
par Ayse Betul
Un échange virulent sur les réseaux sociaux a éclaté entre de hauts ministres israéliens et iraniens quelques heures seulement avant l'annonce d'un cessez-le-feu par Israël et le Hezbollah.
De la fumée s'élève après un bombardement israélien dans le sud du Liban, le 19 juin 2026 (Jalaa Marey/AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré sur les réseaux sociaux que "tout le Liban doit brûler" après la mort de quatre soldats israéliens dans le sud du Liban, provoquant une réaction du ministre iranien des Affaires étrangères, qui a qualifié les dirigeants israéliens de "menace pour l'humanité entière".
"Pour chaque larme d'une mère israélienne, mille mères libanaises devraient pleurer", a écrit Ben Gvir sur X vendredi.
"Avec tout le respect que je dois aux Américains, Israël doit faire savoir au monde entier que le sang de nos fils et la sécurité de nos citoyens ne sont pas vains. Tout le Liban devrait brûler."
Il a déclaré ouvertement avoir exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à abandonner les stratégies militaires "mesurées" dans la région.
"Assez de ce jeu de ping-pong. Au Moyen-Orient, on ne gagne pas avec des réponses mesurées et du confinement ; il faut frapper fort. Éradiquer. Vaincre le terrorisme."
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répondu directement à la publication de Ben Gvir sur X, affirmant que ces propos devaient être considérés comme une rhétorique officielle de l'État.
"Il ne s'agit pas des propos délirants d'un génocidaire déséquilibré. C'est une publication publique du ministre de la Sécurité nationale du régime israélien", a écrit Araghchi, qualifiant les dirigeants israéliens de "secte génocidaire de la mort basée à Tel Aviv" et de "menace pour l'humanité entière".
"Elle menace tous les êtres humains. Son seul intérêt est la guerre permanente."
Les propos de Ben Gvir ont été repris de près par un autre membre du gouvernement d'extrême droite, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui a lui aussi appelé Israël à "ouvrir les portes de l'enfer" au Liban dans une publication sur les réseaux sociaux le même jour.
D'autres hauts responsables israéliens ont déclaré publiquement que les troupes resteraient indéfiniment au Sud-Liban, suite à la mort de quatre soldats israéliens vendredi, dont un commandant de bataillon.
Malgré la signature du mémorandum d'entente jeudi, qui instaure de facto un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban, des frappes entre l'armée israélienne et le Hezbollah se sont poursuivies durant la nuit.
Le bilan des morts au Liban, suite aux frappes aériennes israéliennes, s'élève désormais à 47 victimes depuis minuit.
L'échange virulent sur les réseaux sociaux est survenu quelques heures seulement avant l'accord de cessez-le-feu conclu vendredi entre Israël et le Hezbollah, censé mettre fin à certains des affrontements les plus meurtriers entre les deux camps depuis le début du conflit.
Cependant, selon Al Jazeera, Israël a mené au moins douze frappes dans le sud du Liban depuis l'annonce du cessez-le-feu avec le Hezbollah dans l'après-midi.
Défis pour le cessez-le-feu
L'expansion de la présence militaire israélienne au Liban et l'intensification des frappes aériennes dans le sud et l'est du pays constituent un obstacle majeur aux négociations de cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, menées par des partenaires tels que le Pakistan et le Qatar.
Le front libanais était devenu un point de friction majeur entre l'administration Trump et le gouvernement israélien.
Le président américain, Donald Trump, a récemment critiqué les meurtres de civils au Liban par l'armée israélienne, qui affirme ne frapper que des bases du Hezbollah, et a laissé entendre que les attaques israéliennes au Liban menaçaient de faire dérailler l'accord final, qu'il a qualifié de "difficile" à conclure.
Tout au long des efforts de cessez-le-feu, Israël a rejeté à plusieurs reprises les appels des États-Unis et des autres pays du G7 à retirer ses troupes du Sud-Liban.
Parallèlement, le Hezbollah exhorte le gouvernement libanais à refuser toute négociation directe avec Israël tant que les attaques israéliennes contre le Liban se poursuivent.
Le gouvernement libanais espérait ouvertement que l'accord entre les États-Unis et l'Iran puisse mettre fin aux hostilités dans la région.
Le ministère libanais de la Santé indique que les attaques israéliennes menées depuis le 2 mars à travers le pays ont fait au moins 3 696 morts et 11 413 blessés.
source : The Intel Drop via Marie-Claire Tellier