Par Camille Adam
On entend beaucoup parler dans le discours européen d'autonomie stratégique, de souveraineté européenne, de made in Europe, autant de thèmes chers à la France. À l'inverse, les tabous allemands semblent céder du terrain : retour en grâce des aides d'État, et du nucléaire, endettement commun, embryon de protectionnisme. Est-ce à dire que la période d'hégémonie continentale allemande sur le continent est derrière nous ? Est-ce à dire que la France fait son grand retour sur la scène européenne comme leader ? En réalité, la perte d'influence française au sein des institutions européennes est structurelle ; elle s'inscrit dans la durée et les victoires ne sont que dans les paroles, pas dans les actes.