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 L'Iran annonce une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz à cause des « violations incessantes » du cessez-le-feu par les États-Unis et Israël

25/06/2026 ssofidelis.substack.com  9min #318169

 L'Iran annonce une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz à cause des « violations incessantes » du cessez-le-feu par les États-Unis et Israël

Pourquoi Neo-Crassus a désespérément besoin de s'accrocher à Son accord

Par  Pepe Escobar, le 24 juin 2026

L'histoire nous enseigne comment concevoir une guerre grâce aux flèches perses spécialement conçues pour anéantir Crassus et les légions romaines.

Dans cette rue sombre, le soleil est noir L'hiver revient Dans cette rue sombre, où le froid vous étreint Sans espoir d'échapper au temps qui s'est arrêté

Cream, Deserted Cities of the Heart

L'une de mes récentes chroniques intitulée  La percée multipolaire iranienne décryptée a suscité de vives réactions de la part d'anciens agents du renseignement haut placés de l'État profond américain désormais impliqués dans le commerce international. On m'a transmis une information décisive, cohérente et détaillée concernant ce qu'ils considèrent comme la principale motivation du président Trump pour signer le protocole d'accord (MoU) avec l'Iran, qu'il présente frénétiquement comme son (italiques de ma part) accord.

Comme l'a dit sans détour l'une de ces sources :

"Le point essentiel dont vous faites abstraction, c'est que Trump meurt de peur à l'idée que le 15 juin ne soit plus qu'à 60 jours de l'épuisement définitif des réserves mondiales de pétrole, entraînant ainsi la mort politique définitive de Donald J. Trump. C'est l'unique motif de son revirement. S'il avait attendu plus longtemps, il était certain qu'au 15 août, il serait dans une situation à ce point désespérée qu'il aurait été bien incapable de s'en sortir. Et c'est d'ailleurs peut-être bien ce qui va se produire".

La source faisait référence à une évaluation détaillée des facteurs risque, basée sur des données concrètes pointant vers la mi-août 2026 comme

"le moment où les États-Unis devront légalement mettre fin à toute mesure de déversement d'urgence. Lorsque ce robinet se fermera, le déficit mondial d'approvisionnement en pétrole s'aggravera instantanément de millions de barils par jour, provoquant une catastrophe mondiale".

Même s'il prend des mesures dès maintenant, rien n'est gagné pour Trump. Les sources commentent :

"Tout d'abord, il (les Républicains) perdrait les élections de la première semaine de novembre. Puis les Démocrates soumettraient Trump à une procédure de destitution. Puis il serait détruit par des poursuites judiciaires et perdrait toute sa fortune".

Bien au-delà du destin qui attend ce Neo-Crassus autoproclamé, les sources soulignent pour la plupart que

"la marge de manœuvre de 60 à 90 jours dont nous disposons actuellement n'est pas seulement un compte à rebours pour le pétrole physiquement présent dans le sol. C'est surtout un délai avant l'explosion de la plus grande bulle du crédit de l'histoire de l'humanité".

Ce qui nous mène, une fois encore, au "Rosebud" de cette épopée digne d'Orson Welles, le détroit d'Ormuz, qui, à toutes fins pratiques, reste pour ainsi dire fermé.

Les sources prennent soin de rappeler à ceux qui veulent bien les écouter que

"Nous assistons actuellement à ce qui s'apparente à une rébellion dans le détroit d'Ormuz. 20 % du pétrole mondial y transite et l'Iran veut disposer de ce pouvoir à des fins défensives. S'il est complètement fermé, le prix du pétrole, selon Goldman Sachs, grimpera à 700 dollars le baril. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, car les États-Unis et leurs alliés déversent leurs stocks sur le marché pour limiter la hausse des prix. Ils disposent d'environ 2,5 mois de réserves pour le faire. Ensuite, tout va exploser. Ce que nous observons ici, c'est la rébellion des esclaves".

