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Le président libanais Joseph Aoun et le président du Parlement Nabih Berry
Le Hezbollah et Amal rejettent l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Les deux partis dénoncent un texte portant atteinte à la souveraineté libanaise, contraire aux engagements et aux accords existants. Ils appellent au renforcement de l'unité pour contrer ce qu'ils considèrent comme une tentative de division.
Le Hezbollah et le président du Parlement et chef du parti Amal, Nabih Berry, affichent un front commun contre l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Les deux dirigeants dénoncent un texte attentatoire à la souveraineté libanaise, incompatible avec les engagements arabes et internationaux. Ils appellent à préserver l'unité nationale face à ce qu'ils considèrent comme une tentative de division du pays.
Le rejet de l'accord-cadre annoncé le 26 juin à Washington entre le Liban et Israël s'organise au sein du tandem chiite. Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a dénoncé un texte qu'il qualifie de "grave erreur", estimant qu'il est "nul et non avenu". Selon lui, cet accord constitue un "abandon de souveraineté" et risque de légitimer durablement la présence israélienne sur des territoires libanais. Il affirme que seul le mémorandum d'entente conclu le 17 juin entre l'Iran et les États-Unis, qui inclut le Liban, doit servir de référence.
Une division croissante avec Beyrouth
Le chef du Hezbollah a également accusé les autorités libanaises d'avoir "poignardé la résistance dans le dos" en acceptant des négociations directes avec Israël et en déclarant illégales les armes du mouvement. Il rejette en particulier le lien établi entre un éventuel retrait israélien et le désarmement du Hezbollah, qu'il considère comme une "ligne rouge". Réaffirmant que son mouvement "restera sur le terrain", Naïm Qassem assure toutefois être "prêt à coopérer" avec les institutions si celles-ci reviennent, selon lui, sur leurs décisions.
Cette opposition est pleinement partagée par le président de la Chambre, Nabih Berry. Dans un entretien au quotidien libanais L'Orient Le Jour, il juge l'accord "contradictoire et impossible à appliquer", rappelant que le Liban reste lié aux décisions de la Ligue arabe, aux résolutions internationales ainsi qu'à l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Il estime également que le mémorandum irano-américain offre un cadre plus légitime pour régler la crise.
Pour Nabih Berry, l'objectif prioritaire est désormais de préserver le front intérieur. "Cet accord a été conçu pour semer la discorde entre les Libanais, ce que je refuse catégoriquement", affirme-t-il, tout en appelant à traiter ce dossier dans le cadre des institutions. Évoquant le précédent de l'accord du 17 mai 1983, il estime qu'un tel texte ne peut s'imposer au Liban et souligne sa convergence avec Walid Joumblatt, leader de la communauté druze, pour empêcher toute division nationale. Pour le tandem chiite, le retrait israélien du Sud, la fin des opérations militaires et la reconstruction du pays doivent primer sur tout accord jugé contraire aux intérêts souverains du Liban.