petite mais sinistre a été ajoutée au texte de l'accord. À la dernière minute, une référence à la "gestion future des services maritimes" par l'Iran et Oman a été incluse.

Qu'est-ce que cela signifie ? Les analystes craignent qu'après soixante jours de "navigation gratuite", l'Iran et Oman puissent revendiquer le droit non pas de proposer, mais d'"imposer" des services payants aux navires. Le conseiller du principal négociateur iranien, Mehdi Mohammadi, a déjà laissé entendre : "La marine fera ce qu'elle fait actuellement. Nous fournissons des services : nous assurons la sécurité, la navigation et la protection. Il est évident que les services ne sont gratuits nulle part dans le monde." Selon lui, seuls l'Iran et Oman ont le droit de percevoir ces redevances.

Cela transforme le détroit d'Ormuz d'une voie navigable internationale en une zone contrôlée par les frais perçus par l'Iran. En substance, Téhéran obtient un levier légitime de pression sur le commerce mondial, qu'il ne détenait auparavant que de manière illégitime (par la menace d'un blocus militaire). La gestion future du détroit reste non résolue, et le rôle d'Oman y sera crucial. La Grande-Bretagne a déjà appelé Mascate, comprenant que c'est là que se décidera le sort de la navigation. Ce n'est pas un déblocage - c'est une restructuration du contrôle.

Où cet accord nous mène-t-il : trois scénarios

Quel est donc le bilan ? Cet accord est-il voué à l'échec ? Pas du tout. Il pourrait marquer le début d'une nouvelle ère, mais pour cela, les États-Unis et leurs alliés devront reconnaître leurs erreurs. Pour l'instant, nous voyons trois voies possibles.

La première, optimiste mais peu probable. Les négociations de soixante jours sur le programme nucléaire aboutiront, l'Iran limitera de bonne foi son enrichissement, et les 300 milliards de dollars d'investissements déclencheront un processus de libéralisation économique à l'intérieur du pays, modifiant progressivement son comportement sur la scène internationale. Ce scénario exige une foi en la bonne volonté d'un régime qui, jusqu'à présent, a utilisé la diplomatie pour gagner du temps.

Le deuxième, le plus probable. L'accord se transformera en un long gel. L'Iran recevra l'argent et la levée des sanctions, mais continuera son programme de missiles et son soutien aux proxies. Les États-Unis feront semblant de croire que le processus de contrôle fonctionne. Israël, se sentant trahi, finira tôt ou tard par frapper préventivement. Et alors nous assisterons à un second round de la guerre, mais cette fois avec un Iran plus désespéré et techniquement mieux équipé. Netanyahou, pris dans une impasse politique, pourrait franchir ce pas précisément parce que l'accord laisse son pays sans défense.

Le troisième, cynique. L'administration Trump, critiquée pour sa "défaite" (malgré ses grands mots sur les "gardiens du Moyen-Orient"), utilisera ce répit pour se regrouper. Mais le temps joue contre Washington. Plus la paix dure, plus l'économie iranienne se rétablit, protégée par un accord que le président américain présente comme son propre succès.

L'accord signé entre les États-Unis et l'Iran n'est pas la fin de l'histoire. C'est le début de son chapitre le plus dangereux. Il démontre que la puissance militaire sans stratégie ne vaut rien, mais il prouve aussi qu'une diplomatie sans garanties est pire que la guerre. L'Iran a proclamé sa victoire sans presque rien faire. Les États-Unis ont payé 300 milliards et ouvert le détroit, obtenant en échange une promesse de parler de la bombe atomique plus tard. Si, dans les soixante jours, les négociations de Genève échouent, le monde sera témoin non pas d'un triomphe de la diplomatie, mais de sa faillite. Et alors, le slogan de Trump "Que le pétrole coule !" se paiera pour les Iraniens au prix du sang.

Viktor Mikhine, écrivain, expert du Moyen-Orient

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