Alors, bienvenue dans cette partie d'échecs stratégique aux enjeux extrêmement élevés - et bien évidemment totalement orchestrée par Téhéran juste avant le coup d'envoi.

La "rébellion des esclaves"

Les sources font remarquer que

"Si les rumeurs d'un baril de pétrole à 700 dollars sont fréquemment reprises dans les discours géopolitiques de haut niveau pour souligner la gravité du phénomène, les prévisions analytiques réelles émanant des principaux départements d'investissement bancaire sont plus mesurées, bien qu'elles demeurent profondément alarmantes".

Commençons par Goldman Sachs :

"Dans ses mises à jour officielles sur les matières premières publiées après l'escalade, Goldman Sachs a averti qu'un blocus total et prolongé du détroit d'Ormuz pourrait rapidement faire grimper le Brent au-dessus de 100 dollars le baril et, de manière réaliste, tester la barre des 150 dollars".

Surtout, les sources affirment

qu'"un examen précis des données opérationnelles révèle que le point de rupture absolu du système - et la bombe des produits dérivés - se produira probablement d'ici la mi-août 2026".

C'est là qu'intervient l'interaction entre l'épuisement physique de la Réserve stratégique de pétrole (SPR) des États-Unis, les limites réelles et pratiques des cours du pétrole, et le marché terrifiant et caché des produits dérivés, évalué à deux quadrillions de dollars (2 000 000 000 000 000). Les sources analysent cette interaction comme une phase finale hautement synchronisée.

Résumons la situation. Fin mai 2026, il y a à peine un mois, la SPR avait été réduite à 365,1 millions de barils, "le niveau opérationnel le plus bas en plus de 40 ans".

Le détroit d'Ormuz étant pratiquement fermé - notamment en raison du blocus imposé par Trump -, les États-Unis prélèvent actuellement le volume historique de "1,41 million de barils par jour" (près de 10 millions de barils par semaine) afin de faire baisser artificiellement les prix.

Vient ensuite "le chiffre stratégique crucial à surveiller". Il ne s'agit pas de "zéro baril", mais en réalité de 243 millions de barils. Pourquoi ? Parce que le Département des guerres éternelles a confirmé que réduire la réserve en dessous de 243 millions de barils compromettrait explicitement la capacité des États-Unis à mener une guerre.

Une fois encore, les sources se réfèrent à leur analyse : au rythme actuel de 1,41 million de barils par jour, les États-Unis pourraient épuiser leur réserve discrétionnaire de 122 millions de barils en exactement 86 jours.

Dans leur évaluation des risques, les sources ont choisi de tabler sur 60 jours - afin de prendre en compte d'éventuelles défaillances des infrastructures ou une augmentation de la consommation militaire. C'est ainsi que l'on atteint mi-août 2026 comme point de rupture.

Et ce n'est pas tout. Les sources notent que

"les prix pourraient facilement franchir les sommets historiques de 2008 et 2022 si les pénuries de produits raffinés entraînent des interruptions en cascade dans les secteurs industriels européens et asiatiques. Cependant, un chiffre de plusieurs centaines de dollars, comme 700 dollars, est largement considéré comme un maximum théorique susceptible de détruire instantanément la demande mondiale et de faire s'effondrer l'ensemble de l'architecture financière internationale avant même de pouvoir être maintenu".

Une fois encore, Téhéran a parfaitement maîtrisé la situation. Qu'on parle de "péage" ou de "frais de transit" pour tout pétrolier souhaitant traverser les eaux territoriales du golfe Persique, ce qui importe, c'est que Téhéran a de facto contourné les sanctions occidentales. Les sources font remarquer que

"la déclaration de Washington qualifiant cette situation d''inacceptable' n'a guère empêché les compagnies maritimes mondiales de s'acquitter discrètement de ces frais pour éviter la saisie de leurs navires".

Ainsi, avec un scénario où les réserves stratégiques de pétrole (SPR) seraient épuisées et où le détroit d'Ormuz resterait bloqué,

"les prix s'envoleront fortement au-delà des records de 2008, frôlant les 150 à 200 dollars le baril".

