La guerre entre l'Iran, Israël et les États-Unis, qui a "officiellement" pris fin, aura des répercussions considérables pour les différentes parties prenantes concernées.
Le 28 février, les États-Unis d'Amérique et Israël ont lancé des attaques à grande échelle contre plusieurs cibles réparties aux quatre coins de l'Iran, un pays souverain. Trois mois plus tard, la guerre a "officiellement" pris fin avec la signature d'un "protocole d'accord" entre l'Iran et les États-Unis. Cette annonce, qui a eu lieu à la veille du 80e anniversaire du président américain Donald Trump, est censée être son "cadeau" au peuple iranien en général et à la communauté internationale en particulier.
Mais il s'agit de tout sauf d'un cadeau. Au cours des trois derniers mois, le monde a observé, le souffle coupé, chaque tir effectué par toutes les parties ; il a été témoin de l'agression flagrante et des visées impérialistes d'Israël et de son allié, les États-Unis.
Dans ce contexte, il devient nécessaire d'analyser les implications de cette guerre pour les parties prenantes.
Le droit international soumis à de fortes pressions
Le droit international, fruit de siècles de réflexions menées par des penseurs, des nations et des communautés, est soumis depuis quelque temps à de fortes pressions. Les actions unilatérales d'Israël et des États-Unis d'Amérique ont non seulement mis en évidence que l'impérialisme est toujours bien vivant, mais elles ont également contribué à la violation de plusieurs principes fondamentaux du droit international.
Cela ressort clairement de la violation flagrante de l'article 2, paragraphe 4. Cette disposition, qui constitue la pierre angulaire du droit international, exige non seulement que les États s'abstiennent de recourir à la force contre d'autres États membres, mais aussi qu'ils recourent à des moyens pacifiques pour résoudre leurs différends. De plus, Israël et les États-Unis ont illégalement instrumentalisé l'article 2, paragraphe 7, en cherchant à présenter les actions militaires qu'ils avaient menées contre l'Iran comme une "affaire intérieure" ne donnant pas lieu à une intervention des Nations unies.
Par ailleurs, pendant la guerre, Israël et les États-Unis d'Amérique ont bafoué plusieurs dispositions de la Convention de Genève et de ses protocoles. Pour aggraver encore la situation, ils ont également violé l'article 27 de la quatrième Convention de Genève relatif aux civils. La frappe aérienne américaine contre une école à Minab, qui a coûté la vie à 166 enfants iraniens innocents et à d'autres civils, est le rappel le plus sinistre que les États-Unis et Israël se moquent éperdument de la protection des vies civiles.
Ces violations commises par les États-Unis et Israël mettent en évidence que ces deux pays non seulement bafouent le droit international, mais reflètent également une attitude bien plus insidieuse : celle de contourner les règles du jeu lorsque cela leur convient. Ainsi, pour le monde entier, et en particulier pour les pays du Sud, cette guerre est une leçon qui montre qu'ils ne peuvent pas compter sur le Nord pour être les gardiens du droit international ; c'est au Sud qu'il revient de protéger ce régime juridique.
La violation du droit international par les États-Unis a, ce faisant, suscité un profond malaise parmi ses alliés au sein de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Des fissures au sein de l'OTAN
Les alliances sont censées poursuivre des objectifs collectifs. Ce n'est que lorsque chaque membre du groupe contribue de manière égale à une cause que la raison d'être de l'alliance se justifie. Mais la guerre a révélé à quel point l'OTAN , malgré toutes ses déclarations tant vantées selon lesquelles elle serait la "garante de la sécurité de la région euro-atlantique", a échoué.
Tout au long de la guerre, de profondes divisions au sein de l'alliance sont apparues au grand jour. Cela a été particulièrement évident lorsque l'Espagne, l'Allemagne, la France et l'Italie, qui étaient censées être des partenaires "indéfectibles" des États-Unis, ont refusé de participer au chaos créé par les États-Unis et Israël. Même le Royaume-Uni, qui a souvent évoqué les liens anglo-saxons durables qu'il entretient avec les États-Unis, s'est opposé aux exigences extrajudiciaires et injustifiées de ces derniers.
Cela révèle toutefois une chose : malgré la "force collective" que cette alliance militaire est censée incarner, il s'agit essentiellement d'un tigre de papier, les alliés eux-mêmes étant incapables de s'accorder sur les nombreux besoins et désirs de leur membre le plus puissant.
Une question en suspens
L'accord de paix dévoilé entre l'Iran et les États-Unis prétend avoir mis fin à la guerre. Mais une question cruciale reste en suspens : qu'en est-il du Liban ?
Israël a clairement fait savoir non seulement qu'il n'était pas redevable aux États-Unis, mais aussi qu'il continuerait à mener des actions punitives contre le Liban. Cette question revêt une gravité particulière, car Israël contrôle actuellement de vastes portions du Sud-Liban, qu'il a occupées lors de son invasion illégale du pays pendant la guerre. Ce qui aggrave encore la situation, c'est le dessein plus vaste qui sous-tend les actions d'Israël : il cherche à s'emparer et à annexer tous les territoires dont il a besoin pour réaliser son objectif religieux d'un "Grand Israël", même si ce projet doit coûter la vie à des centaines de milliers de Libanais innocents.
Benjamin Netanyahu, le chef belliciste de l'État israélien, semble déterminé à mener à bien ce projet maléfique, faisant fi non seulement des appels humanitaires, mais aussi, dans sa quête d'acquisition de nouveaux territoires, de son allié le plus fidèle, les États-Unis. Il a déclaré qu'Israël resterait maître de ce territoire libanais.
La guerre a donc constitué un épisode douloureux pour le monde entier. Il sera intéressant de voir ce qui va se passer exactement à mesure que s'achève la période d'attente de 60 jours prévue par l'accord de paix.
Pranay Kumar Shome, analyste de recherche et doctorant à l'Université centrale Mahatma Gandhi, dans l'État du Bihar, en Inde
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