À ce stade,

"l'économie réelle subit une destruction immédiate de la demande. Les compagnies aériennes seront clouées au sol, les réseaux de transport maritime paralysés et la production industrielle interrompue. Le cours ne pourra physiquement pas se maintenir à 700 dollars, car la machine économique mondiale qui dépend du pétrole s'effondrera dès 200 dollars, entraînant une chute de la consommation proche de zéro".

Et c'est là que réside le nœud du problème :

"Ce n'est pas le prix en soi qui pose problème, mais le fait que cette flambée des cours déclenchera l'effondrement structurel de l'infrastructure de la dette sous-jacente".

Trump, Crassus, les flèches et les drones

Les États-Unis - et l'économie mondiale - sont-ils tirés d'affaire face à une guerre que Trump lui-même a déclenchée ?

Tout dépend de l'issue du kabuki bien ficelé autour du protocole d'accord actuel entre le Pakistan et la Suisse. Le pétrole ne circule toujours pas librement dans le détroit d'Ormuz. Et les réserves stratégiques de pétrole (SPR) continuent de s'épuiser.

Neo-Crassus - enclin aux déclarations apocalyptiques et aux menaces répétées de bombarder l'Iran - ne peut tout simplement pas se permettre de voir la réserve stratégique de pétrole (SPR) se tarir. Or, c'est bien la direction que prendront les choses si le détroit d'Ormuz ne retrouve pas une circulation totalement libre dans les plus brefs délais. Et c'est Téhéran qui contrôle ce flux, pas War-a-Lago.

Soit Neo-Crassus se reprend, soit il risque fort d'être tenu pour responsable d'une crise mondiale liée à l'implosion généralisée de la dette souveraine.

Même les troupeaux de moutons endoctrinés des prairies occidentales réalisent désormais comment le puissant Empire romain s'est incliné face aux Parthes/Perses lors de la bataille de Carrhes en 53 av. J.-C. À l'époque, Rome s'était lancée à la conquête de l'Asie, convaincue que les Parthes/Perses succomberaient sous ses assauts.

La bataille de Carrhes fut un cas d'école d'asymétrie - ou de "mosaïque décentralisée", pour reprendre la terminologie des tactiques perses du début du XXIe siècle. L'armée parthe était commandée par le général Surena - le général Soleimani de l'époque - qui, au lieu de s'engager dans une bataille conventionnelle (pensez à l'Irak des deux guerres du Golfe), eut recours à la cavalerie parthe pour encercler les Romains et déchaîner vague après vague de flèches, les drones de l'époque.

Les Parthes ne manquaient jamais de munitions, car des caravanes de chameaux attendaient en retrait pour leur livrer de nouvelles flèches en un clin d'œil. Le feu nourri n'a jamais cessé. La puissante armée romaine a perdu sa cohésion et subi un revers moral retentissant.

Crassus pensait que les Parthes finiraient par manquer de flèches et seraient contraints d'engager des combats rapprochés. Rien de tel ne s'est produit. Crassus lui-même a fini par être tué au beau milieu d'une négociation qui a échoué.

Cette grave défaite stratégique a brisé le mythe de l'invincibilité romaine - tout comme la guerre de 2026 a définitivement anéanti tous les mythes entourant la plus grande armée de l'histoire des galaxies.

L'histoire nous apprend comment une stratégie de guerre a pu être conçue à l'aide de flèches perses spécifiquement destinées à détruire Crassus et les légions romaines.

Et, comme dans une image en miroir, nous venons d'assister à une guerre utilisant des drones perses et une "mosaïque décentralisée" spécifiquement destinés à mettre à genoux l'armada impériale menée par un Neo-Crassus se livrant ouvertement à un racket de protection et d'extorsion bas de gamme au service d'un syndicat du crime organisé lié à l'entité du culte de la mort.

Sa misérable carcasse continuera d'encombrer le monde encore quelque temps. Espérons qu'il ne flingue pas l'économie mondiale au passage.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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